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Syrie : après de violents combats, les forces turques entrent dans une ville clé kurde

Des rebelles syriens combattent aux côtés des combattants turcs.
Des rebelles syriens combattent aux côtés des combattants turcs. Khalil Ashawi, Reuters

Les forces turques ont intensifié leurs bombardements et sont entrées dans la ville kurde de Ras-al-Aïn, une zone-clé, au quatrième jour d'une offensive contre les miliciens kurdes.

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Les forces turques et leurs supplétifs syriens sont entrés, samedi 12 octobre, dans une ville clé kurde du nord de la Syrie à la faveur de violents bombardements. Ankara se dit déterminée à poursuivre son offensive malgré le tollé international et les menaces de sanctions américaines.

Le ministère de la Défense turc a affirmé que les forces turques avaient pris Ras al-Aïn, ville frontalière de la Turquie. Mais les forces kurdes ont démenti et selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et un correspondant de l'AFP sur place, les soldats turcs et leurs alliés y sont entrés mais les combats se poursuivent.

Voisine de la Syrie en guerre, la Turquie veut chasser des secteurs frontaliers la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), qu'elle qualifie de "terroriste", et instaurer une "zone de sécurité" de 32 km de profondeur en territoire syrien pour séparer sa frontière des zones contrôlées par les YPG.

Accusant les Américains de les avoir "abandonnées" en retirant des soldats des zones attaquées, les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition de combattants kurdes et arabes soutenue par Washington dans la lutte antijihadiste, ont appelé les États-Unis à "assumer leurs responsabilités morales" et à la "fermeture de l'espace aérien face à l'aviation turque".

Samedi les FDS ont estimé que l'opération d'Ankara avait "revitalisé" l'organisation État islamique (OEI) et "activé les cellules" jihadistes. Plusieurs pays s'inquiètent aussi du sort des membres de l'OEI aux mains des Kurdes.

Depuis le début de l'assaut, mercredi, 81 combattants kurdes et 38 civils ont été tués selon un dernier bilan de l'OSDH, et 100 000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU. Ankara a annoncé la mort de quatre soldats en Syrie et de 18 civils dans la chute de dizaines de roquettes kurdes tirées sur des villes frontalières en Turquie.

L'Allemagne a annoncé avoir stoppé la livraison à la Turquie d'armes "qui pourraient être utilisées" contre les Kurdes en Syrie.

"La France a décidé de suspendre tout projet d'exportation vers la Turquie de matériels de guerre susceptibles d'être employés dans le cadre de l'offensive en Turquie", ont annoncé plus tard, samedi, les ministères français des Armées et des Affaires étrangères.

Les Kurdes ont perdu 23 villages

Sous un barrage de l'artillerie lourde et des raids aériens turcs, les forces turques et leurs alliés locaux ont lancé le matin à partir de trois axes un assaut en direction de Ras al-Aïn, presque entièrement désertée par ses habitants, selon l'OSDH.

Signe de l'intensité des violences, 20 combattants kurdes ont été tués dans la nuit, alors que 10 civils ont péri samedi, d'après l'ONG.

Selon un responsable des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont les YPG sont l'épine dorsale, "Ras al-Aïn résiste toujours et les affrontements se poursuivent". "Les FDS ont partiellement reculé en raison des violents bombardements mais ont lancé une contre-attaque".

Selon l'OSDH et un correspondant de l'AFP sur place, les forces turques et leurs alliés ont conquis une zone industrielle à la périphérie de Ras al-Aïn.

Au total, depuis mercredi, les Kurdes ont perdu 23 villages.

À la faveur du conflit syrien, les Kurdes ont instauré une autonomie de facto sur les vastes régions sous leur contrôle dans le Nord.

Soutenues par l'Occident, principalement par les États-Unis, les FDS sont le fer de lance en Syrie de la lutte contre l'organisation État islamique (OEI) vaincue en mars avec la perte de son dernier fief dans le pays.

Des soldats américains ont été déployés dans des secteurs de Syrie pour venir en aide aux FDS dans la lutte antijihadiste.

Lundi, le retrait de dizaines de soldats américains aux abords de la frontière avait semblé laisser le champ libre à l'offensive et a été perçu comme une trahison par les Kurdes.

Mise en garde contre un nouveau désastre humanitaire

Mais les États-Unis, alliés de la Turquie au sein de l'Otan, ont ensuite soufflé le chaud et le froid.

Vendredi, ils ont affirmé que le président Donald Trump allait signer un décret permettant le déclenchement à tout moment de sanctions contre la Turquie.

Des ONG ont mis en garde contre un nouveau désastre humanitaire en Syrie où la guerre, qui s'est complexifiée avec l'intervention de multiples acteurs régionaux et internationaux, a fait plus de 370 000 morts depuis 2011 et déplacé des millions de personnes.

Plusieurs pays s'inquiètent, eux, du sort des membres de l'OEI aux mains des Kurdes.

La Turquie, qui a mené deux offensives dans le Nord syrien en 2016 et en 2018, souhaite installer dans une future "zone de sécurité" une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens vivant sur son sol.

Avec AFP

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