Accéder au contenu principal

Équateur : face à la contestation, le président quitte la capitale

Des manifestants font face à la police à Quito, le 7 octobre 2019.
Des manifestants font face à la police à Quito, le 7 octobre 2019. Rodrigo Buendia, AFP

Le palais présidentiel de Carondelet a été évacué lundi après de violentes manifestations de milliers d'indigènes venus à Quito pour protester contre la hausse des prix du carburant décrétée par le président équatorien, Lenin Moreno.

Publicité

Ils sont des centaines et ils marchent en direction de Quito. Indigènes et paysans équatoriens se sont ralliés, lundi 7 octobre, aux protestations contre une hausse massive des prix du carburant décidée par le gouvernement du président Lenin Moreno. À l’issue de cette journée chaotique, le palais présidentiel de Carondelet a été évacué.

Le président Lenín Moreno a pris la décission de quitter la capitale en avion. Il a transféré le siège du gouvernement à Guayaquil, une ville côtière où les organisations indigènes sont peu présentes. Dans une allocution télévisée, il a indiqué que toutes les mesures économiques seraient maintenues et accusé le président vénézuélien, "le satrape (Nicolas) Maduro", et son propre prédécesseur, Rafael Correa, d'avoir "activé" un "plan de déstabilisation".

"Ceux qui agissent dans l’unique intention d’attaquer et de nuire sont des individus externes payés et organisés", a déclaré le chef de l’État équatorien, dans une allocution télévisée.

Lundi après-midi à Quito, des incidents ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre aux abords du siège du gouvernement, dans le quartier du centre historique bouclé par la police. Des manifestants également ont occupé trois puits de pétrole en Amazonie et contraint les autorités à en suspendre l'activité, ce qui a fait baisser de 12 % la production nationale de brut.

Ces manifestants originaires des régions andines du Sud, certains armés de bâtons et le visage masqué, s'étaient mis en route dimanche, à pied ou à bord de pick-up, pour rejoindre Quito où une grande manifestation est prévue mercredi au côté des syndicats. D'autres groupes d'indigènes se dirigeaient depuis le nord du pays vers la capitale.

État d'urgence

Dans un mouvement social inédit depuis 2007, des blocages du secteur des transports et des grèves paralysent le pays. Les violences ont poussé le gouvernement à décréter jeudi l'état d'urgence.

Des blocages de voies de circulation étaient signalés dans 19 des 24 provinces du pays, selon les autorités, qui dénombrent un mort, 73 blessés (dont 59 parmi les forces de l'ordre) et 477 arrestations durant les manifestations de ces derniers jours.

"Nous allons être plus de 20 000 indigènes", a déclaré lundi à Quito le président de la Confédération des nationalités indigènes de l'Équateur (Conaie), Jaime Vargas. Pour répliquer au gouvernement, cette organisation a annoncé elle aussi dimanche "un état d'urgence dans tous les territoires indigènes". La Conaie a affirmé dans un communiqué que les militaires et les policiers qui s'approcheraient des territoires indigènes seraient capturés.

Fin des subventions sur le carburant

En janvier 2000, le président Jamil Mahuad avait été renversé à la suite de violentes manifestations indigènes auxquelles avait participé la Conaie, dans un contexte de crise économique.

La décision du président Moreno de supprimer des subventions des carburants d'un montant total de 1,3 milliard de dollars est entrée en vigueur jeudi. En échange, l'Équateur peut accéder à des crédits d'un montant de 4,2 milliards de dollars du Fonds monétaire international (FMI). Cela a entraîné des hausses des prix des carburants allant jusqu'à 123 %.

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.