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XL Airways succombe à la guerre des prix, une semaine après Aigle Azur

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Bobigny (AFP)

La guerre des prix du secteur aérien a fait sa deuxième victime en une semaine en France: après Aigle Azur, la justice a prononcé vendredi la liquidation de XL Airways, synonyme de licenciement pour ses 570 collaborateurs.

Des larmes ont coulé vendredi après-midi au tribunal de commerce de Bobigny où une quinzaine de salariés, sac au logo de la compagnie à la main, s'étaient rassemblés pour connaître leur sort.

"C'est difficile pour tous les employés. Notre sentiment c'est évidemment de la tristesse et de l'inquiétude, on ne connaît pas notre avenir. On pense à nos amis, nos collègues, nos familles", a réagi Philippe Negre, représentant du personnel navigant commercial de XL Airways.

Le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire de la compagnie aérienne après avoir rejeté la seule offre de reprise présentée par Gérard Houa, actionnaire minoritaire d'Aigle Azur qui avait mis la clé sous la porte le 27 septembre.

Via sa société Lu Azur, il avait proposé "30 millions d'euros" pour racheter la compagnie à bas coût avec le projet de conserver la moitié des effectifs.

Mais le tribunal a jugé cette offre "irrecevable", estimant qu'elle était "non financée" et qu'elle ne permettait "pas d'assurer la pérennité de l'exploitation".

"Très concrètement, au maximum dans 21 jours, les salariés vont être licenciés", a expliqué Aline Chanu, avocate du comité d'entreprise d'XL Airways, venue soutenir et conseiller les salariés.

- "Catastrophe sociale" -

"Cette catastrophe sociale, bien évidemment, s'ajoute à celle d'Aigle Azur et peut être aussi à d'autres qui vont venir si l'Etat ne fait rien", a déploré l'avocate, mettant en cause une concurrence jugée déloyale de certaines compagnies et la responsabilité des pouvoirs publics.

Aigle Azur, spécialisée dans la desserte du bassin méditerranéen et de l'Algérie, avait aussi été liquidée faute de solution de reprise suffisamment solide pour cette compagnie créée en 1946 et qui employait 1.150 salariés.

Les salariés de XL Airways "voient leur vie bouleversée sans qu'aucune mesure n'ait été prise. Ils considèrent que l'Etat aujourd'hui est responsable en grande partie de cette liquidation judiciaire parce qu'il a laissé s'implanter et même facilité l'implantation de compagnies aériennes +low cost+ sur le territoire français, qui ne respectent pas le minimum légal en termes de législation", a poursuivi l'avocate.

"Nous faisons appel à la responsabilité des actionnaires pour que les salariés puissent partir dignement, avec des mesures de reclassement et des mesures financières acceptables. Nous appelons à la responsabilité de l'État pour que chaque salarié soit reclassé dans les meilleures conditions", a-t-elle demandé.

- "Dogmatisme libéral" -

XL Airways a transporté en 2018 quelque 730.000 passagers avec quatre Airbus A330, tous en leasing. Elle desservait essentiellement l'Amérique du Nord, notamment les États-Unis, les Antilles et la Réunion, mais aussi la Chine.

"Ce qu'on ressent maintenant, c'est une immense tristesse, car on a tout fait (pour sauver l'entreprise) et cherché des repreneurs pendant des mois", a déclaré a l'AFP Laurent Cotret, l'avocat de XL Airways joint par téléphone. "On ne peut qu'avoir des regrets quand on voit qu'on n'est pas capable, en France, de sauver nos compagnies", a-t-il ajouté.

La fédération FO pour les transports aériens, majoritaire chez les hôtesses et stewards, a dénoncé "l'inaction coupable" du gouvernement français et le "dogmatisme libéral" de Bruxelles jugé "suicidaire", dans un communiqué.

"Dumping social, financement étatique, précarité des emplois, facilités d'implantation et concurrence déloyale sont les éléments constitutifs de ce modèle +low-cost+ qui prolifère dans le ciel européen depuis des décennies et que la Commission européenne encourage", estime le syndicat.

En 18 mois, au moins une dizaine de compagnies aériennes ont baissé le rideau en Europe, selon l'Association internationale du transport aérien (Iata). Ces défaillances soulignent les fragilités d'un secteur soumis à une guerre des prix qui fait chuter les plus vulnérables.

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