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La communauté juive d'Allemagne inquiète après l'attaque antisémite de Halle

Des journalistes postés devant la synagogue de Halle, le 9 octobre 2019.
Des journalistes postés devant la synagogue de Halle, le 9 octobre 2019. Axel Schmidt, AFP

Au lendemain de l'attentat antisémite qui a fait deux morts dans la ville de Halle, en Allemagne, la communauté juive se dit inquiète. Elle réclame une meilleure sécurité des lieux de culte. Le suspect, quant à lui, a été arrêté par la police.

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La communauté juive plongée dans l'inquiétude depuis l'attentat antisémite perpétré, mercredi 9 octobre, à Halle, dans l'est de l'Allemagne. Elle exige une meilleure protection et une mobilisation contre l'extrême droite.

"À présent, nous avons besoin d'actes et plus seulement de paroles" pour protéger les lieux de culte, a dénoncé le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, dans un communiqué, après l'attaque qui a fait deux morts. Surtout, "nous devons constituer un front uni contre les néonazis et autres groupes extrémistes. Le fait qu'ils gagnent en influence en Allemagne 75 ans après l'Holocauste est très parlant", a-t-il ajouté.

Mercredi, jour de Yom Kippour, la grande fête religieuse juive, un Allemand de 27 ans, présenté comme Stephan Balliet par les médias, a fait irruption lourdement armé devant les portes de la synagogue de Halle, à 170 km au sud-ouest de Berlin.

L'assaillant arrêté

Vêtu d'une veste militaire, coiffé d'un casque surmonté d'une caméra filmant l'assaut, il avait l'intention de commettre un carnage dans l'édifice où étaient réunis environ 80 fidèles. Il n'en a été empêché que par les portes fermées à double tour par mesure de sécurité, qui ont résisté à ses tirs de fusil à pompe.

"Dieu voulait aujourd'hui que nous vivions", a témoigné sur les réseaux sociaux une des fidèles, Rebecca Blady. "Nous sommes sains et saufs, en train d'essayer de comprendre ce qui s'est passé."

L'assaillant a alors tué une passante, puis un client d'un restaurant turc à proximité, avant d'affronter la police, qui finira par le blesser puis l'arrêter lors d'une course-poursuite.

Christchurch

Les autorités doivent donner dans la journée des détails sur son profil et ses éventuels antécédents lors d'une conférence de presse. L'homme au crâne rasé a agi seul, de manière semble-t-il assez improvisée.

Et surtout, en s'inspirant de la mise en scène de l'extrémiste de droite australien responsable en mars de l'attentat contre des mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui avait fait 51 morts. Son film a été diffusé là aussi sur Internet.

La plateforme de diffusion de jeux vidéo Twitch a précisé que le direct avait duré 35 minutes, avec cinq spectateurs seulement. Puis 2 200 autres pour la rediffusion, avant la suppression de la vidéo.

Condamnation unanime

Il a également publié avant l'attentat un "manifeste" antisémite, dans lequel il fait part de son objectif de "tuer autant d'anti-Blancs que possible, de préférence des juifs", selon l'observatoire du terrorisme Site et le quotidien Die Welt.

Le journal indique aussi que le texte mentionne spécifiquement le projet d'attaquer la synagogue de Halle lors de Yom Kippour, et de survivre.

La chancelière Angela Merkel et tous les dirigeants allemands ont condamné cet acte.

Mais cette fois, la communauté juive ne veut pas en rester là, dans un contexte de hausse continue des actes antisémites dans le pays, venant des milieux d'extrême droite mais aussi pour une partie de musulmans parmi les migrants arrivés dans le pays depuis 2015.

"Je ne comprends pas du tout que la synagogue de Halle n'ait eu aucune protection policière lors de la plus importante journée juive de célébration", a critiqué le président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, Josef Schuster.

L'an dernier, les actes antisémites de tous ordres en Allemagne ont augmenté de près de 20 % par rapport à 2017, à 1 799, selon les statistiques de la police.

La mouvance néonazie est à l'origine d'une bonne partie d'entre eux, dans un contexte d'essor continu de l'extrême droite politique en Allemagne, qui veut en finir avec la culture du repentir national pour les horreurs du IIIe Reich.

Avec AFP

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