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Des milliers de Hongkongais bravent l'interdiction de manifester le visage masqué

Des manifestants masqués à Hong Kong, le 6 octobre, malgré l'adoption des lois d'urgence.
Des manifestants masqués à Hong Kong, le 6 octobre, malgré l'adoption des lois d'urgence. Jorge Silva, Reuters

Plusieurs milliers de manifestants pro-démocratie ont envahi les rues de Hong Kong, dimanche, le visage dissimulé malgré l'interdiction du gouvernement. Une partie du métro est toujours à l'arrêt après de nouvelles violences.

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L'interdiction a été sans effet sur les protestataires. Des milliers de manifestants hongkongais ont défilé, dimanche 6 octobre, le visage masqué en descendant dans les rues de la ville, dont la majorité des stations de métro demeurait fermée deux jours après des actes de vandalisme généralisés.

De son côté, la justice de l'ex-colonie britannique a rejeté un recours déposé par des élus pro-démocratie du Conseil législatif (LegCo), le Parlement local, contre la décision du gouvernement d'invoquer une loi d'urgence pour interdire aux manifestants de dissimuler leur visage.

C'est cette mesure annoncée vendredi par la cheffe de l'exécutif Carrie Lam qui, cette fois, a mis le feu aux poudres et débouché sur une soirée de violences et d'actes de dégradation ciblés notamment contre MTR, la société gérant le métro de Hong Kong accusée de faire le jeu de Pékin.

Au moment où la Haute Cour de Hong Kong déboutait, dimanche, les élus de l'opposition de leur recours contre la décision de l’exécutif, deux nouvelles manifestations non autorisées ont débuté sous une pluie battante. L'une dans les quartiers du centre de l'île de Hong Kong. La deuxième de l'autre côté de la baie, sur la presqu'île de Kowloon.

Ruée sur les magasins ouverts

Hong Kong traverse depuis quatre mois sa pire crise politique, avec des manifestations quasi-quotidiennes pour dénoncer le recul des libertés et la mainmise grandissante du gouvernement chinois sur les affaires de sa région semi-autonome, et exiger aussi des réformes démocratiques.

Alors que les métros n'avaient pas circulé samedi, MTR a indiqué que 45 stations étaient ouvertes dimanche, mais que 48 resteraient fermées dans les quartiers particulièrement affectés par la contestation, notamment les secteurs touristiques du centre.

La ville de 7,5 millions d'habitants est extrêmement dépendante de son métro, l'un des plus performants au monde, qui transporte en temps normal quatre millions de passagers par jour.

D'où le casse-tête dimanche pour les usagers, qui prenaient d'assaut les bus et les taxis.

Chose également rarissime dans une agglomération droguée au shopping, plusieurs chaînes de supermarchés et centres commerciaux étaient fermés, poussant des habitants à se ruer sur les rares magasins ouverts afin de faire des réserves.

Samedi, des milliers de manifestants avaient encore pris part à des actions non autorisées et des flashmobs dans divers quartiers de la ville.

La loi d'urgence invoquée vendredi par Carrie Lam date de 1922, une époque où Hong Kong était une colonie britannique, n'avait plus été utilisée depuis 1967.

"Avenir très sombre"

Elle autorise l'exécutif à prendre "n'importe quelle mesure", sans feu vert du corps législatif, dans l'éventualité d'une situation d'urgence ou d'un danger pour la population.

Carrie Lam l'a utilisée pour interdire le port du masque par les manifestants, qui s'en servent pour dissimuler leur identité et se prémunir de poursuites judiciaires mais aussi se protéger des lacrymogènes. Mais l'interdiction a été sans effet sur les protestataires.

La mesure d'interdiction a été saluée par Pékin, mais, au-delà de la question du masque, l'opposition et les manifestants y voient les prémisses d'une dérive autoritaire.

"Je crois que c'est une des questions de constitutionnalité les plus plus importantes de l'histoire de Hong Kong", a déclaré, dimanche, aux journalistes le député Dennis Kwok, avant la décision de la Haute Cour. "Si cette loi d'urgence est validée, l'avenir de Hong Kong sera très sombre".

Avec AFP

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