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Erdogan ne "déclarera jamais de cessez-le-feu" sans avoir atteint ses objectifs en Syrie

Des chars turcs aux abords de la frontière avec la Syrie, le 15 octobre 2019.
Des chars turcs aux abords de la frontière avec la Syrie, le 15 octobre 2019. Murad Sezer, Reuters

La Turquie a affirmé, mardi, qu'elle poursuivrait son opération militaire dans le nord de la Syrie "avec ou sans le soutien" du monde. Washington envoie Mike Pompeo et Mike Pence négocier un "cessez-le-feu" rejeté d'avance par Recep Tayyip Erdogan.

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La Turquie et son président, Recep Tayyip Erdogan, restent inflexibles. Malgré les divers appels de la communauté internationale à cesser l'offensive dans le nord de la Syrie, les suspensions des exportations des ventes d'armes de plusieurs pays européens ou les sanctions américaines à son encontre, Ankara affirme "continuer à combattre tous les groupes terroristes, y compris Daech, que le monde accepte ou pas de nous soutenir".

Le président américain, Donald Trump, a de son côté annoncé mardi 15 octobre que le vice-président, Mike Pence, et le secrétaire d'État, Mike Pompeo, se rendraient mercredi en Turquie pour négocier un "cessez-le-feu". Selon la Maison Blanche, Mike Pence rencontrera jeudi à Ankara le président Recep Tayyip Erdogan pour réaffirmer "l'engagement de Donald Trump à maintenir les sanctions économiques punitives visant la Turquie tant qu'une solution n'aura pas été trouvée".

"Nous ne pourrons jamais déclarer un cessez-le-feu"

Recep Tayyip Erdogan, lui, a encore réitéré son refus dans des déclarations au quotidien Hurriyet. "Ils nous disent de 'déclarer un cessez-le-feu'. Nous ne pourrons jamais déclarer un cessez-le-feu" tant que la Turquie n'aura pas chassé "l'organisation terroriste" de la frontière, a dit le président turc à des journalistes dans l'avion qui le ramenait d'Azerbaïdjan. "Ils exercent des pressions sur nous pour que nous arrêtions l'opération. Nous avons un objectif clair. Nous ne sommes pas préoccupés par les sanctions", a-t-il ajouté.

Le directeur de communication de la présidence turque, Fahrettin Altun, interrogé mardi par l'AFP, a également accusé les milices kurdes des YPG d'avoir "délibérément visé les civils à la frontière, y compris des journalistes, avant de conclure un sale marché avec le régime d'Assad". Considérées comme "terroristes" par Ankara, les YPG sont des alliées de l'Occident dans la lutte contre les jihadistes de l'organisation État islamique (OEI).

Les forces syriennes à Manbij

"Cet accord, qui met des bâtons dans les roues à l'opération turque qui vise à créer une zone de sécurité, a déjà des conséquences sur le terrain", rapporte Ludovic de Foucaud, correspondant de France 24 basé à Istanbul, en Turquie. Les forces de Damas ont commencé à se déployer dans certains secteurs du nord de la Syrie, et ont pris le contrôle de la ville de Manbij, assure le ministère russe de la Défense.

"Manbij change de main pour la quatrième fois en huit ans", relève Ludovic de Foucaud. La ville, située à 30 kilomètres de la frontière turque, a été l'un des premiers fiefs de l'OEI en janvier 2014, avant de passer, deux ans plus tard, sous le giron des Forces démocratiques syriennes (FDS). Depuis juillet 2018, elle est contrôlée par un conseil militaire composé de combattants arabes et kurdes.

Le ministère a ajouté que la police militaire russe "mène des patrouilles aux frontières nord-ouest de la région, le long de la ligne de contact" entre les forces syriennes et turques.

L'envoyé spécial russe pour la Syrie, Alexandre Lavrentiev, a expliqué que Moscou ne permettrait pas des affrontements entre les armées turque et syrienne. De tels affrontements "ne sont dans l'intérêt de personne et seraient inacceptables", a-t-il déclaré, cité par l'agence publique Tass depuis Abu Dhabi, où le président russe Vladimir Poutine est en déplacement mardi.

Rencontre Poutine Erdogan

Ce dernier a reçu un appel téléphonique de son homologue turc et a profité de l'occasion pour se plaindre de la situation humanitaire à la frontière turco-syrienne, a déclaré mardi soir le Kremlin.

Vladimir Poutine a souligné la nécessité d'éviter que les forces turques et l'armée syrienne entrent en conflit dans le nord-est de la Syrie. Le Kremlin a également indiqué que Vladimir Poutine a dit à Recep Tayyip Erdogan que le fait que les combattants de l'OEI maintenus en détention par les forces kurdes tentaient de profiter du chaos pour s'enfuir était inacceptable.

Le Kremlin a par ailleurs annoncé dans un communiqué que Recep Tayyip Erdogan avait accepté l'invitation émise par Vladimir Poutine de se rendre dans les prochains jours en Russie pour des discussions urgentes.

L'offensive turque a provoqué un tollé international et le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir à nouveau mercredi. Le Canada a pour sa part annoncé mardi la suspension temporaire de "nouveaux permis d'exportation vers la Turquie", essentiellement de matériel militaire.

Avec AFP et Reuters

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