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Après la mort de soldats, des Maliens manifestent malgré le deuil national

Des soldats de la Force Barkhane et de l’armée malienne circulent dans la ville de Menaka, dans l’est du Mali, lors d’une patrouille, le 21 mars 2019.
Des soldats de la Force Barkhane et de l’armée malienne circulent dans la ville de Menaka, dans l’est du Mali, lors d’une patrouille, le 21 mars 2019. Daphné Benoit, AFP

Des centaines de jeunes Maliens et de femmes de soldats ont manifesté mercredi à Bamako pour réclamer la vérité sur le lourd revers infligé en début de semaine à l'armée par les jihadistes dans le centre du pays en guerre.

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La colère gronde à Bamako. Plusieurs centaines de femmes se sont rassemblées, mercredi 2 octobre, devant un camp de parachutistes pour exprimer leur exaspération après la mort d'au moins 25 soldats dans des combats avec les jihadistes.

Une intense bataille a eu lieu lundi 30 septembre et mardi 1er octobre autour des camps de Boulkessy et Mondoro, près du Burkina Faso, et s'est soldée par la mort d'au moins 25soldats maliens, selon un bilan officiel provisoire. Du côté des combattants jihadistes, quinze d’entre eux ont été tués, selon le gouvernement malien.

Suite à cet événement tragique, le président Ibrahim Boubacar Keïta a "déclaré un deuil national de trois jours, à compter de jeudi à zéro heure", selon un communiqué.

Une soixantaine d'autres soldats avaient été portés disparus, après ce qui constitue le coup le plus dur essuyé par les forces maliennes depuis le 17 mars. Ce jour-là, une attaque jihadiste contre un camp de l'armée à Dioura avait fait près de trente morts.

Les opérations de "ratissage" de la zone, "qui se poursuivent", ont permis à onze soldats de regagner leur base, a indiqué dans la soirée l'armée malienne.

"Nous exigeons que le nombre exact des morts soit communiqué"

"Nous sommes sorties parce que le gouvernement ne dit pas la vérité sur le nombre des morts", a déclaré l'une des manifestantes à l'AFP. "Ce sont nos maris bérets rouges qui sont à Boulkessy [l'une des positions attaquées par les jihadistes]".

"Nous exigeons que le nombre exact des morts soit communiqué", a-t-elle ajouté en larmes, répercutant les doutes circulant sur la réalité du bilan gouvernemental.

Au même moment, quelques centaines de jeunes, incendiant des pneus, ont bloqué l'avenue donnant accès au rassemblement des femmes et stratégiquement située sur la route menant à la résidence présidentielle. Quelques dizaines d'autres ont manifesté sur une route menant, elle, au palais présidentiel.

"Mon père est militaire, il est à Boulkessy, et je n'ai pas de nouvelles. On nous ment, l'armée n'est pas équipée", déclare l'un de ces jeunes, Ali Oumar Diakité, 15 ans.

La ministre française des Armées, Florence Parly, a salué "la réaction des forces maliennes qui ont très rapidement dépêché des unités en renfort pour pourchasser les groupes terroristes et reprendre le contrôle des deux postes avec l'appui d'avions de chasse et d'hélicoptères Tigre de la force (antijihadiste française) Barkhane". "La détermination de ces unités a permis de rétablir une situation délicate et compromise et d'infliger des pertes aux terroristes", a-t-elle ajouté.

Motif supplémentaire d'alarme : les assaillants se seraient emparés d'importantes quantités d'armes, de munitions et de matériel, l'un des objectifs présumés de leur offensive.

Un pays qui peine à protéger sa population

Ces hostilités sont une nouvelle illustration de la dégradation continue de la situation dans le pays en proie depuis 2012 aux insurrections indépendantistes, salafistes et jihadistes et aux violences interethniques meurtrières.

Elles mettent une fois de plus en lumière l'incapacité du pouvoir central à contrôler de larges pans du territoire, malgré l'appui de missions armées française, africaine et onusienne. Et elles alimentent les accusations répandues parmi les Maliens de faillite de leur État.

Les violences jihadistes persistent et se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant à des conflits intercommunautaires qui ont fait des centaines de morts.

Ce revers est aussi une claque pour la Force conjointe du G5 Sahel, créée en 2017 par le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, avec le soutien de la France, pour faire face à la propagation de la menace à travers la sous-région.

Le bataillon malien attaqué à Boulkessy relevait de cette Force conjointe encore embryonnaire. Cette dernière n'avait encore jamais subi d'aussi lourdes pertes.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a encore déploré la lenteur des réformes politiques et sécuritaires au Mali dans un rapport trimestriel remis cette semaine au Conseil de sécurité et rédigé avant les événements des lundi 30 septembre et mardi 1er octobre.

Avec AFP

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