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Important incendie dans une usine à Rouen, risque de pollution de la Seine

Une épaisse fumée noire se dégageait encore de l'usine Lubrizol de Rouen le matin du jeudi 26 septembre 2019.
Une épaisse fumée noire se dégageait encore de l'usine Lubrizol de Rouen le matin du jeudi 26 septembre 2019. Jocelyn Moras, AFP

Un spectaculaire incendie s'est déclaré dans une usine de Rouen, classée Seveso, sans faire de victime. Le feu est maitrisé, mais plusieurs jours seront probablement nécessaires pour en venir à bout, avec une crainte de pollution de la Seine.

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L'incendie qui s'est déclaré dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 septembre à l'usine Lubrizol de Rouen, a été maitrisé jeudi à la mi-journée. Ce site, qui fabrique des additifs pour enrichir huiles, carburants et peintures est classé Seveso seuil haut, c'est à dire qu'il fait l'objet d'une surveillance accrue en raison de la présence de substances dangereuses. Aucune victime n'est à déplorer, alors que l'usine emploie environ 400 personnes.

Selon Christophe Castaner, l'incendie est "cantonné" et "ne devrait pas se développer de nouveau". "Le combat que (les pompiers) devront mener pour maîtriser totalement la situation sur ce site durera plusieurs jours, peut-être, même plusieurs semaines", a précisé le ministre de l'Intérieur, qui s'est rendu à proximité des lieux de l'accident.

En revanche, grâce à "la manœuvre qui a consisté à déplacer les produits les plus dangereux", le risque de suraccident est écarté, alors que d'autres usines se trouvent dans cette zone industrielle située à 3 km du centre-ville.

Au total, 200 sapeurs-pompiers, 200 engins venus de six départements ont pris part aux opérations.

 

 

 

"Risque de pollution de la Seine"

Le panache de fumée, de 22 km de long et 6 de large, "porte en soi un certain nombre de produits qui peuvent être dangereux pour la santé", a ajouté le ministre, qui a toutefois précisé qu'il n'y avait pas de "dangerosité particulière" selon les premières analyses.

Le préfet de Normandie Pierre-André Durand a évoqué un "risque de pollution" de la Seine "par débordement des bassins de rétention". Christophe Castaner a annoncé la mise en place du plan Polmar pour contrer les risques de pollution du fleuve.

Grâce à des barrages anti-pollution, il n'y a "pas de pollution sur l'aval" du fleuve, a déclaré le préfet. Cependant, a-t-il dit, il n'est "pas impossible qu'on relève quelques traces au-delà des barrages à l'occasion de la marée" mais elles seront "aisément récupérables car en surface". Il n'y a "aucun risque" pour l'eau potable car il n'y a pas de captage dans le secteur, a-t-il précisé.

Une enquête pour déterminer les causes de l'accident a été ouverte par le parquet de Rouen, a-t-on appris auprès du procureur de la République Pascal Prache.

Cellule de crise

"Le nuage de fumée est impressionnant", a raconté à l'AFP Olivier, responsable de la brasserie Les Maraichers, dans le centre de Rouen, ajoutant que "la place était vide". Il a expliqué avoir été "réveillé en pleine nuit" par le bruit de l'explosion.

De nombreux restaurants et commerces de Rouen étaient fermés jeudi, a constaté une journaliste de l'AFP.

À Préaux, au nord de Rouen, "il y avait chez moi des suies sur les allées, les dallages et les voitures", a relaté Jean-Claude Bleuzen, adjoint au maire. Louise, une commerçante de la commune, a décrit "des voitures marbrées de noir" et "une odeur de carburant".

Une cellule de crise a été mise en place à la préfecture, qui a déclenché des sirènes d'alerte dans plusieurs communes de Seine-Maritime pour prévenir les habitants.

L'odeur de la pollution se faisait sentir jusque dans le Nord et en Picardie, ont indiqué les préfectures de la Somme et de l'Aisne dans un communiqué. "Portées par des vents dominants, des fumées diffuses très odorantes mais sans risque pour la population traversent actuellement le département".

Confinement de la population

"Par souci de précaution, il a été décidé un confinement de la population dans un périmètre de 500 mètres autour de l'entreprise", indique la préfecture, précisant que le pont Flaubert, les rues et les routes dans ce périmètre étaient interdites à toute circulation. Selon un correspondant de l'AFP présent sur place, une odeur âcre était perceptible.

De nombreux établissements accueillant du public sont fermés, comme les établissements scolaires (écoles, collèges, lycées) et les crèches à Rouen rive droite et dans douze autres communes avoisinantes, a précisé la préfecture.Elles ne rouvriront que lundi. Les maisons de retraites font l'objet d'une mesure de confinement.

Les transports en communs sont à l'arrêt jusqu'à vendredi matin : "Toutes les lignes du réseau vont être progressivement arrêtées [jeudi] après-midi. Mesure de précaution mise en place à l'initiative de Transdev Rouen-TCAR pour assurer la sécurité des voyageurs et du personnel. Reprise du trafic normal prévue [vendredi] matin", indique la société de transports dans un tweet.

Une mesure "pas justifiée", selon le préfet de Normandie, qui a déclaré qu'il s'agissait d'un "choix des personnels". Il n'y a, selon lui, "aucun motif à faire valoir un mouvement de retrait".

Des précédents

L'usine Lubrizol, créée en 1954 sur les bords de la Seine, rive gauche, a été classée Seveso en raison des risques qu'elle comporte. Elle appartient au groupe de chimie américain Lubrizol Corporation, lui-même propriété de Berkshire Hathaway, la holding du milliardaire et célèbre investisseur américain Warren Buffett.

La CGT a demandé dans un communiqué la "transparence complète sur les risques encourus" après l'incendie, s'inquiétant du niveau de sécurité dans cette entreprise où un grave incident s'était déjà produit en 2013.

Sur le dernier point, le préfet a affirmé que cette usine "est aux normes telle que nous l'avons vu en 2019", "parfaitement à niveau". Il a cependant reconnu qu'"elle ne l'a pas toujours été. Après 2013, elle s'est mise aux normes. En 2017, elle a fait l'objet d'une mise en demeure" en raison de "17 manquements" puis "la mise à niveau a été réalisée", a-t-il assuré.

Dans un communiqué, Lubrizol a précisé que "l'incendie a touché un entrepôt, une installation d'enfutage et un bâtiment administratif". "Les causes demeurent pour l'instant inconnues", a indiqué la société.

Avec AFP et Reuters

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