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70e anniversaire de la Chine populaire : deux blessés graves à Hong Kong

Heurts entre forces de l'ordre et des manifestants hongkongais, le 1er octobre 2019.
Heurts entre forces de l'ordre et des manifestants hongkongais, le 1er octobre 2019. May James, AFP

Des manifestants pro-démocratie et la police hongkongaise se livrent, mardi, à un face à face tendu à Hong-Kong. Pour la première fois, un protestataire hongkongais a été blessé à la poitrine par un tir à balle réelle en marge des cortèges.

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Des dizaines de milliers de manifestants pro-démocratie hongkongais sont descendus dans la rue, mardi 1er octobre, répondant à l'appel pour une "journée de chagrin" visant à perturber les célébrations du 70e anniversaire de la fondation de la Chine populaire.

Pour la première fois, un manifestant hongkongais a été touché à la poitrine par un tir à balle réelle de la police lors de nouveaux affrontements avec les forces de l'ordre, a indiqué à l'AFP une source policière.

>> À voir sur Les Observateurs : La police tire à balle réelle sur un manifestant à Hong Kong (vidéo)

Cette balle qui a atteint un jeune de 18 ans a été tirée par un policier dont l'unité avait été attaquée par des protestataires dans le quartier de Tsuen Wan, à environ 10 kilomètres du centre-ville, et qui craignait pour sa vie, selon la police. Le manifestant blessé a reçu de premiers soins sur place avant d'être évacué vers un hôpital.

31 personnes hospitalisées

Une porte-parole de l'Autorité hospitalière de Hong Kong a affirmé à l'AFP que 66 personnes avaient été hospitalisées dans la foulée des manifestations, dont deux dans un état grave.

Dominic Raab, chef de la diplomatie du Royaume-Uni, l'ex-puissance coloniale, a dénoncé comme "disproportionné" le recours aux tirs à balle réelle par la police appelant les deux parties à la "retenue".

Mobilisés depuis juin, les protestataires entendent profiter de ces célébrations pour donner encore plus d'écho à leur ressentiment à l'encontre de Pékin, dénoncer le recul des libertés et la violation, selon eux, du principe "un pays, deux systèmes" qui a présidé à la rétrocession de l'ex-colonie britannique à la Chine en 1997.

Gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc

Malgré les interdictions de manifester émises par les autorités et les mises en garde invitant la population à se tenir à l'écart de tout "rassemblement illégal", des petits groupes de manifestants se sont retrouvés mardi après-midi dans une douzaine de quartiers du territoire semi-autonome.

La police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des groupuscules radicaux dans au moins quatre quartiers.

À Tsuen Wan, quartier dans les Nouveaux Territoires, des manifestants masqués et armés de parapluies et de bâtons s'en sont pris à des policiers anti-émeutes qui avaient procédé à des interpellations. Les policiers ont battu en retraite dans une mairie voisine après avoir reçu une pluie de projectiles.

Selon les autorités, des manifestants ont jeté sur les forces de l'ordre un liquide corrosif à Tuen Mun, ville au nord-ouest de Hong Kong. Elles ont mis en ligne des photos montrant un policier à l'uniforme troué, souffrant de brûlures au niveau du torse.

Dans le quartier populaire de Wong Tai Sin, la police a brièvement tiré des gaz lacrymogènes contre des manifestants qui bloquaient des routes.

La manifestation principale s'est tenue sur l'île de Hong Kong, théâtre depuis bientôt quatre mois d'affrontements violents entre police anti-émeutes et groupuscules radicaux.

Les manifestants ont marché vers le bureau de représentation de la Chine à Hong Kong, régulièrement cible de la contestation. Ils ont jeté des œufs sur un portrait du président chinois Xi Jinping et arraché de grandes affiches célébrant le 70e anniversaire avant de les piétiner.

Déterminées à ne pas laisser les manifestants gâcher cet anniversaire, après les violents affrontements de dimanche, les autorités étaient sur les dents dès le matin. Des fouilles et contrôles étaient organisés et une douzaine de stations de métro fermées. En l'absence de dirigeants clairement identifiés, la contestation s'organise essentiellement sur les réseaux sociaux.

Carrie Lam invitée aux festivités organisées à Pékin

La cérémonie matinale sur la baie pour le lever du drapeau avait auparavant illustré l'actuelle insécurité politique et la réticence des autorités à apparaître en public depuis juin. Les responsables locaux y ont assisté, mais à huis clos, depuis le centre des Congrès situé non loin.

Depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine, cette cérémonie d'anniversaire s'est toujours tenue à l'extérieur, même sous des pluies torrentielles.

Le 1er juillet, jour anniversaire de la rétrocession, la cérémonie s'était également déroulée à l'intérieur alors que des manifestants défilaient dans les rues.

La cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam était à Pékin pour assister à l'imposant défilé militaire organisé pour ce 70e anniversaire. Son adjoint, Matthew Cheung, a prononcé un discours faisant l'éloge du développement de la Chine. Il a cependant déclaré que les autorités avaient reconnu la nécessité d'une "nouvelle réflexion pour essayer de s'attaquer à des problèmes profondément enracinés" à Hong Kong.

Hong Kong traverse depuis juin sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997, avec des actions quasi quotidiennes et des affrontements violents entre radicaux et policiers.

Avec AFP

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