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Sandra Muller, à l’origine du hashtag #BalanceTonPorc, condamnée pour diffamation

La journaliste française Sandra Muller et son avocat Francis Spizner, lors d'une conférence de presse à Paris, le 25 septembre 2019.
La journaliste française Sandra Muller et son avocat Francis Spizner, lors d'une conférence de presse à Paris, le 25 septembre 2019. Angela Weiss, AFP

L'initiatrice du hashtag #BalancetTonPorc, en marge de la vague de libération de la parole des femmes harcelées, a été condamnée mercredi pour avoir diffamé l'homme qu'elle accusait de harcèlement.

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La journaliste Sandra Muller, l’initiatrice du hashtag #BalanceTonPorc, dans le sillage du mouvement "#MeToo" – symbole de la libération de la parole des femmes dénonçant agressions et harcèlements sexuels –, a été condamnée mercredi 25 septembre pour avoir diffamé l'homme qu'elle accusait de harcèlement.

Le tribunal de Paris l’a condamné à 15 000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral, selon la décision consultée par l'AFP. Le tribunal a estimé que qualifier le plaignant de harceleur était diffamatoire et condamnable.

"La justice a décidé de me punir"

Sandra Muller, l'une des "briseuses de silence" désignées par le magazine Time comme "Personnalités de l'année" 2017, a également été condamnée à verser au plaignant 5 000 euros au titre des frais de justice, à retirer le tweet litigieux et à publier des communiqués judiciaires sur son compte Twitter et dans deux organes de presse.

"La justice a décidé de me punir. On va se battre, pour que la justice ouvre les yeux", a déclaré Sandra Muller, devant un grand nombre de journalistes au cabinet de son avocat Francis Szpiner.

"Sur le mouvement de libération, c'est gagné. Le hashtag #balancetonporc a mis le doigt sur des problématiques sociétales", a-t-elle souligné: "Cette décision n'enlève rien au fait que le parole des femmes s'est libérée".

Son avocat Francis Szpiner a indiqué qu'il entendait faire appel, dénonçant lors d'un point presse une décision "hors du temps", "une régression". Il a toutefois  ajouté que Sandra Muller allait retirer le tweet litigieux pour montrer sa bonne foi.

De son côté, le plaignant, Éric Brion, "accueille la décision avec une certaine forme de soulagement, il a toujours répété qu'il n'a jamais harcelé Sandra Muller", selon son avocat Nicolas Bénoit, cité par l'AFP.

Sandra Muller jugée pour diffamation

Le 13 octobre 2017, Sandra Muller tweetait le message suivant : "#balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlent (sic) sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends". Un message suivi quatre heures plus tard par un second tweet visant nommément Éric Brion.

La parole de milliers de femmes dénonçant harcèlement ou agressions sexuelles s'était libérée sous le hashtag #BalanceTonPorc, rapidement devenu viral, et sous son équivalent en anglais #MeToo (#MoiAussi) lancé par l'actrice Alyssa Milano.

Éric Brion, consultant et ancien directeur général de la chaîne de télévision Équidia, avait attaqué Sandra Muller en diffamation pour le tweet le visant nommément.

Lors de l'audience devant la 17e chambre civile du tribunal de Paris, le 29 mai dernier, Sandra Muller avait défendu la libération de la parole initiée par #BalanceTonPorc, tandis qu'Éric Brion et ses avocats avaient dénoncé une forme de "délation".

Avec AFP

 

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