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Le prince héritier saoudien craint "l'effondrement" de l'économie mondiale en cas de guerre avec l'Iran

Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mecque, le 31 mai 2019.
Le prince héritier Mohammed ben Salmane à la Mecque, le 31 mai 2019. Philippe Lopez, AFP

Le prince héritier saoudien, Mohamed ben Salmane, a prévenu qu'une confrontation entre le royaume wahhabite et l'Iran menacera "les intérêts mondiaux" lors d'un entretien avec une chaîne américaine.

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Une guerre entre l'Arabie saoudite et l'Iran provoquerait un "effondrement total de l'économie mondiale", a prévenu dimanche le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans un entretien télévisé aux Etats-Unis.

"Si le monde n'agit pas fortement, fermement, pour dissuader l'Iran, nous assisterons à une escalade encore plus grave qui menacera les intérêts mondiaux", a affirmé "MBS" lors de l'émission "60 Minutes" sur la chaîne CBS. Et d’ajouter : "l'approvisionnement en pétrole sera perturbé et les cours grimperont à des hauteurs inimaginables, que nous n'avons jamais vues de notre vivant".

Selon lui, les conséquences d’un tel conflit toucheraient la planète entière : "la région représente environ 30 % de l'approvisionnement mondial en énergie, à peu près 20 % du trafic mondial de marchandises, environ 4 % du PIB du monde. Imaginez que ces trois choses-là s'arrêtent toutes".

"Cela signifiera un effondrement total de l'économie mondiale, et pas seulement de l'Arabie saoudite ou des pays du Moyen-Orient", a-t-il avancé.

Il a estimé absurde l'attaque menée le 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, et que Riyad et Washington attribuent à l'Iran. "Il n'y a pas d'objectif stratégique. Seul un dingue attaquerait 5 % de l'approvisionnement mondial. Le seul but stratégique est de prouver qu'ils sont stupides et c'est ce qu'ils ont fait", a lancé le fils du roi Salmane.

Affaire Khashoggi : "je dois assumer ma responsabilité"

Il a également été Interrogé pour savoir s'il avait ordonné l'assassinat du journaliste critique du régime Jamal Khashoggi à Istanbul en octobre 2018. "Absolument pas, a-t-il répondu. C'était un crime horrible. Mais j'assume mon entière responsabilité en tant que dirigeant de l'Arabie saoudite, en particulier puisque c'est le fait d'individus travaillant pour le gouvernement saoudien".

"Quand un crime est commis contre un ressortissant saoudien par des responsables travaillant pour le gouvernement saoudien, en tant que dirigeant je dois assumer ma responsabilité. C'était une erreur", a-t-il ajouté.

Le corps du journaliste, disparu après être entré dans le consulat saoudien d'Istanbul, n'a jamais été retrouvé, et les circonstances de son assassinat jamais clairement établies.

Mohammed ben Salmane a été mis en cause par un expert indépendant de l'ONU, qui a trouvé des "preuves crédibles" de son implication, tandis que la CIA estime probable que le prince héritier ait ordonné l'assassinat. La justice saoudienne a en revanche blanchi l’homme fort de la monarchie wahhabite, et incarcéré plus d'une vingtaine de personnes dans l'enquête sur cet homicide, dont cinq risquent la peine de mort.

Avec AFP

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