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Législatives en Tunisie : les islamistes d'Ennahda et le parti de Karoui revendiquent chacun la victoire

Des membres du personnel de l'instance chargée des élections (Isie) en Tunisie trient des bulletins de vote dans la capitale, Tunis, le 6 octobre 2019, lors des législatives.
Des membres du personnel de l'instance chargée des élections (Isie) en Tunisie trient des bulletins de vote dans la capitale, Tunis, le 6 octobre 2019, lors des législatives. Anis Mili, AFP

Seuls 41,3 % des électeurs tunisiens se sont déplacés dimanche pour renouveler leur Parlement. Le parti islamiste Ennahda et celui de Qalb Tounes assurent tous deux avoir remporté le scrutin.

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Le parti Qalb Tounes, fondé par le finaliste de la présidentielle Nabil Karoui, incarcéré depuis août, et son principal rival, le parti d'inspiration islamiste Ennahda, ont tous deux assuré avoir remporté le plus grand nombre de sièges lors des législatives de dimanche en Tunisie.

Deux sondages publiés après la fermeture des bureaux de vote par des instituts tunisiens ont donné Ennahda en tête, avec 40 sièges sur 217. Ils placent Qalb Tounes en deuxième position, avec 35 sièges selon le sondage Emrhod, et 33 pour le sondage Sigma.

Le mouvement Karama de l'avocat islamiste populiste Seifeddine Makhlouf est crédité de 17 à 18 sièges et quasiment toutes les autres listes sont en deçà. Les résultats officiels sont attendus mercredi mais si ces sondages se confirmaient, le Parlement serait extrêmement morcelé, entre des partis peu enclins à négocier après une campagne à couteaux tirés.

Le parti de M. Karoui a assuré être arrivé en tête du scrutin sans donner de chiffres. "Selon les résultats préliminaires recensés dans les bureaux de vote, Qalb Tounes est arrivé le premier", a déclaré le porte-parole du parti, Hatem Mliki, lors d'un point presse retransmis en direct avant la diffusion des sondages. Des explosions de joie ont marqué cette annonce dans le QG du parti.

Son principal rival, Ennahda, donné au coude-à-coude avec Qalb Tounes dans les sondages officieux dimanche, a également assuré avoir engrangé le plus grand nombre de voix. "Ennahda annonce, selon des résultats préliminaires, avoir remporté les élections", a déclaré le porte-parole du parti, Imed Khemiri, lors d'un point presse au siège d'Ennahda.

Un faible engouement

Sept millions de Tunisiens étaient appelés dimanche à élire leurs 217 députés. Les élus devront trouver des alliances afin de dégager une majorité autour d'un gouvernement.

La participation a atteint 41,3 %, un chiffre bien en deçà du précédent scrutin en 2014, a indiqué l'instance chargée des élections (Isie).

Ce taux est également en deçà de celui de 49 % enregistré lors du premier tour de la présidentielle le 15 septembre, témoignant du rejet des élites actuelles, mais aussi du désintérêt des Tunisiens pour un scrutin sans clivage clair.

Ce faible engouement pour le troisième scrutin législatif depuis la chute de la dictature en 2011 s'explique par le rejet des élites actuelles, déjà exprimé au premier tour de la présidentielle le 15 septembre, mais aussi par le calendrier électoral, bousculé par le décès du président Béji Caïd Essebsi en juillet.

Le scrutin se déroulait en effet entre les deux tours d'une présidentielle choc qui a porté deux candidats de rupture au second tour : Kaïs Saïed et Nabil Karoui, fondateur du mouvement Qalb Tounes, actuellement emprisonné.

De nouveaux visages attendus

Trois semaines après le premier tour de la présidentielle qui a balayé les sortants, les sondages officieux évoquent l'arrivée d'une vague d'indépendants, qui représentent un tiers des listes en lice, et de nouvelles formations.

De nombreux visages nouveaux devraient arriver au Parlement, une institution clé pour répondre aux principales inquiétudes des Tunisiens : une inflation continue, un chômage élevé et des services publics ne répondant plus aux attentes.

Cet émiettement, alors que le parti arrivé en tête devra convaincre au moins 109 députés pour former un gouvernement, augure de houleuses négociations. "Les négociations prendront probablement des semaines", juge l'analyste politique Youssef Cherif, en évoquant le risque d'un nouveau scrutin si les députés ne parviennent pas à se mettre d'accord.

Le parti arrivé en tête disposera de deux mois pour dégager une majorité au Parlement, le président de la République – qui sera élu le 13 octobre – n'intervenant qu'en cas de blocage au terme de cette période.

Avec AFP

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