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"Avortement illégal" : report du procès de la journaliste marocaine Hajar Raissouni

Des manifestants soutiennent Hajar Raissouni lors d'une audience de son procès à Rabat, le 9 septembre 2019.
Des manifestants soutiennent Hajar Raissouni lors d'une audience de son procès à Rabat, le 9 septembre 2019. Fadel Senna, AFP

Le procès de Hajar Raissouni, journaliste marocaine jugée à Rabat pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage", a été reporté, lundi, à fin septembre. La reporter dénonce une "affaire politique" depuis son arrestation.

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Le tribunal de première instance de Rabat a reporté au 30 septembre le procès de la journaliste marocaine Hajar Raissouni, poursuivie pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage".

L'affaire suscite une vague de colère et d'indignation, soulevant des débats sur les libertés individuelles au Maroc et sur les poursuites judiciaires visant les voix critiques.

Au cours d'une audience de plus de neuf heures, lundi 23 septembre, les avocats de cette reporter de 28 ans ont plaidé pour son acquittement : "Une décision pareille montrerait que vous êtes indépendant et la justice en sortira grandie", a déclaré l'un d'eux au juge.

Jusqu'à deux ans de prison

Journaliste du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum, Hajar Raissouni risque jusqu'à deux ans de prison en vertu du code pénal marocain, qui sanctionne les relations sexuelles hors mariage et l'avortement quand la vie de la mère n'est pas en danger. Devant le juge, elle a nié tout avortement, assurant avoir été traitée pour une hémorragie interne, ce que son gynécologue, arrêté et jugé en même temps qu'elle, a confirmé, lundi, devant le tribunal.

Interpellée fin août à l'entrée d'un cabinet médical de Rabat, la journaliste dit avoir été arrêtée par "douze policiers", puis "contrainte à faire un examen médical, sans son accord", dans un hôpital. "L'examen a duré 20 minutes, sans anesthésie", a dit la jeune femme. Quatre équipes de policiers se sont ensuite relayées pour l'interroger sur ses proches, sur son journal, sur ses écrits et sur un éventuel avortement, selon son récit.

"Torture"

Les avocats de la défense ont assimilé l'expertise imposée à la journaliste à de la "torture", pointant les "manquements de la police judiciaire". Les policiers ont "pris la liberté d'ordonner des examens médicaux sans passer par le procureur, dans le but de fabriquer des preuves coûte que coûte", selon eux.

La journaliste avait été arrêtée en même temps que son fiancé. Comme eux, le gynécologue de 68 ans qui l'a traitée, un anesthésiste de 82 ans et une secrétaire ont été placés en détention et sont jugés avec eux. Les demandes de remise en liberté de tous les prévenus et l'annulation des procès verbaux litigieux n'ont pas été retenues par le juge.

Avec AFP

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