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Procédure de destitution : l’administration Trump empêche un témoin-clé de se présenter

L'ambassadeur Gordon Sondland à Bruxelles le 4 juin 2019.
L'ambassadeur Gordon Sondland à Bruxelles le 4 juin 2019. François Lenoir, Reuters

L'administration Trump a empêché l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne de témoigner devant les élus démocrates en vue d'une procédure explosive de destitution contre le président républicain.

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Le bras de fer entre Donald Trump et les démocrates du Congrès s'est intensifié, mardi 8 octobre. Son administration a interdit à l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne de témoigner devant les élus dans le cadre de la procédure de destitution visant le président républicain.

"Tôt ce matin, le département d'État américain a demandé à l'ambassadeur Gordon Sondland de ne pas se présenter aujourd'hui" à la déposition prévue à la Chambre des représentants, a indiqué son avocat Robert Luskin.

L'analyse de notre correspondant à Washington Matthieu Mabin

"Tribunal bidon"

Donald Trump a justifié cette décision en qualifiant les auditions organisées par l'opposition au Congrès sur l'affaire ukrainienne de "tribunal bidon".

En interdisant à l'ambassadeur Gordon Sondland, un "acteur-clé" dans l'affaire ukrainienne, de témoigner, "la Maison Blanche tente encore une fois de freiner et d'entraver l'enquête en vue d'une destitution" de Donald Trump, se sont indignés les chefs démocrates des commissions chargées des investigations.  "Nous allons adresser des injonctions à l'ambassadeur Sondland" pour qu'il soit contraint de témoigner et de livrer des documents que le département d'État refuse de livrer, ont-ils annoncé.

Clairement passée à la contre-offensive dans cette enquête explosive, la Maison Blanche a déjà refusé de donner suite à de précédentes injonctions des démocrates, qu'elle accuse de mener une enquête partiale visant à nuire à Donald Trump à l'approche de la présidentielle de novembre 2020.

En face, l'opposition martèle qu'empêcher le Congrès d'avancer dans son enquête pourrait constituer une entrave à la justice. Dans une mise en garde claire, les démocrates rappellent que cela avait été l'un des trois motifs de destitution retenus à l'encontre du président Richard Nixon en 1974, avant sa démission.

Une enquête en vue d'une mise en accusation

Homme d'affaires ayant fait fortune dans le secteur hôtelier, Gordon Sondland a contribué à financer la campagne et la cérémonie d'investiture de Donald Trump, dont il est devenu proche. Depuis son poste à Bruxelles, il a participé cette année à des échanges de SMS entre diplomates qui sont au cœur de l'affaire ukrainienne.

Remis au Congrès la semaine dernière, ces messages ont conforté les démocrates dans leurs soupçons : le président américain a appelé cet été son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu'il cherche des informations compromettantes sur son rival démocrate Joe Biden.

Les démocrates soupçonnent Donald Trump d'avoir ainsi abusé de son pouvoir à des fins électorales personnelles, puis d'avoir cherché à étouffer l'affaire. Le président estime que cet appel était "parfait".

La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, a donc annoncé le 24 septembre l'ouverture d'une enquête en vue d'une mise en accusation ("impeachment") de Donald Trump.

Avec AFP

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