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Primaires démocrates : Hunter, talon d’Achille de son père Joe Biden ?

L'ancien vice-président américain Joe Biden et son fils Hunter lors d'un match de basket-ball à Washington, aux États-Unis, le 30 janvier 2010.
L'ancien vice-président américain Joe Biden et son fils Hunter lors d'un match de basket-ball à Washington, aux États-Unis, le 30 janvier 2010. Jonathan Ernst, Reuters

Donald Trump accuse Hunter Biden, fils de Joe Biden, de corruption dans le cadre de ses activités au sein d'une entreprise ukrainienne. Une affaire qui écorne l'image du candidat à l’investiture démocrate, en chute dans les sondages.

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Le candidat à l’investiture démocrate américaine Joe Biden voit sa campagne bousculée par les condamnations visant les activités professionnelles de son fils en Ukraine. Sous le feu des critiques dans l’affaire ukrainienne, le président Donald Trump accuse Hunter Biden de corruption dans le cadre de ses activités au sein d’une société ukrainienne, Burisma, dont il fut membre du conseil d’administration entre 2014 et 2019.

Tentant de venir en aide à son père, le fils de l’ancien vice-président de Barack Obama s’est exprimé, mardi 15 octobre, sur la chaîne américaine ABC News : "Ai-je fait une erreur ? Eh bien, peut-être oui, dans l’absolu", a-t-il reconnu à demi-mot. "Mais ai-je fait une erreur au sens de l’éthique ? Absolument pas."

Voulant dissiper tout parfum de scandale, son avocat a annoncé que l’ancien financier de 49 ans quitterait le 31 octobre le conseil d'administration d'une entreprise chinoise, BHR Equity Investment Fund Management Company.

"La tactique de Trump est de faire diversion"

"Quand Hunter a poursuivi ses activités professionnelles, il l'a toujours fait en estimant qu'il agissait de manière appropriée et en toute bonne foi. Il n'avait jamais envisagé le tir de barrage d'accusations dénuées de tout fondement contre lui et son père par le président des États-Unis", écrit George Mesires, le conseil du second fils Biden. Enfin, Hunter Biden a également assuré qu’il cesserait toute activité à l’étranger dans le cas où son père serait élu président, rapporte le New York Times.

Pour l’heure, rien ne prouve que l’activité de l’ex-lobbyiste a pu engendrer des irrégularités. Néanmoins, sa présence au sein du conseil d’administration de l’entreprise gazière Burisma en Ukraine, alors même que son père était chargé du dossier ukrainien au sein de l’administration Obama jusqu’en 2016, pose évidemment question.

"Même si cette affaire ne soulève aucun problème légal, le bruit médiatique qui l’entoure peut évidemment nuire à la campagne de Joe Biden. La tactique de Donald Trump est d’abord de faire diversion pour couvrir ses propres manquements", analyse Jacob Maillet, spécialiste de la politique américaine et professeur à l'université Paris Descartes, contacté par France 24.

"50 000 dollars par mois"

Grand producteur privé de gaz, Burisma possède une réputation sulfureuse. La société fondée en 2002 appartient au millionnaire ukrainien Mykola Zlotchevsky, ministre de l’Environnement de 2010 à 2012 sous la présidence du prorusse Viktor Ianoukovitch. Un poste qui permet à l’homme d’affaires de faire prospérer les activités de sa société qui présentait jusqu’alors des rendements modestes. Devenue numéro un privé du secteur, Burisma a hissé Mykola Zlotchevsky à la onzième place du classement des Ukrainiens les plus riches, souligne Le Monde.

Dès lors, quel intérêt pour l’entreprise d’embaucher le fils d’un vice-président américain ? "Je pense que la raison numéro un d'intégrer Hunter Biden au conseil d'administration était de renforcer la réputation de Burisma", explique une source occidentale à Kiev auprès de l’AFP, ajoutant que ses activités dans le groupe ne semblaient pas suspectes en soi : "50 000 dollars par mois (de salaire), c'est le prix à payer pour avoir une bonne réputation."

Après la fuite du président Viktor Ianoukovitch en Russie en 2014 à la suite de manifestations proeuropéennes, Burisma cherche à redorer son image en collaborant ainsi avec Hunter Biden ou encore l’ancien président polonais Aleksander Kwasniewski.

Mais l’arrivée au pouvoir du dirigeant proeuropéen Petro Porochenko signe le début des enquêtes pour corruption au sein du groupe. Mykola Zlotchevsky se retrouve visé par plusieurs investigations, notamment pour blanchiment d’argent. Ces enquêtes sont pilotées depuis l’Ukraine par le procureur général Viktor Chokine, dont Joe Biden exigera le limogeage, l’accusant... de couvrir la corruption de son pays.

Un climat favorable pour Elizabeth Warren

Dès lors, pour Donald Trump et son avocat, l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, Joe Biden aurait surtout voulu protéger son fils d’éventuelles poursuites. Une hypothèse qui peine toutefois à convaincre en Ukraine. Car pour rappel, le départ du procureur général, corrompu notoire, était également exigé par l’Union européenne et la société civile ukrainienne.

"On peut envisager la possibilité que Joe Biden ait couvert son fils, néanmoins il sera très difficile de le prouver", souligne Jacob Maillet. "Pour l’heure, on ne dispose d’aucune preuve d’un entretien entre le candidat démocrate et un officiel ukrainien à ce sujet", précise l'enseignant. Et de poursuivre : "Les logiques d’influence sont très difficiles à prouver. Quand Hunter reçoit des avantages du fait de la position de son père ou inversement, cela reste implicite. On peut lui proposer des contrats en espérant qu’il en touche un mot à son père sans que cela soit clairement dit. On sait qu’il y a des réseaux mais rien n’est officiel."

>> À lire aussi : "Débat démocrate : Elizabeth Warren, nouvelle cible favorite de ses concurrents"

Reste que l’affaire pourrait coûter cher au candidat démocrate rattrapé dans les sondages par l’universitaire Elizabeth Warren (29,4 % pour lui, contre 23,4 % pour elle, selon la dernière moyenne établie par RealClearPolitics). "Entre l’affaire qui bouscule Joe Biden et les problèmes de santé de Bernie Sanders, la sénatrice du Massachussetts pourrait tirer son épingle du jeu", estime Jacob Maillet.

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