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Au Portugal, les socialistes du Premier ministre sortant remportent les législatives

Le candidat du Parti socialiste et Premier ministre sortant du Portugal, Antonio Costa, à l'hôtel Altis à Lisbonne, le 6 octobre 2019.
Le candidat du Parti socialiste et Premier ministre sortant du Portugal, Antonio Costa, à l'hôtel Altis à Lisbonne, le 6 octobre 2019. Patricia de Melo Moreira, AFP

Le Premier ministre socialiste sortant, Antonio Costa, est arrivé en tête des législatives au Portugal, selon les projections des télévisions locales. Les sociaux-démocrates, l'opposition de centre-droit, arrive en deuxième position.

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Selon les premières estimations des instituts de sondage réalisées à la sortie des urnes, les socialistes du Premier ministre sortant, Antonio Costa, ont remporté dimanche 6 octobre les élections législatives au Portugal, sans majorité absolue.

Le parti de centre gauche a obtenu entre 33,3 % et 40 % des voix, selon quatre instituts de sondages, ce qui lui donnerait davantage de sièges que lors des précédentes élections en 2015.

La principale force d'opposition de centre droit, constituée par les sociaux-démocrates, a obtenu entre 24,2 % et 31 % des voix.

La reconduction au pouvoir de l'ancien maire de Lisbonne d'origine indienne, porté au pouvoir en 2015 grâce à une alliance avec l'extrême gauche, confirmerait que le pays reste l'un des rares d'Europe où les socialistes ont le vent en poupe et où l'extrême droite ne perce pas.

Sa victoire renforcerait sensiblement les socialistes au sein du nouveau parlement de 230 sièges mais sans leur offrir la majorité absolue. Ce qui obligera Antonio Costa à chercher des appuis parmi les autres formations de gauche.

Après les années de coupes budgétaires sévères qui ont suivi le sauvetage financier du pays par l'Union européenne et le Fonds monétaire international en 2011, l'ex-maillon faible de la zone euro se porte beaucoup mieux.

Forte croissance, déficit en baisse

La croissance est au plus haut depuis le début des années 2000 (3,5 % en 2017 et 2,4 % en 2018), le chômage est revenu à son niveau d'avant-crise et le déficit public devrait être ramené à 0,2 % cette année.

La recette du dirigeant socialiste – accélérer la levée des mesures de rigueur imposées par les bailleurs de fonds du Portugal tout en profitant de la conjoncture favorable pour continuer à réduire le déficit – a été son meilleur argument électoral.

"Avec moi, les Portugais savent qu'il n'y aura ni radicalismes ni retours en arrière", avait déclaré Antonio Costa vendredi, aux côtés de son populaire ministre des Finances, le président de l'Eurogroupe, Mario Centeno.

"Chaque voix compte et il faut un PS fort pour garantir quatre années supplémentaires de stabilité", avait-il ajouté au dernier jour de campagne.

Avant même le scrutin, Rui Rio avait déjà semblé accepter sa défaite. "Ce serait agréable de pouvoir dire que je suis presque sûr de gagner, mais ce n'est pas le cas", avait reconnu vendredi le leader de l'opposition de droite. Le chef du PSD a toutefois réussi ces dernières semaines à réduire l'écart le séparant d'Antonio Costa dans les sondages.

L'extrême gauche affaiblie mais indispensable

Antonio Costa a lui fait un faux-pas en toute fin de campagne en se mettant en colère, vendredi, contre un électeur qui mettait en cause sa gestion des feux de forêts meurtriers de l'été 2017, qui ont été de son propre aveu le moment le plus difficile de son mandat.

Mais, grâce à son bon bilan économique, le Premier ministre sortant a aussi mis à mal ses alliés du Bloc de gauche (extrême gauche) et du Parti communiste.

Selon Frederico Santi, analyste du cabinet Eurasia Group, "l'issue la plus probable est un gouvernement minoritaire du PS avec le soutien des partis de la gauche radicale ou, hypothèse moins vraisemblable, avec celui du PAN".

Une dépendance à l'égard de l'extrême gauche dont Antonio Costa aurait préféré se passer. D'autant qu'"il lui sera plus difficile de faire des concessions à sa gauche dans une conjoncture économique qui s'annonce moins favorable", souligne le politologue Antonio Costa Pinto, de l'Université de Lisbonne.

Avec AFP

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