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Avec Marion Maréchal et Éric Zemmour, une Convention de la droite très à droite

Marion Maréchal lors de la Convention de la droite, le 28 septembre 2019, à Paris.
Marion Maréchal lors de la Convention de la droite, le 28 septembre 2019, à Paris. Sameer Al-Doumy, AFP

En choisissant Marion Maréchal et Éric Zemmour comme têtes d’affiches, les organisateurs de la Convention de la droite ont montré, samedi, le chemin qu’ils souhaitaient suivre pour unir les droites : marteler un discours identitaire.

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Le ton a rapidement été donné. En demandant au polémiste Éric Zemmour – tout juste condamné par la justice pour provocation à la haine religieuse pour des propos anti-musulmans –, d’ouvrir leur événement, samedi 28 septembre, à Paris, les organisateurs [des proches de Marion Maréchal] de la Convention de la droite savaient à quoi s’attendre. L’ancien chroniqueur de l’émission "On n'est pas couché" ne les a pas déçus.

"Entre vivre [et vivre] ensemble, il faut choisir", a lancé Éric Zemmour aux quelque 1 000 personnes présentes dans la salle, paraphrasant ainsi le théoricien du "grand remplacement" Renaud Camus. Déplorant que "l'homme blanc hétérosexuel catholique" soit devenu selon lui une cible "à abattre", il a estimé que la société actuelle était prise en étau entre "l’universalisme marchand et l’universalisme islamique", "deux totalitarismes" représentant à ses yeux "un nouveau pacte germano-soviétique".

>> À lire sur France 24 : "Grand remplacement", l'idéologie qui inspire le terrorisme d'extrême droite"

"En France, comme dans toute l’Europe, tous nos problèmes sont aggravés par l’immigration […] et tous nos problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’islam. C’est la double peine", a-t-il asséné, ajoutant "que la question identitaire précède toutes les autres questions". Et de conclure : "La question qui se pose à nous est la suivante : les jeunes Français vont-ils accepter de vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres ?"

Dans le public, on boit du petit lait, à l’image d’Hélène et Rémi, un couple de militants du Rassemblement national. "C’est bien de mettre les pieds dans le plat comme ça, estime Rémi. C’est ce dont la droite a besoin, mais Les Républicains sont beaucoup trop frileux. Grâce à cette convention, j’espère que des passerelles vont se créer, car le RN n’arrivera jamais au pouvoir tout seul. Nous avons besoin d’alliés."

"Reprendre le leadership culturel afin de faire gagner notre camp en 2022"

Un peu plus loin, Geneviève, une adhérente LR déçue par ce que devient son parti depuis plusieurs années est, elle aussi, une fan d’Éric Zemmour. "Je suis venue ici aujourd’hui pour lui, point barre", répond-elle, catégorique. Selon elle, l’avenir de la droite "passera forcément par une union" entre ses différentes composantes.

L’union de toutes les droites, c’est le rêve qu’entretiennent les organisateurs de cette journée, trois proches de Marion Maréchal : Jacques de Guillebon, le directeur de la rédaction du magazine conservateur L’Incorrect, François de Voyer, le président du réseau d’entrepreneurs conservateurs Cercle Audace, et Erik Tegnér le président de l’association Racines d’avenir, membre de LR.

Dans l'assemblée, quelques figures de la droite, comme l'ancien ministre de la Défense de Jacques Chirac, Charles Millon [qui avait été exclu de l'UDF en raison de son alliance avec le FN aux élections régionales de 1998], l'ancien député Alain Marsaud (LR), et le député LR Xavier Breton.

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"Notre but, c’est d’être capable de construire une force politique qui puisse être un bloc face à Emmanuel Macron, explique ce dernier. Nous voulons créer un écosystème avec des intellectuels, des entrepreneurs, des politiques capable de reprendre le leadership culturel afin de faire gagner notre camp en 2022."

À moins de trois ans de l’échéance présidentielle, la mission s’annonce ardue. Aucun des dirigeants du Rassemblement national, des Républicains ou de Debout la France ne souhaite s’effacer au profit d’un autre. Par ailleurs, des divergences profondes existent en matière économique. Et pour LR, la question même d’une alliance avec l’extrême droite est vivement repoussée.

"Demain, j’en suis intimement convaincue, nous serons au pouvoir"

Mais le challenge ne fait pas peur à Erik Tegnér, ancien candidat à la présidence des jeunes LR, qui verrait bien la Convention de la droite grossir chaque année pour devenir, à terme, aussi puissante que la CPAC américaine, cette fameuse réunion annuelle des conservateurs américains où avait été invitée en 2018 Marion Maréchal.

Celle-ci est d’ailleurs convaincue que le pouvoir ne pourra se conquérir qu’en alliant les différentes forces de la droite. "Qui peut sincèrement imaginer que nos idées arriveront au pouvoir sans briser les barrières partisanes d’hier ?", a-t-elle interrogé dans la soirée.

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Marion Maréchal a décrit son camp comme celui des "réalistes" et a cité cinq défis qui ont tout d’un programme électoral : le "grand remplacement" en référence à la thèse déjà développée par Éric Zemmour du remplacement supposé de la population européenne et chrétienne par une population immigrée et musulmane ; le "grand déclassement" économique avec un clin d'œil appuyé aux Gilets jaunes et aux classes moyennes ; le "grand épuisement écologique" car la défense de l’environnement est selon elle "un conservatisme" et "un combat identitaire" ; le "grand basculement anthropologique" avec la PMA [procréation médicalement assistée] et la crainte de l’arrivée en France de la gestation pour autrui (GPA) [gestation pour autrui] ; et le "grand affrontement des puissances" internationales.

Dans le public, nombreux sont ceux qui s'impatientent de voir la petite-fille de Jean-Marie Le Pen revenir sur la scène politique. Cette Convention de la droite ressemblait d’ailleurs fortement à un meeting de campagne. Mais entre discours identitaire et rhétorique anti-immigration, pour un rassembement qui se veut avec toute la droite, difficile de voir la différence avec une simple réunion de l'extrême droite. Peu importe pour Marion Maréchal. "Demain, j’en suis intimement convaincue, nous serons au pouvoir", a-t-elle lancé à ses troupes.

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