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L'Iran annonce avoir arrêté un "contrerévolutionnaire dirigé par le renseignement français"

Parade militaire des gardiens de la Révolution, à Téhéran, le 22 septembre 2007.
Parade militaire des gardiens de la Révolution, à Téhéran, le 22 septembre 2007. Morteza Nikoubaz, Reuters

Rouhollah Zam, activiste iranien vivant en France ces dernières années, a été arrêté, à en croire une déclaration des Gardiens de la révolution iraniens, qui l'accusent d'avoir travaillé pour le compte du renseignement français.

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Rouhollah Zam, un activiste iranien considéré comme opposant "contrerévolutionnaire" actif durant les manifestations de 2017-2018 dans son pays, a été arrêté, affirment lundi 14 octobre les Gardiens de la révolution en Iran. Les autorités ne précisent ni le lieu, ni la date de son arrestation. Cet homme, qui aurait vécu en France ces dernières années, était "dirigé par le renseignement français et soutenus par ceux de l'Amérique et du régime sioniste (sic)", selon le communiqué iranien.

Rouhollah Zam a dirigé un canal, intitulé Amadnews, sur la plateforme de messagerie cryptée Telegram. Il est accusé par Téhéran d'avoir joué un rôle actif dans la contestation de l'hiver 2017-18. Au moins 25 personnes ont été tuées au cours de ces manifestations – qualifiées de "sédition" par les autorités – ayant touché plusieurs dizaines de villes iraniennes autour du Nouvel an 2018.

Selon le communiqué des Gardiens, Rouhollah Zam est "tombé dans un piège" qui lui avait été tendu, lors d'une opération jugée "élaborée et professionnelle". Les agents chargés de le traquer sont parvenus à leurs fins "à l'aide de méthodes de renseignement modernes et en recourant à des tactiques astucieuses", ajoute le texte, publié sur Sepahnews, le site officiel des Gardiens de la révolution.

"Terminus du mensonge"

Le communiqué estime qu'il s'agit d'une "grosse opération, qui montre la défaite des services de renseignement de l'ennemi et prouve que ceux-ci sont à la traîne par rapport à la puissance du service du renseignement" de l'Iran.

Les Gardiens de la révolution accusent Rouhollah Zam d'avoir dirigé "une opération psychologique à grande échelle destinée à semer la discorde entre les instances du système (politique de la République islamique d'Iran), à propager l'iranophobie et le mensonge, à susciter le doute à l'égard de la religion parmi la jeune génération, préparer le terrain à des actions violentes et terroristes, et susciter des émeutes et des troubles dans le pays".

À la demande des autorités iraniennes, Telegram avait accepté de fermer le canal Amadnews, qui comptait alors près de 1,4 million d'abonnés, pendant les troubles de la fin du mois de décembre 2017, reprochant au canal d'avoir incité à la "violence".

Le groupe était rapidement réapparu sous un nouveau nom, "Sedaiemardom" ("La voix du peuple" en français), que le patron de Telegram, Pavel Durov, avait refuser de fermer jugeant alors que ce nouveau groupe appelait "à des manifestations pacifiques".

Selon la presse iranienne, Rouhollah Zam est le fils d'un clerc chiite ayant occupé des fonctions culturelles à la mairie de Téhéran au début des années 2000.

Début mars, la télévision d'État iranienne a diffusé un documentaire intitulé "Terminus du mensonge", qui suit ce qu'elle a présenté comme l'opération d'un service de renseignement iranien en train de piéger Rouhollah Zam, en lui transmettant des informations supposément secrètes pour qu'il les diffuse via ses canaux habituels.

La séquence présentait des échanges WhatsApp entre Rouhollah Zam et un de ses anciens acolytes, arrêté et instrumentalisé par le service de renseignement responsable de l'opération.

Les Gardiens de la révolution n'ont pas publié de photo permettant d'accréditer l'arrestation de Rouhollah Zam, mais affirment que "des informations complémentaires seront données plus tard" sur cette affaire.

Avec AFP

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