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Mondial de rugby : le Japon triomphe de tous les éléments

Les Japonais fêtent leur qualification pour les quarts avec leur public dans le stade de Yokohama, le 13 octobre.
Les Japonais fêtent leur qualification pour les quarts avec leur public dans le stade de Yokohama, le 13 octobre. Matthew Childs, Reuters

Les joueurs japonais se sont brillamment qualifiés dimanche pour les quarts de finale de la Coupe du monde de rugby. Un exploit réalisé dans un contexte très particulier, avec le passage du typhon meurtrier Hagibis.

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"Alors que nous célébrons (la qualification), beaucoup de gens souffrent" : les premiers mots du sélectionneur japonais Jamie Joseph après la victoire de ses hommes contre l'Écosse (28-21) ont logiquement été pour les victimes du typhon Hagibis, qui a ravagé le Japon ce week-end et entraîné la mort d'au moins 56 personnes. "Nous savions que nous ne jouions pas seulement pour nous. Beaucoup de gens souffrent et nous leur devions de jouer avec notre coeur", a ajouté le capitaine, Michael Leitch.

L'équipe japonaise voulait gagner pour ceux qui ont été durement touchés et ceux qui ont permis à ce match de se dérouler dimanche 14 octobre à Yokohama. Les images filmées la veille de ce match montraient des joueurs japonais contraints de traverser des piscines temporaires pour accéder à la pelouse d'un stade d'entraînement situé à Tokyo.

Vingt-quatre heures plus tard, le Yokohama Stadium, distant d'une quarantaine de kilomètres de la capitale, accueillait 67 666 spectateurs venus, en grande majorité, soutenir l'équipe locale et l'aider à atteindre, pour la première fois de son histoire, les quarts de finale d'une Coupe du monde.

L'appui du public a été d'autant plus déterminant que les Japonais ne sont pas rentrés de la meilleure des manières dans cette rencontre. Dès la 7e minute, l'ouvreur écossais Finn Russell inscrivait un essai, transformé par son coéquipier Greig Laidlaw, et les Écossais menaient 7-0. Une dizaine de minutes plus tard, le redoutable ailier Kotaro Matsushima répondait avec un essai et les Japonais mettaient alors la main sur une rencontre qu'ils ont brillamment gagnée (28-21).

Avec ce succès, le quatrième de rang, les Japonais ont réussi à ravir la première place du groupe à l'Irlande, une équipe qu'ils ont battue (19-12) lors de leur deuxième match de cette compétition. Le XV nippon avait alors signé un exploit retentissant en dominant une nation installée depuis de longues années en tête du classement mondial des équipes. Et après sa victoire contre l'Écosse, le Japon figure désormais à la 7e place de ce classement, devant la France (8e).

Un jeu attrayant basé sur la vitesse

Il voit ainsi le résultat de ses efforts déployés ces dix dernières années, depuis l'attribution au Japon en 2009 de l'organisation de la neuvième Coupe du monde de rugby. Présent à chaque édition de cette compétition quadriannuelle depuis 1987, le Japon avait connu auparavant des participations très douloureuses, comme en témoigne le 145 à 17 encaissé en 1995 face à la Nouvelle-Zélande. En 2007 et 2011, les "Cherry Blossoms" n'avaient gagné aucune rencontre, devant se contenter de deux matchs nuls contre les Canadiens.

L'édition 2015 marque un tournant pour eux, avec une victoire retentissante (34-32) face à l'Afrique du Sud. Les Japonais gagnent ensuite deux autres matchs et ratent de peu la qualification pour les quarts de finale. Mais ils montrent alors un tout autre visage et s'affirment comme une nation montante du rugby mondial. Pour y parvenir, ils ont notamment pu compter sur le talent du sélectionneur Eddie Jones, aujourd'hui aux commandes de l'Angleterre, et de nombreux joueurs étrangers venus renforcer leurs rangs. Face à l'Écosse dimanche, 6 des 15 joueurs qui ont débuté la rencontre pour le Japon ont obtenu leur naturalisation au cours des dernières années.

Ces précieux renforts ne doivent pas occulter la progression phénoménale de nombreux joueurs de l'archipel, qui ont notamment profité de la présence d'une équipe, les Sunwolves, dans le championnat Super Rugby qui regroupe les meilleures franchises néo-zélandaises, sud-africaines, australiennes et argentines. Ils proposent un jeu très attrayant, basé sur la vitesse, et plusieurs stars se sont révélées aux yeux du monde entier lors de la phase de qualification de ce Mondial. Et l'équipe japonaise espère bien continuer à briller sur son territoire face à des Sud-Africains désireux de faire oublier leur cruelle déconvenue de 2015.

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