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Cachemire : à l’ONU, le Pakistan brandit le risque de guerre nucléaire avec l’Inde

Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, lors de la 74e Assemblée générale de l'ONU, le 27 septembre 2019.
Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, lors de la 74e Assemblée générale de l'ONU, le 27 septembre 2019. Drew Angerer, Getty Images, AFP

Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, a averti vendredi les Nations unies que la crise au Cachemire pourrait mener à un conflit nucléaire avec l’Inde. "Tout peut arriver", a-t-il expliqué.

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"Quand le couvre-feu sera levé, ce sera un bain de sang", a lancé le Premier ministre pakistanais devant l’Assemblée générale de l’ONU, vendredi 27 septembre. Imran Khan a averti les Nations unies, rassemblées en Assemblée générale, du risque que la crise au Cachemire ne conduise à une guerre nucléaire avec l'Inde, guerre qui aurait des conséquences pour le monde entier.

L'Inde maintient la région himalayenne disputée sous une chape de plomb depuis qu'elle a révoqué, le 5 août dernier, l'autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu'elle contrôle.

Imran Khan n’était autorisé à parler que 15 minutes, mais son discours enflammé a duré près d’une heure. Alors qu'il s’exprimait à la tribune de l’ONU, plusieurs milliers de manifestants s'étaient réunis aux abords du bâtiment des Nations unies à New York, les uns soutenant la politique indienne, les autres la dénonçant.

"Liberté pour le Cachemire, fin du siège", pouvait-on notamment lire sur des pancartes brandies par des manifestants pro-Pakistan. Du côté des soutiens du Premier ministre indien Narendra Modi, d'autres pancartes soulignaient sa qualité de "visionnaire".

New Delhi a imposé un intense déploiement sécuritaire, coupé les communications et restreint les déplacements, tout en arrêtant ou en plaçant en résidence surveillée de nombreuses personnes.

"Nous nous battrons"

"Il y a 900 000 soldats sur place, ils ne sont pas venus – pour citer Narendra Modi – pour la prospérité du Cachemire. Ces 900 000 soldats, que vont-ils faire ?", a demandé Imran Khan. "Il y aura un bain de sang", a-t-il insisté.

Si l'Inde n'a pas évoqué le nombre de militaires déployés au Cachemire, le chiffre évoqué par Imran Khan, s'il est confirmé, équivaudrait à deux tiers de l'armée indienne.

"Si une guerre conventionnelle commence entre nos deux pays, tout peut arriver", a-t-il prévenu, tout en soulignant que le Pakistan, "sept fois plus petit que son voisin", aurait un choix difficile : "Soit la reddition, soit la lutte pour la liberté jusqu'à la mort."

"Que ferons-nous ? Je me pose ces questions. Nous nous battrons", "et quand un pays nucléaire se bat jusqu'au bout, cela peut avoir des conséquences bien au-delà de ses frontières", a-t-il averti. "Cela peut avoir des conséquences pour le monde entier et c'est pour cela, je vous le répète, que je suis venu vous alerter, pas pour proférer des menaces."

Peu avant lui, son homologue indien Narendra Modi avait pris la parole à la même tribune, sans évoquer la question explosive du Cachemire. Il a néanmoins assuré que son pays, porteur d'un "message de paix", voulait "mettre en garde le monde contre des réseaux terroristes", dans une apparente allusion à Islamabad qu'il accuse régulièrement de soutenir des groupes extrémistes.

Vendredi, les forces de sécurité indiennes avaient durci les restrictions de circulation au Cachemire, craignant des manifestations à l'occasion des discours prononcés par l'Inde et le Pakistan à l'ONU.

"La plus grande prison au monde"

À Srinagar, principale ville du Cachemire indien, des barrages de blocs de béton et fil de fer barbelé ont été mis en place un peu partout.

Les conditions au Cachemire ont radicalisé une nouvelle génération au sein de la population, selon le Premier ministre pakistanais, qui a assuré qu'il aurait lui-même pris les armes dans leur situation. "Cela fait 55 jours que je suis enfermé, j'ai entendu parler de viols, de soldats indiens pénétrant dans des maisons", a-t-il lancé, imaginant ce qu'il aurait pu dire dans ce cas.

"Voudrais-je vivre cette humiliation ? Voudrais-je vivre comme ça ? Je prendrais une arme à feu. Vous forcez les gens à la radicalisation", a-t-il poursuivi à l'intention des autorités indiennes.

"Le Cachemire est une prison, la plus grande prison au monde actuellement", assure Rozeena Khan, parmi les manifestants à New York. Enseignante originaire du Cachemire indien, celle-ci est dans l’incertitude concernant la situation de son père, âgé de 86 ans, et injoignable.

Jeudi, les États-Unis ont demandé à l'Inde de lever ses restrictions au Cachemire.

L'Inde et le Pakistan se sont partagé le Cachemire au moment de l'indépendance en 1947, et se sont notamment deux fois fait la guerre pour le contrôle de la région.

Avec AFP

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