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En Irak, la contestation se poursuit malgré le couvre-feu, le bilan humain s'alourdit

Les manifestants irakiens dénoncent le chômage, la corruption et la dégradation des services publics.
Les manifestants irakiens dénoncent le chômage, la corruption et la dégradation des services publics. Wissm al-Okili, Reuters

Une quarantaine de personnes sont mortes en Irak depuis le début, mardi, des manifestations contre le gouvernement d'Adel Abdel-Mahdi, qui se poursuivaient vendredi malgré le couvre-feu instauré depuis la veille par les autorités.

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Le bilan de trois jours de manifestations antigouvernementales en Irak, dispersées par les forces de sécurité à l'aide de tirs à balles réelles, de gaz lacrymogène ou de canons à eau, s'élève désormais à 44 morts et des centaines de blessés, selon des sources policières et médicales citées par Reuters.

Les forces de sécurité irakiennes ont ouvert le feu, jeudi 3 octobre, sur quelque 4 000 manifestants bravant le couvre-feu instauré à Bagdad et échangé des tirs avec des hommes armés dans plusieurs villes du Sud chiite.

Le couvre-feu est en vigueur depuis jeudi à Bagdad ainsi qu'à Nassiria et Amara, dans le sud du pays, ou encore Najaf et Hilla, au sud de la capitale.

La plus haute autorité chiite d'Irak a exhorté vendredi 4 octobre le gouvernement et les députés à répondre au plus vite aux demandes des manifestants, sous peine de voir encore grandir le mouvement. Malgré cela, de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de sécurité, qui ont tiré à balles réelles, ont eu lieu vendredi matin à Bagdad.

Les manifestants, dont le mouvement a commencé mardi dans la capitale, dénoncent le chômage, la corruption et la dégradation des services publics. Il constitue un véritable test pour le gouvernement d'Adel Abdel-Mahdi, au pouvoir depuis presque un an.

Ce mouvement reste jusqu'ici, fait inédit en Irak, spontané alors qu'aucun parti ou leader politique ou religieux ne s'est déclaré à son origine.

Le 2 octobre toutefois, le leader chiite Moqtada Sadr a appelé ses très nombreux partisans, qui avaient déjà paralysé le pays en 2016 avec des manifestations dans la capitale, à organiser des "sit-in pacifiques".

L'analyse de notre correspondante à Bagdad Lucile Wassermann

Internet "largement coupé"

Par ailleurs, Internet était coupé jeudi dans une grande partie du pays, alors que les manifestations sont nées d'appels sur les réseaux sociaux.

Depuis mercredi, les réseaux sociaux ont progressivement cessé d'être accessibles à Bagdad et dans le sud du pays et les manifestants indiquaient ne plus pouvoir communiquer ou poster en ligne des images. Ces restrictions ont ensuite été étendues à l'ensemble du réseau internet, faisant de l'Irak un pays "largement coupé" du monde, selon NetBlocks, un observatoire international de l'Internet. Et ce, du fait de "restrictions décidées" par des fournisseurs.

Jeudi matin, environ 75 % du pays était hors connexion après que les opérateurs Earthlink, Asiacell et Zain ont "intentionnellement coupé" l'accès au web, indique NetBlocks.

Le nord du pays, dont le Kurdistan autonome dominé par un autre opérateur, n'était pas affecté.

Lors d'un précédent mouvement social dans le sud du pays durant l'été 2018, internet ainsi que les communications téléphoniques avec l'étranger avaient déjà été coupés par les autorités. Là aussi, les réseaux sociaux avaient d'abord été rendus inaccessibles avant que la connexion ne soit totalement interrompue.

Les autorités irakiennes n'ont jusqu'ici pas commenté la déconnexion des trois quarts du pays, où plusieurs villes étaient sous couvre-feu.

Avec Reuters et AFP

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