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La France demande "la cessation immédiate" de l'offensive turque en Syrie

Le président français Emmanuel Macron prend la parole lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel, à Paris, le 13 octobre 2019.
Le président français Emmanuel Macron prend la parole lors d'une conférence de presse commune avec la chancelière allemande Angela Merkel, à Paris, le 13 octobre 2019. Ludovic Marin, Reuters

À l'issue d'un Conseil restreint de défense organisé dimanche soir, la France a condamné l'opération turque en Syrie dont elle s'inquiète des conséquences. Paris va aussi prendre des mesures imminentes pour protéger son personnel en Syrie.

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La France condamne "dans les termes les plus fermes" l'offensive lancée mercredi dernier par la Turquie et va accentuer ses efforts diplomatiques pour obtenir la cession immédiate de l'offensive turque, a affirmé l'Élysée tôt lundi 14 octobre, à l'issue d'un Conseil restreint de défense.

Ce Conseil de défense a réuni notamment le Premier ministre Édouard Philippe, les ministres de la Justice, des Affaires étrangères, des Armées et de l'Intérieur, ainsi que le chef d'état-major des armées, l'amiral Rogel.

"La France accentuera ses efforts diplomatiques, en étroite coordination avec ses partenaires de la coalition contre Daech, dans le cadre de l'Union européenne, de l'Otan et du Conseil de sécurité des Nations unies, pour obtenir la cessation immédiate de l'offensive turque en cours", a déclaré l’Élysée dans un communiqué à l'issue de la réunion.

"Empêcher la résurgence de Daech"

Le président Emmanuel Macron a déclaré que l'offensive lancée par la Turquie peut "entraîner des conséquences humanitaires dramatiques, une résurgence de Daech dans la région, et une déstabilisation durable du nord-est syrien", selon le communiqué. "La France la condamne dans les termes les plus fermes", a-t-il dit.

Le communiqué annonce des mesures "pour assurer la sécurité des personnels français militaires et civils présents dans la zone" et "un programme de réponse humanitaire d'urgence" en faveur des populations locales.

"La priorité absolue doit être d'empêcher la résurgence de Daech dans la région", indique la présidence française. Elle relève "le risque d'évasion, en raison de l'offensive de la Turquie, des terroristes de Daech faits prisonniers". "Des mesures ont également été adoptées pour renforcer la sécurité du territoire national dans ce contexte", précise le communiqué.

Plus tôt dimanche, Emmanuel Macron a reçu la chancelière allemande Angela Merkel à Paris. Il a fait part de la "volonté commune" de la France et de l'Allemagne de voir cesser l'offensive turque dans le nord-est syrien. Selon le chef de l'État, elle risquerait de créer "une situation humanitaire insoutenable" et d'"aider" le groupe État islamique "à réémerger dans la région".

"J'ai parlé une heure avec le président Erdogan, nous devons tenir compte des intérêts et de la sécurité de la Turquie. Mais nous pensons aussi qu'il faut mettre un terme à cette invasion turque, car il y a des raisons humanitaires et on ne peut pas accepter cette situation contre les Kurdes", a de son côté déclaré Angela Merkel.

"Face à cette situation, nous resterons très coordonnés, comme nous l'avons été pour signifier aux Turcs la fin de toutes nos ventes d'armes, mais également sur les initiatives à prendre dans les prochaines heures et les prochains jours", a conclu le président français.

Il a aussi appelé les Européens à s'unir dans "ce moment, européen et international difficile et parfois inquiétant". "L'Europe ne peut s'offrir le luxe de vaines querelles, de petites disputes ou d'ajouter des crises internes aux tensions du monde qui nous affectent déjà", a-t-il ajouté.

Fuite de près de 800 proches de jihadistes de l'EI

Au cinquième jour de leur attaque, les forces turques et leurs alliés locaux ont avancé en profondeur en Syrie dimanche, semblant en passe d'achever la première phase de leur offensive contre les forces kurdes, lâchées par Washington, qui a annoncé le retrait de près de 1 000 soldats du Nord syrien.

Les autorités kurdes ont annoncé la fuite de près de 800 proches de jihadistes du groupe État islamique d'un camp de déplacés.

France 24 avec AFP et Reuters

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