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France: un projet de budget 2020 toujours en réponse aux "gilets jaunes"

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Paris (AFP)

Baisse d'impôts pour les ménages, peu d'économies et moindre recul du déficit: le gouvernement dévoilera jeudi soir un projet de budget pour 2020 encore largement consacré aux revendications exprimées lors de la crise des "gilets jaunes".

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a résumé le mot d'ordre de l'Exécutif: "Nous avons préféré baisser les impôts plus vite que le déficit", la semaine dernière dans un entretien au Parisien.

Au total, le gouvernement devrait entériner plus de 9 milliards d'euros de réduction de prélèvements pour les Français dans son projet de loi de finances, qui sera officiellement présenté vendredi en Conseil des ministres.

Principale mesure: l'impôt sur le revenu va baisser de 5 milliards d'euros, comme l'a annoncé le président de la République Emmanuel Macron au printemps à l'issue du "grand débat national".

En parallèle, la suppression de la taxe d'habitation va se poursuivre et concerner l'an prochain 80% des ménages, soit un gain de plus de 3 milliards d'euros de pouvoir d'achat.

Face à un climat social toujours tendu, et qui pourrait s'aggraver avec le projet de réforme des retraites, le gouvernement a marché sur des oeufs ces dernières semaines pour trouver des économies et financer ces mesures.

Dernier soubresaut en date: l'abandon, 24 heures à peine après sa divulgation, de la réduction d'un avantage pour les seniors qui emploient une aide à domicile.

Au final, l'Exécutif a fait le choix de mettre surtout à contribution les entreprises, avec 1,3 milliard d'euros d'économies générées par la suppression de niches fiscales et un recul moindre de l'impôt sur les sociétés.

De quoi susciter la grogne du patronat qui dénonce un retour en arrière, après les mesures favorables dont les entreprises ont bénéficié en début de quinquennat. Le Medef estime qu'il subira un alourdissement "de l'ordre d'un milliard d'euros" avec les mesures prévues, quand Bercy assure lui avoir compté un allègement d'un milliard.

Le projet de loi de finances maintiendra aussi le quasi gel des allocations familiales, des aides personnalisées au logement et des pensions de retraites, qui ne seront pas indexées sur l'inflation sauf pour les pensions inférieures à 2.000 euros.

- tassement de la croissance -

L'Etat va également poursuivre sa cure d'amaigrissement, mais à un rythme bien moins élevé que cette année. Le gouvernement table sur un peu moins de 2.600 suppressions de postes dans la fonction publique d'Etat l'an prochain, contre 4.100 en 2019.

Là encore, la crise des "gilets jaunes" a freiné l'intention initiale en faisant émerger un besoin de "proximité des services publics", selon le secrétaire d'Etat chargé de la fonction publique, Olivier Dussopt.

A moins de six mois des élections municipales, le gouvernement est aussi attendu sur les finances locales et en particulier sur les détails du dispositif de compensation pour les communes de la taxe d'habitation.

L'équation est donc compliquée et elle l'est d'autant plus que le gouvernement a dû revoir à la baisse la prévision de croissance économique qui sous-tend son projet de budget.

La hausse du produit intérieur brut va se tasser à 1,3%, contre 1,4% attendu cette année, réduisant un peu les marges de manoeuvre budgétaires.

- stagnation du déficit -

Cette prévision est jugée "plausible" par le Haut conseil des Finances publiques (HCFP), dans un avis à paraître vendredi et que l'AFP s'est procuré, qui souligne toutefois qu'elle ne tient pas compte d'un Brexit sans accord.

Conséquence: le déficit devrait bien baisser l'an prochain (de 3,1% du PIB en 2019 à 2,2% en 2020), mais si on enlève l'impact de la transformation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en baisse de cotisations sociales, il va en réalité stagner.

La dette publique va donc à peine baisser, à 98,7% du PIB l'an prochain, après 98,8% cette année, malgré la bouffée d'air apportée par les taux d'intérêts bas.

L'effort est "pratiquement nul" pour respecter la trajectoire initiale du déficit structurel, constate le HCFP.

"C'est un budget (...) dans la continuité des précédents mais qui porte la trace d'un environnement conjoncturel moins porteur et, surtout, la trace de la crise sociale et des mesures budgétaires apportées pour tenter d'y répondre", résume Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas.

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