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Affaire Karachi : Édouard Balladur et François Léotard renvoyés devant la justice française

Édouard Balladur photograohié à la sortie de la messe solennelle en hommage à Jacques Chirac, le 30 septembre 2019..
Édouard Balladur photograohié à la sortie de la messe solennelle en hommage à Jacques Chirac, le 30 septembre 2019.. Éric Feferberg, AFP

L'ancien Premier ministre Édouard Balladur, soupçonné d'avoir financé illégalement sa campagne présidentielle de 1995, et l'ex-ministre Francois Léotard ont été renvoyés, mardi, devant la Cour de justice de la République dans l'affaire Karachi.

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La Cour de justice de la République (CJR) a décidé de juger l'ancien Premier ministre Édouard Balladur et l’ex-ministre François Léotard dans le volet financier de l'affaire Karachi, a annoncé, mardi 1er octobre, le procureur général François Molins dans un communiqué.

Les deux anciens commis de l'État étaient mis en examen depuis 2017 dans cette affaire. Ils sont renvoyés pour "complicités d'abus de biens sociaux" et, pour Édouard Balladur, recel de ces délits, dans cette affaire de possible financement occulte de la campagne présidentielle de 1995 de ce dernier, via des rétro-commissions révélées par l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002 au Pakistan.

Cet arrêt, rendu lundi par la commission d'instruction de la CJR, est conforme aux réquisitions prises le 12 juillet par le procureur général. La CJR est la seule instance habilitée à juger des membres du gouvernement pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions, mais son existence même est en sursis.

François Léotard est notamment accusé d'avoir mis en place un "circuit opaque" au cœur des contrats d'armements signés par ces industriels avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite sous le gouvernement Balladur. Ce dernier se voit reprocher d'avoir "donné des instructions tendant à ce que le ministre du Budget consente à ce que l'État donne sa garantie à des contrats déficitaires ou sous-financés" à cause notamment de commissions douteuses, selon le communiqué.

Des rétro-commissions révélées à la faveur de l'enquête sur l'attentat de Karachi

Il sera jugé également pour recel de ces abus, "en particulier pour avoir pu ainsi financer sa campagne électorale de 1995, notamment grâce à des espèces à hauteur de 10 250 000 francs, susceptibles de provenir de rétro-commissions sur ces marchés".

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"M. Edouard Balladur est confiant dans l'issue de cette procédure, dans la mesure où il n'a jamais commis aucun des actes qu'on lui reproche", ont réagi ses avocats François Martineau et Félix de Belloy.

L'affaire Karachi doit son nom à l'attentat du 8 mai 2002 qui avait fait quinze morts, dont onze employés français de la Direction des chantiers navals (ex-DCN) qui travaillaient à la construction d'un des sous-marins Agosta vendus au Pakistan.

L'enquête antiterroriste a exploré depuis 2009 la thèse - non confirmée - des représailles à la décision de Jacques Chirac, alors à l’Élysée et tombeur d'Edouard Balladur à la présidentielle au terme d’une guerre fratricide au sein de la droite française, d'arrêter le versement de commissions dans ces contrats après son élection.

En creusant cette hypothèse, les magistrats avaient acquis la conviction que les comptes de campagne d’Édouard Balladur, pourtant validés, avaient été en partie financés par des rétro-commissions - illégales -, à hauteur de 13 millions de francs (près de 2 millions d'euros), en marge des contrats de sous-marins au Pakistan et de frégates à l'Arabie Saoudite (Sawari II).

Avec AFP

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