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Fonds mondial contre le sida : la France sera-t-elle à la hauteur de ses ambitions ?

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Image d'illustration. Maria Tan, AFP

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme espère collecter 14 milliards de dollars lors de sa conférence, mercredi et jeudi à Lyon. La France, deuxième donateur historique, n'a pas augmenté sa contribution depuis 2010.

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Objectif : sauver 16 millions de vies et éviter 234 millions d’infections dans le monde. La sixième conférence "de reconstitution des ressources" du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, qui se tient les mercredi 9 et jeudi 10 octobre à Lyon, espère récolter 14 milliards de dollars (12,8 milliards d'euros) pour éradiquer les trois épidémies d'ici 2030.

"Il nous faut, à Lyon, 14 milliards de dollars", affirmait Emmanuel Macron il y a deux semaines, à l'assemblée générale de l'ONU, soulignant que "plus personne ne peut comprendre que pour des raisons financières (...) il soit aujourd'hui impossible d'accéder à des traitements pour prévenir ou guérir de telles maladies".

La France, un des fondateurs du Fonds, s'est portée candidate pour organiser ce rendez-vous qui réunira 700 participants, dont dix chefs d'État et de gouvernement, principalement africains, mais aussi le milliardaire Bill Gates, premier contributeur privé à l'organisme via sa fondation, et le chanteur Bono, cofondateur de l'association RED.

Le montant a été fixé en janvier par le Fonds mondial. Mais dans les couloirs du palais des congrès de Lyon, il se dit que cette somme sera difficile à atteindre. Deux raisons à cela : la cause du sida peut sembler moins urgente qu'il y a quelques années et de nombreux financements sont mobilisés pour la cause environnementale, comme le Fonds vert pour le climat, perçue comme plus porteuse politiquement.

12,2 milliards de dollars en 2016

Il est pourtant jugé déjà insuffisant par de nombreuses ONG qui s'appuient sur l'estimation d'experts indépendants, calculant qu'il faudrait de 16,8 milliards à 18 milliards de dollars pour y parvenir.

"Dans le contexte actuel, toute augmentation importante au-delà des 12,2 milliards de dollars" récoltés il y a trois ans, lors de la dernière conférence de refinancement du Fonds mondial, "sera considérée comme un succès", explique-t-on à l'Élysée.

Une quinzaine de pays donateurs ont déjà annoncé leur contribution, permettant d'assurer les trois quarts du montant final. Les États-Unis conserveront leur rang de premier donateur avec un apport de 4,68 milliards de dollars voté par le Congrès, qui reste à officialiser. Un montant en hausse de 9 % par rapport à 2016.

Le Royaume-Uni, deuxième contributeur pour la période 2016-2019, a annoncé un montant de 1,44 milliard de livres (environ 1,7 milliard de dollars), en hausse de près de 20 %, tandis que l'Allemagne, qui occupe le quatrième rang, apportera 1 milliard d'euros (environ 1,1 milliard de dollars), soit une augmentation de 18 %.

Tous les regards sont désormais tournés vers la France, deuxième donateur historique qui n'a pas augmenté sa contribution depuis 2010 (1,08 milliard d'euros). Si l'Élysée juge "tout à fait souhaitable" que la part du privé augmente (7 % du total aujourd'hui), elle assure que "la France sera à la hauteur de son statut de deuxième contributeur historique", laissant à Emmanuel Macron la primeur de son annonce jeudi.

Appel des ONG à la France

200 ONG ont signé la semaine dernière une tribune dans Le Monde appelant la France à augmenter sa contribution "d'au moins 25 %". "Mais pour atteindre la cible des 14 milliards et que la France retrouve sa place de leader européen, il faudrait une hausse de 45 %", estime Enzo Poultreniez, responsable chez Aides, évoquant le "mauvais calcul" de ceux qui "rechignent à investir".

Alors que le traitement annuel contre le VIH coûte maintenant "moins de 100 dollars par an", les 40 % de personnes séropositives qui n'y ont pas accès "font la dynamique de l'épidémie", argumente-t-il.

"Un relâchement des financements internationaux provoquerait une reprise en force des épidémies et la riposte pour en reprendre le contrôle serait encore plus onéreuse", souligne également Françoise Barré-Sinoussi, codécouvreuse du VIH et présidente de Sidaction.

Avec AFP

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