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Gina Miller, la femme d'affaires qui fait trembler les pro-Brexit

La militante anti-Brexit Gina Miller devant la Cour Suprême, à Londres, le 19 septembre 2019.
La militante anti-Brexit Gina Miller devant la Cour Suprême, à Londres, le 19 septembre 2019. Tolga Akmen, AFP

À l'origine de la saisine de la Cour suprême, qui a jugé "illégale" la suspension du Parlement par Boris Johnson, Gina Miller, déterminée à battre les partisans du Brexit à plate couture, n'en est pas à son coup d'essai.

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Femme d'affaires, et non pas politique, c'est elle qui fait trembler Boris Johnson. Gina Miller, militante anti-Brexit, est à l'origine de la saisine de la Cour suprême qui a jugé "illégale", mardi 24 septembre, la suspension du Parlement décidée par le Premier ministre.

Gestionnaire de fonds à Londres, elle investit sa fortune depuis trois ans pour combattre le Brexit devant les tribunaux et n'en est donc pas à son coup d'essai. En 2017, cette europhile gagne une première manche qui change le destin du Royaume-Uni. La Cour suprême, estimant que le référendum ne suffit pas, oblige alors le gouvernement de Theresa May à obtenir l'aval du Parlement sur le processus de sortie de l'UE.

Paria pour les europhobes

Déjà, sa première victoire avait fait d'elle une héroïne nationale pour les europhiles, une paria pour les europhobes, ces derniers l'accusant de vouloir annuler le résultat du référendum de juin 2016 au cours duquel le Brexit l'a emporté avec 52 % des voix.

Menaces de mort et injures racistes ont alors rapidement fait partie du quotidien de cette mère de famille originaire de Guyane britannique. Un aristocrate est même allé jusqu'à mettre sa tête à prix. Face aux menaces, également proférées à l'encontre de ses enfants, celle qui, à l'âge de 54 ans, a déjà embrassé plusieurs carrières (serveuse, mannequin), s'est vu contrainte d'embaucher des agents pour assurer sa sécurité et la leur.

Loin de se décourager, Gina Miller milite, en juin 2017, pour la cause européenne lors de la campagne électorale des législatives anticipées convoquées par Theresa May. Sa plainte contre la suspension du Parlement décidée par Boris Johnson lui a récemment permis de reprendre le combat.

"Cela a complètement changé ma vie", a-t-elle déclaré en évoquant son action militante anti-Brexit. "Par moment, je suis très déprimée de vivre dans un pays où les gens pensent que c'est OK de dire que parce que je suis une femme de couleur, je ne suis pas assez intelligente ou je ne suis pas à ma place, ou qui me comparent à un animal".

"Veuve noire"

Gina Miller, née d'un père très engagé politiquement, ancien procureur général de Guyane britannique, s'était déjà investie personnellement dans des campagnes pour réclamer plus de transparence dans le secteur financier, suite à la crise financière de 2008. Un engagement qui lui a valu le surnom de "veuve noire".

Malgré les attaques, cette métisse qui estime que tout aurait été plus "plus facile" si elle avait été un homme blanc, a assuré qu'elle continuera de se battre. "J'ai été une militante pendant vingt ans" conclut-elle, "je suis habituée à prendre des coups."

Avec AFP

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