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L'opposant camerounais Maurice Kamto libéré après neuf mois de prison

Maurice Kamto, chef du parti d'opposition camerounais, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), s'adresse à ses partisans lors d'un rassemblement à Yaoundé le 30 septembre 2018.
Maurice Kamto, chef du parti d'opposition camerounais, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), s'adresse à ses partisans lors d'un rassemblement à Yaoundé le 30 septembre 2018. Marco Longari, AFP

Le tribunal militaire de Yaoundé a ordonné, samedi, l'arrêt des poursuites et la remise en liberté de 102 opposants, dont le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, Maurice Kamto, candidat malheureux à la présidentielle de 2018.

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Le tribunal militaire de Yaoundé a ordonné, samedi 5 octobre, la remise en liberté du principal opposant camerounais, Maurice Kamto, et de tous les partisans présents à ses côtés. La veille, le président camerounais, Paul Biya, avait exigé l'arrêt des poursuites judiciaires engagées contre eux.

"Le tribunal donne acte au ministère public, constate l'arrêt des poursuites" et "ordonne leur mise en liberté s'ils ne sont pas détenus pour autre chose" que ce qui leur est reproché, a déclaré la présidente de la Cour, devant laquelle 102 personnes comparaissaient, dont Maurice Kamto.

Les détenus et militants sont restés calmes dans la salle du tribunal mais ont laissé éclater leur joie à la fin de l'audience. Un détenu et responsable du parti de Maurice Kamto, le mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Celestin Djamen, est monté sur un banc pour haranguer la foule.

"Nous prenons acte de la libération de nos clients, qui n'auraient jamais dû être en prison. Maurice Kamto est libéré", a déclaré Me Sylvain Souop, l'avocat à la tête du collectif de défense de l'opposant politique et de ses partisans. Ils sortiront de prison après "les formalités administratives" nécessaires à leur libération, a-t-il ajouté.

Libération du célèbre rappeur Valsero

Maurice Kamto était en prison depuis près de neuf mois. Il avait été arrêté fin janvier avec des centaines de ses partisans à la suite de manifestations pacifiques organisées pour protester contre les résultats de la présidentielle.

Lui et plus de 90 de ses partisans étaient, depuis, poursuivis par la justice militaire, notamment pour "insurrection", un crime passible de la peine de mort, même si celle-ci n'est plus appliquée au Cameroun. Leur procès s'était ouvert le 6 septembre et devait reprendre théoriquement mardi.

Outre l'opposant Maurice Kamto, parmi les personnalités dont le tribunal a ordonné la libération, se trouve l'ex-conseiller économique du président Biya, Christian Penda Ekoka, la charismatique avocate camerounaise Michèle Ndoki, ou encore le célèbre rappeur Valsero, connu pour ses textes critiques à l'égard du pouvoir.

L'annonce du président Paul Biya était intervenue quelques heures après la clôture du grand dialogue national convoqué pour tenter de mettre fin au conflit séparatiste qui ensanglante les deux régions anglophones du pays.

La veille, le président avait déjà annoncé la fin des poursuites et la libération de 333 personnes arrêtées dans le cadre de cette crise.

Depuis le début de l'année, les pressions internationales exercées sur Yaoundé tant pour exiger une résolution de la crise dans l'Ouest anglophone que pour demander la libération de M. Kamto se sont intensifiées.

Avec AFP

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