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Face aux menaces turques, les Kurdes appellent la population à la "résistance"

Des soldats turcs se dirigeant vers la frontière syrienne près d'Akçakale, le 8 octobre 2019.
Des soldats turcs se dirigeant vers la frontière syrienne près d'Akçakale, le 8 octobre 2019. Bulent Kilic, AFP

Inquiets après les menaces d'intervention en Syrie proférées par la Turquie, les Kurdes ont organisé la riposte en appelant la population à trois jours de "mobilisation générale".

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La tension est montée d'un cran à la frontière entre la Turquie et la Syrie, ces derniers jours. Face aux menaces d'une possible offensive turque, les autorités semi-autonomes kurdes en Syrie ont appelé mercredi 9 octobre à "une mobilisation générale pendant trois jours", exhortant les habitants du nord-est à la "résistance".

Évoquant une prochaine opération militaire contre une milice kurde syrienne, Ankara a, de son côté, massé des renforts et dépêché des véhicules blindés dans le secteur.

"L'entière responsabilité"

"Nous proclamons l'état de mobilisation générale pendant trois jours dans le nord-est de la Syrie", a annoncé l'administration semi-autonome kurde dans un communiqué. "Nous appelons toutes les composantes de notre peuple à se diriger vers la zone frontalière (...) pour assurer la résistance dans ce moment historique délicat."

Pointant du doigt les États-Unis, leur grand allié, mais aussi l'ONU, la Russie ou encore l'Union européenne, le communiqué kurde leur fait porter "l'entière responsabilité" en cas de "catastrophe humanitaire" dans leur région.

Alliée de Washington dans la lutte contre le groupe État islamique, la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG), est considérée par Ankara comme un groupe "terroriste".

Contradictions de Washington

La Maison Blanche a multiplié ces derniers jours les déclarations contradictoires. Les États-Unis ont amorcé un retrait de troupes américaines de certaines zones frontalières qui risquent d'être ciblées par une offensive turque.

Toutefois, face à l'indignation sur la scène internationale et dans son propre camp, le président américain Donald Trump a réorienté son discours, assurant ne pas avoir "abandonné" les Kurdes.

Les préparatifs de l'opération turque "achevés"

Le ministère turc de la Défense a indiqué mardi que "tous les préparatifs en vue d'une opération ont été achevés".

Le directeur de communication de la présidence turque, Fahrettin Altun, écrivait dans le Washington Post que des soldats turcs allaient "franchir la frontière syro-turque sous peu".

D'après le quotidien turc Hürriyet, l'état-major turc attend que le retrait des forces américaines dans la zone soit achevé.

La Turquie envisage dans un premier temps de prendre le contrôle d'une bande de territoire à la frontière longue de 120 km et profonde d'une trentaine de kilomètres allant des villes de Tall Abyad à Ras al-Aïn, selon le journal.

Avec AFP

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