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Affaire Karachi : le financement de la campagne Balladur devant les tribunaux

Nicolas Bazir, ancien chef de cabinet et ancien directeur de campagne d'Édouard Balladur, à son arrivée au tribunal correctionnel de Paris, le 7 octobre 2019.
Nicolas Bazir, ancien chef de cabinet et ancien directeur de campagne d'Édouard Balladur, à son arrivée au tribunal correctionnel de Paris, le 7 octobre 2019. Martin Bureau, AFP

Premier procès dans la tentaculaire affaire Karachi : six hommes comparaissent à partir de lundi au tribunal correctionnel de Paris pour des soupçons de financement occulte de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995.

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C'est le premier procès de l'affaire Karachi – celui du volet financier. Trois politiques, un industriel et deux intermédiaires devront répondre, jusqu'au 31 octobre, devant le tribunal correctionnel de Paris, des accusations d'abus de biens sociaux ou de complicité et recel de ce délit. Des rétrocommissions lors de la vente de frégates à l'Arabie saoudite et de sous-marins au Pakistan auraient alimenté les comptes de campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995.

L'affaire prend sa source dans l'enquête sur l'attentat de Karachi. Le 8 mai 2002, une voiture piégée précipitée contre un bus transportant des salariés de la Direction des constructions navales (DCNI) coûtait la vie à 15 personnes, dont 11 Français travaillant à la construction des sous-marins dans le port pakistanais de Karachi. L'enquête, qui avait au départ privilégié la piste terroriste d'Al-Qaïda, s'en était éloignée en 2009 pour explorer les possibles liens, non confirmés à ce jour, entre l'attaque et l'arrêt du versement des commissions en 1995, sur l'ordre de Jacques Chirac, nouvellement élu.

Après des années d'enquête, les juges d'instruction ont estimé que plus de 300 millions d'euros de commissions "indues" et "exorbitantes" sur des contrats d'armement avaient été versées au "réseau K" (pour King, allusion au roi d'Arabie).

Le procès qui s'ouvre lundi ne dira pas si l'arrêt du versement des commissions, décidé par Jacques Chirac après son élection, est ou non lié à l'attentat survenu sept ans plus tard. C'est exclusivement le volet financier du dossier qui sera jugé, mais en l'absence du principal intéressé, Édouard Balladur, et de son ancien ministre de la Défense, François Léotard : tous deux viennent d'être renvoyés devant la Cour de justice de la République, seule juridiction habilitée à juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l'exercice de leurs fonctions.

Les trois prévenus issus du monde politique nient tout financement illégal : Nicolas Bazire, ex-directeur de campagne d'Édouard Balladur et aujourd'hui un des dirigeants du groupe de luxe LVMH ; Renaud Donnedieu de Vabres, conseiller à l'époque du ministre de la Défense ; Thierry Gaubert, alors membre du cabinet du ministre du Budget Nicolas Sarkozy et surtout engagé dans la campagne du candidat Balladur.

Ils sont jugés aux côtés de Dominique Castellan, ancien patron de la DCNI, ainsi que deux hommes d'affaires : le Franco-libanais Ziad Takieddine et l'Espagnol d'origine libanaise Abdul Rahman Al Assir, membres du "réseau K". La présence de ce dernier, qui réside en Suisse, est peu probable.

Avec AFP

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