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La Cour suprême espagnole donne son feu vert à l'exhumation de Franco

La tombe de Franco, dans son mausolée près de Madrid.
La tombe de Franco, dans son mausolée près de Madrid. Oscar Del Pozo, AFP

La Cour suprême espagnole a rejeté mardi le recours des descendants de Franco et autorisé l'exhumation du dictateur de son mausolée, près de Madrid. Une "victoire de la démocratie" a estimé le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez.

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Surmonté d'une immense croix se voyant des kilomètres à la ronde, le mausolée monumental de Franco divise profondément l'Espagne, plus de quarante ans après la mort du dictateur.

La Cour suprême espagnole, plus haute instance judiciaire du pays, a rejeté mardi 24 septembre le recours des descendants de Franco et donné son feu vert à l'exhumation du dictateur de ce mausolée voulue par le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez.

Après un peu plus d'une heure de réunion à huis clos, les six magistrats en charge de ce dossier ultrasensible politiquement ont "décidé à l'unanimité de rejetter dans sa totalité le recours présenté par la famille de Francisco Franco", a indiqué la Cour dans un communiqué succinct.

Cet arrêt de la plus haute instance judiciaire du pays valide la décision du gouvernement d'exhumer Franco du "Valle de los Caidos" et de le réinhumer dans le cimetière plus discret d'El Pardo, au nord de Madrid, où est enterrée son épouse.

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"Nous vivons aujourd'hui une grande victoire de la démocratie espagnole", a déclaré Pedro Sanchez sur Twitter en soulignant que l'action de son gouvernement avait été "toujours guidée" par sa volonté de "réparer la souffrance des victimes du franquisme".

"Nous épuiserons tous les recours à notre portée"

Le gouvernement veut transférer la dépouille le plus rapidement possible mais la décision de la Cour suprême, qui intervient à un mois et demi des prochaines élections législatives, ne signifie pas pour autant que l'exhumation aura lieu immédiatement.

Les mêmes magistrats doivent en effet encore examiner trois autres recours mais, selon un porte-parole de la Cour, leur réponse devrait être "dans la même ligne".

Ces recours ont été présentés par la Fondation Francisco, qui défend farouchement l'"héritage" et la "mémoire" du dictateur mort en 1975, par la communauté bénédictine gérant le mausolée et par l'Association de défense du "Valle de los Caidos".

Et la famille ne compte pas jeter l'éponge. "Nous épuiserons tous les recours à notre portée (...) devant la Cour constitutionnelle ou devant le tribunal européen des droits de l'homme", a assuré son avocat, Felipe Utrera Molina, à la télévision publique.

Prétendue réconciliation nationale

Dès son arrivée au pouvoir en juin 2018, Pedro Sanchez avait fait de l'exhumation du dictateur de son mausolée monumental l'une de ses priorités. Et ce afin que le "Valle de los Caidos" ne soit plus un lieu d'apologie du franquisme dans un pays où la question du travail de mémoire sur la dictature du "Caudillo" divise encore profondément.

Vainqueur de la Guerre civile (1936-1939) à la tête des militaires qui s'étaient soulevés contre la République, Franco a dirigé l'Espagne jusqu'à sa mort, en 1975.

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Il avait lui-même pris la décision de construire le "Valle de los Caidos", basilique creusée à flanc de montagne et surmontée d'une croix de 150 mètres de haut, à San Lorenzo de El Escorial. Des prisonniers républicains avaient dû participer à sa construction à partir de 1941.

Au nom d'une prétendue "réconciliation" nationale, Franco avait fait transférer sur ce site les restes de plus de 30 000 Espagnols morts durant la Guerre civile : des nationalistes de son camp mais aussi des républicains, sortis de cimetières et de fosses communes sans que leurs familles en aient été informées.

Quelques jours après sa mort le 20 novembre 1975, le cadavre embaumé de Franco y avait été inhumé, en grande pompe et en présence de son successeur à la tête de l'Etat espagnol, le roi Juan Carlos. Depuis, sa tombe reste fleurie, au pied de l'autel de la basilique, près de celle du fondateur du parti fascisant La Phalange, Jose Antonio Primo de Rivera.

Avec AFP

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