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La justice italienne autorise le prêt des œuvres de Léonard de Vinci au Louvre

"L'Homme de Vitruve", de Léonard de Vinci.
"L'Homme de Vitruve", de Léonard de Vinci. AFP (archives)

La justice italienne a autorisé mercredi le prêt de plusieurs œuvres de Léonard de Vinci au musée du Louvre, dont "L'Homme de Vitruve", qu'une association de défense du patrimoine ne voulait pas voir sortir du territoire italien.

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L'affaire se termine bien pour le Louvre. La justice italienne a autorisé, mercredi 16 octobre, le prêt de plusieurs œuvres de Léonard de Vinci au musée parisien, dont "L'Homme de Vitruve". Cette décision permet au musée d'accueillir tous les chefs-d'œuvre de l'artiste attendus dans la capitale française pour la grande exposition qui va lui être consacrée. Une association de défense du patrimoine ne voulait pas que le célèbre dessin "L'Homme de Vitruve" quitte l'Italie.

"À présent, la grande opération culturelle italo-française des deux expositions sur Léonard à Paris et Raphaël à Rome peut démarrer", s'est félicité sur Twitter le ministre italien de la Culture, Dario Franceschini.

Refus pas "suffisamment fondé"

Le tribunal administratif de Vénétie (nord-est de l'Italie) a rejeté le recours formé par l'association Italia Nostra, estimant que sa requête "n'était pas suffisamment fondée", ouvrant ainsi la voie au prêt des œuvres à la France.

>> À voir : Léonard de Vinci à Amboise, le crépuscule d'un génie

Le tribunal a fait valoir que le choix du gouvernement italien de prêter les œuvres, dans le cadre d'un accord conclu avec Paris, procédait de "l'importance mondiale exceptionnelle de l'exposition, l'aspiration du pays à maximiser le potentiel de son patrimoine", ainsi que "la valeur de la coopération et des échanges entre États".

Saisi par Italia Nostra, qui estime que la sortie du territoire de "L'Homme de Vitruve" viole le code des biens culturels italien, le tribunal avait suspendu la procédure de prêt le 8 octobre.

Dans sa décision, la juridiction administrative avait aussi suspendu l'accord signé fin septembre à Paris entre le ministère italien de la Culture et le Louvre pour l'échange d'œuvres de Léonard de Vinci et du peintre Raphaël.

En vertu de cet accord signé par Dario Franceschini et son homologue français Franck Riester, Rome doit prêter au musée parisien cinq œuvres de Léonard de Vinci pour la grande exposition commémorant le cinquième centenaire de la mort du maître de la Renaissance (1452-1519), organisée au Louvre du 24 octobre au 24 février 2020.

Quatre dessins

Outre le célèbre "Homme de Vitruve" conservé à la Galerie de l'Académie à Venise, quatre dessins ("Étude de paysage", "Étude pour l'Adoration des Mages", et deux "Études de panneggio") doivent être prêtées.

De même, des copies de la "Leda" et de la "Bataille d'Anghiari" de la Galerie des Offices à Florence feront le voyage à Paris.

Ces sept œuvres s'ajoutent à treize autres que divers musées italiens ont déjà accepté de prêter, à l'issue de négociations entre musées.

En retour, cinq œuvres de Raphaël – deux peintures et trois dessins –, ainsi que deux études au dessin de Giovan Francesco Penni, qui se trouvent toutes au Louvre, seront prêtés à l'Italie pour l'exposition Raphaël qui s'ouvrira au Quirinal, à Rome, en mars prochain.

"Incompréhensible"

Le ministère italien de la Culture avait jugé il y a quelques jours "incompréhensible" la suspension du prêt décidée par le tribunal vénitien.

L'échange a été décidé "selon les règles spécifiques de sauvegarde (des œuvres) édictées par les musées", avait-il fait valoir, se disant confiant quant à la décision finale.

Le précédent gouvernement italien, dans lequel la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini avait un poids prépondérant, avait renâclé à prêter les œuvres et marqué sa mauvaise humeur au sujet de l'exposition du Louvre.

Il avait insisté sur le fait que Léonard de Vinci, mort il y a 500 ans, était d'abord italien, même s'il avait vécu les trois dernières années de sa vie en France à l'invitation du roi François Ier.

À l'époque, la vice-ministre de la Culture, Lucia Borgonzoni, proche de Matteo Salvini, avait affirmé que l'artiste "était un grand Italien, même si un frère de l'autre côté des Alpes voudrait le faire passer pour un Français".

Avec AFP

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