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Malgré des "failles" à la préfecture de police de Paris, Christophe Castaner exclut toute démission

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, lors d'une conférence de presse, le 17 septembre 2019 à Marseille.
Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, lors d'une conférence de presse, le 17 septembre 2019 à Marseille. Clément Mahoudeau, AFP

Sous le feu des critiques depuis l'attaque à la préfecture de police de Paris, Christophe Castaner a admis dimanche des "failles" mais exclut une éventuelle démission. Il sera auditionné mardi par la délégation parlementaire au renseignement.

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Christophe Castaner s’estime victime d’un "procès politique". Trois jours après l'attaque sanglante au couteau perpétrée par un employé de la préfecture de police de Paris, qui a fait quatre morts, le ministre de l’Intérieur s’est exprimé, dimanche 6 octobre, dans le journal de 13 h de TF1.

"Évidemment, il y a eu des failles", a reconnu le ministre. Sous le feu des critiques depuis jeudi, Christophe Castaner a admis des "dysfonctionnements" dans le suivi de l'assaillant, mais balaye l’idée d’une éventuelle démission.

Selon lui, le principal "dysfonctionnement" remontait à juillet 2015, quand l’assaillant, converti à l'islam depuis une dizaine d'années, aurait justifié, devant des collègues, l'attentat de Charlie Hebdo qui s'était produit quelques mois auparavant.

Mais quand un policier en charge de la radicalisation avait rencontré des collègues de Mickaël Harpon, ceux-ci auraient décidé de ne pas faire remonter de signalement administratif à leur hiérarchie. "Le dysfonctionnement se fait à ce moment-là", a déclaré le ministre.

>> À lire : "Les services publics français face à la radicalisation : un état des lieux inédit"

"Je suis affirmatif dans le fait qu'aucun signe n'était apparu dans le dossier administratif de l'individu qui laisse penser qu'il puisse être radicalisé. Je vous le redis et je le dis hélas car si un signe était apparu, peut-être aurions-nous pu éviter cela", a ajouté Christophe Castaner, appelant à "abandonner le procès politique" instruit, selon lui, par ceux qui réclament sa démission, notamment à droite et à l'extrême droite.

"La question (de ma démission, NDLR) se pose-t-elle ? Non", a tranché Christophe Castaner, qui a reçu le soutien d'Édouard Philippe, dans les colonnes du JDD, où le Premier ministre a également annoncé deux missions sur la radicalisation des agents chargés de la lutte antiterroriste.

Le patron du parti présidentiel, Stanislas Guerini, a, lui, dénoncé dimanche l'attitude "irresponsable" de ceux qui font "la course à l'échalote" avec l'extrême droite en demandant la démission de Christophe Castaner.

Audition par la délégation parlementaire au renseignement

Plusieurs fois fragilisé depuis son arrivée place Beauvau à l'automne 2018, le ministre est toutefois loin d'en avoir fini avec la controverse : il devra s'expliquer mardi à huis clos devant la délégation parlementaire au renseignement, a indiqué son président, Christian Cambon.

En attendant, des éléments cruciaux de l'enquête restent à éclaircir, notamment le rôle trouble de l'épouse du tueur, remise en liberté dimanche soir après trois jours de garde à vue, sans être poursuivie à ce stade. Les enquêteurs doivent également déterminer la quantité d'informations sensibles auxquelles l'assaillant a pu avoir accès à la préfecture, où il travaillait depuis 2003.

"Nous ne savons pas les informations auxquelles il a eu accès. Pour l'instant, nous n'avons pas de raison de penser qu'il a pu transmettre des informations", a déclaré dimanche sur BFMTV le secrétaire d'État à l'Intérieur, Laurent Nuñez. "Il faut qu'on y voit clair le plus vite possible là-dessus."

Le secrétaire d'État a en tout cas, "à ce stade", écarté l'hypothèse selon laquelle l'assaillant aurait pu faire partie d'une cellule jihadiste.

Avec AFP

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