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Débat démocrate : Elizabeth Warren, nouvelle cible favorite de ses concurrents

Bernie Sanders, Joe Biden et Elizabeth Warren sur scène dans l'Ohio, le 15 octobre 2019.
Bernie Sanders, Joe Biden et Elizabeth Warren sur scène dans l'Ohio, le 15 octobre 2019. Shannon Stapleton, Reuters

La sénatrice progressiste Elizabeth Warren, désormais au coude-à-coude avec Joe Biden dans la course aux primaires démocrates, était au cœur des attaques des candidats réunis sur scène dans l'Ohio, mardi soir, pour un quatrième débat.

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correspondante à Washington

En politique, la popularité s'accompagne inévitablement d'une volée de critiques. Mardi 15 octobre, sur les 12 candidats aux primaires démocrates sur scène, c'est Elizabeth Warren (23,4 % des intentions de vote, selon la dernière moyenne de Real Clear Politics) qui a été le plus attaquée. Un signe que la sénatrice du Massachusetts, qui fait campagne très à gauche, est désormais prise au sérieux par ses concurrents au même titre que le favori Joe Biden (29,4 % d'intentions de vote en moyenne).

Sans surprise, c'est sur le dossier de la santé que la sénatrice du Massachusetts a été prise pour cible en premier. Sa collègue centriste Amy Klobuchar, très en forme mardi soir, lui a reproché son manque d'honnêteté quant à la hausse d'impôts liée à sa promesse d'assurance santé publique universelle. Elizabeth Warren, qui se vante d'avoir "un plan" pour chaque problème, s'est en effet entêtée à ne pas parler de taxes mais de "coûts" globaux, qui n'augmenteraient que pour les plus riches. "Bernie (Sanders) a été honnête en admettant que les taxes allaient augmenter. Désolée Elizabeth mais vous, vous n'avez pas dit ça", a regretté Amy Klobuchar. "La différence entre un plan et une chimère, c'est sa mise en application", a-t-elle raillé.

"Personne ne veut protéger les milliardaires"

La même sénatrice Amy Klobuchar a redoublé ses attaques un peu plus tard au sujet de la taxe sur les super riches prônée par l'ex-professeure de Harvard, qui accusait ses collègues réticents de vouloir "soutenir les milliardaires". "Personne sur cette scène ne veut protéger les milliardaires, pas même le milliardaire ici présent", a répondu Amy Klobuchar, en référence au financier Tom Steyer qui participait pour la première fois à un débat démocrate. "Nous avons simplement des approches différentes", a-t-elle continué. "Cela ne veut pas dire que l'on ne se bat pas pour les gens ordinaires."

Kamala Harris, désormais en cinquième position dans les sondages, s'en est également prise à Elizabeth Warren. Elle lui a reproché de ne pas l'avoir soutenue dans son appel à suspendre le compte Twitter du président Donald Trump. "Je ne veux pas le pousser hors de Twitter mais de la Maison Blanche", a répondu Elizabeth Warren, calme et imperturbable. "Si on veut parler sérieusement de démanteler les grandes entreprises de la tech, alors il faut se pencher sur le financement de nos campagnes", a-t-elle taclé. Et de promettre, contrairement à d'autres, de ne jamais accepter d'argent des Gafa, de Wall Street ou des grandes entreprises pharmaceutiques.

L'impeachment fait l'unanimité

D'autres sujets ont plutôt fait l'unanimité chez les concurrents démocrates. En premier lieu, l'enquête en vue de la mise en accusation (impeachment) de Donald Trump. "Parfois, certaines questions dépassent la politique", a résumé Elizabeth Warren. "Donald Trump est le président le plus corrompu de notre histoire", a abondé Bernie Sanders, tout en mettant en garde son camp : "Ce serait un désastre si le peuple américain pensait que tout ce que nous faisons est de nous en prendre à Donald Trump." Joe Biden, lui, a estimé que les démocrates n'avaient "pas d'autre choix que d'avancer" dans la procédure.

Alors que son nom est cité dans l'affaire ukrainienne – il est accusé par le camp Trump d'avoir fait pression pour éviter une enquête pour corruption à son fils qui travaillait pour une compagnie gazière ukrainienne –, l'ex-vice-président s'est défendu. "Mon fils n'a rien fait de mal. Et moi non plus", a-t-il assuré avant de rebondir : "Ce que nous devons faire désormais c'est nous concentrer sur Donald Trump. Il ne veut pas que je sois le candidat démocrate (...) parce qu'il sait que je le battrai à plates coutures" en 2020.

Sur la Syrie, Tulsi Gabbard se démarque

Discret dans la première partie du débat, Joe Biden s'est montré plus vocal par la suite. Retirer les soldats américains et abandonner les Kurdes en Syrie est "la chose la plus honteuse qu'un président américain ait faite dans l'histoire moderne en politique étrangère", a tancé le candidat. Une position partagée par ses rivaux, à l'exception de Tulsi Gabbard qui a fustigé ceux qui ont soutenu cette "guerre visant à renverser le régime en Syrie".

Les critiques de cette représentante de Hawaï controversée s'inquiètent de la voir reprendre la position et le vocabulaire de Moscou et de Damas. "Vous avez complètement tort", lui a répondu le jeune candidat Pete Buttigieg, vétéran de l'armée comme elle. "Le massacre en cours en Syrie n'est pas le résultat de la présence américaine, c'est la conséquence du retrait et d'une trahison par ce président des alliés américains et des valeurs américaines."

L'âge et la santé

Ce quatrième débat a enfin permis d'aborder de front la question de l'âge et de l'état de santé des candidats. En premier lieu Bernie Sanders, 77 ans, qui a suspendu sa campagne ces dernières semaines après une crise cardiaque. Le candidat socialiste a tenu à rassurer et a remercié avec émotion ses collègues sur scène pour leur soutien. La presse américaine rapportait mardi soir qu'il allait désormais bénéficier du soutien officiel de la superstar démocrate, Alexandria Ocasio-Cortez.

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