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Les socialistes vainqueurs des législatives au Portugal, mais sans majorité absolue

Le candidat du Parti socialiste et Premier ministre sortant du Portugal, Antonio Costa, s'adresse aux électeurs après les législatives, le 6 octobre à Lisbonne.
Le candidat du Parti socialiste et Premier ministre sortant du Portugal, Antonio Costa, s'adresse aux électeurs après les législatives, le 6 octobre à Lisbonne. Patricia de Melo Moreira, AFP

Le Parti socialiste du Premier ministre sortant Antonio Costa est arrivé largement en tête des législatives portugaises, dimanche, selon des résultats quasi définitifs. Il lui faudra cependant trouver des partenaires pour gouverner.

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À l'issue des législatives, dimanche 6 octobre, le Portugal s'oriente vers une nouvelle coalition de gauche. Le Parti socialiste (PS), mené par le Premier ministre Antonio Costa, a récolté 36,65 % des suffrages et disposera d'au moins 106 sièges sur 230 au Parlement.

La formation de l'ancien maire de Lisbonne, âgé de 58 ans, devance largement leurs principaux adversaires du Parti social-démocrate (PSD, centre-droit), qui obtiennent 27,9 % des voix et 77 sièges, l'un de ses pires résultats électoraux.

Marqué par une abstention record (45,5 %), ce scrutin confirme que le pays est l'un des rares d'Europe où les socialistes ont le vent en poupe et où la droite populiste ne pèse pas sur le débat politique, même si le parti Chega ! ("Assez !") est entré au Parlement avec un député.

Antonio Costa ne dispose toutefois pas de la majorité absolue, ce qui l'obligera à chercher l'appui d'autres formations dans un parlement largement dominé par la gauche.

"Renouveler l'expérience" d'un gouvernement d'union de la gauche

Fin tacticien, le socialiste avait réussi en 2015 à former un gouvernement minoritaire, malgré sa défaite face à la droite, grâce à l'appui du Bloc de gauche (gauche radicale) et des communistes. Un pacte inédit surnommé péjorativement la "geringonça" ("attelage de bric et de broc", en portugais) par ses adversaires, mais qui lui a permis de tenir quatre ans.

Célébrant sa victoire devant ses partisans, il s'est dit prêt à "renouveler cette expérience" d'union de la gauche. "La stabilité est essentielle pour la crédibilité internationale du Portugal et pour attirer les investisseurs. Le PS s'efforcera de bâtir les solutions assurant cette stabilité sur l'ensemble de la législature", a-t-il ajouté.

Avec de meilleurs résultats qu'en 2015 (il disposait alors de 86 sièges), le PS pourra cette fois "atteindre la majorité avec des géométries variables" et se contenter de "chercher des accords ad hoc" pour faire passer ses lois, a souligné l'analyste Pedro Norton sur la télévision publique RTP.

Le Bloc de Gauche, qui dispose comme en 2015 de 19 sièges, s'est déjà dit "prêt à négocier (avec le PS) un accord assurant la stabilité du pays", selon sa numéro un, Catarina Martins. Avec 12 sièges, les communistes, qui reculent, n'ont eux pas exclu d'appuyer de nouveau le PS.

Antonio Costa dispose d'un autre allié potentiel, le parti animaliste PAN, fondé par un philosophe bouddhiste, qui passe de un à quatre sièges.

Bon bilan économique et social

Depuis que l'ancien maire de Lisbonne est au pouvoir, l'économie portugaise a consolidé spectaculairement la reprise entamée après la cure d'austérité drastique mise en œuvre par le précédent gouvernement de droite suite au sauvetage financier du pays en 2011. La croissance (3,5 % en 2017 et 2,4 % en 2018) est actuellement au plus haut depuis le début des années 2000 et le chômage a retrouvé son niveau d'avant la crise (6,4 %).

L'ancien avocat a surtout réussi le grand écart de détricoter les mesures de rigueur en augmentant les retraites ou les salaires des fonctionnaires, tout en profitant de la bonne conjoncture pour jouer les premiers de la classe de la zone euro en matière de déficit public, qui devrait être ramené à 0,2 % du PIB cette année.

Ce bilan économique et social aura été son principal argument de campagne, même si la dette publique avoisine toujours les 120 % du PIB et que les Portugais se plaignent toujours des bas salaires, d'une dégradation des services publics et de la hausse des prix de l'immobilier entraînée par l'explosion du tourisme.

Avec AFP et Reuters

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