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Le roi Mohammed VI gracie Hajar Raissouni, la journaliste condamnée pour avortement illégal

Des manifestants soutenant Hajar Raissouni lors d'une audience de son procès à Rabat, le 9 septembre 2019.
Des manifestants soutenant Hajar Raissouni lors d'une audience de son procès à Rabat, le 9 septembre 2019. Fadel Senna, AFP

Le roi du Maroc, Mohammed VI, a accordé mercredi la grâce à la journaliste Hajar Raissouni, récemment condamnée à un an de prison pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage".

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Soulagement pour les défenseurs du droit à l'avortement. Le roi du Maroc, Mohammed VI, a gracié la journaliste Hajar Raissouni, récemment condamnée à un an de prison pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage", selon un communiqué officiel diffusé mercredi 16 octobre.

>> Au Maroc, la journaliste Hajar Raissouni condamnée à un an de prison pour "avortement illégal"

La jeune femme de 28 ans est sortie de la prison d'El Arjat, près de Rabat, où elle était incarcérée. Son fiancé et le gynécologue, l'anesthésiste et la secrétaire médicale, également condamnés, ont aussi été libérés.

Comme après sa condamnation en août, la reporter du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum, a adressé un signe de la victoire aux médias venus l'attendre à la sortie de la prison. Elle n'a fait aucune déclaration après avoir retrouvé sa famille et ses proches.

"Nous avons vécu dans un enfer (...) Merci Majesté", a déclaré le frère du médecin libéré au site Al Yaoum24, lié au quotidien Akhbar Al-Yaoum.

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"Compassion"

La grâce a été motivée par "la compassion" et le "souci" du roi Mohammed VI de "préserver l'avenir des deux fiancés qui comptaient fonder une famille conformément aux préceptes religieux et à la loi, malgré l'erreur qu'ils auraient commise", a précisé le ministère de la Justice dans un communiqué.

Le souverain a pris sa décision "sans entrer dans le débat souverain que les citoyens marocains mènent sur l'évolution de leur société et dans lequel se sont invités, de façon regrettable, certains étrangers, intellectuels, médias et ONG", a précisé une source gouvernementale à l'AFP.

"La lutte continue"

La nouvelle de la libération d'Hajar Raissouni s'est propagée sur les réseaux sociaux au Maroc et à l'étranger, alors que le mot d'ordre #freehajar était devenu viral depuis son arrestation.

"Enfin, une bonne nouvelle !", "Les combats justes ne laissent pas indifférents", ont commenté les internautes.

"Enfin une décision sage et joyeuse", a écrit sur Twitter Younes Maskine, le directeur de publication du journal Akhbar Al-Yaoum. "La lutte continue contre les lois draconiennes et sexistes", a déclaré la militante féministe Betty Lachgar.

Un procès "politique"

Depuis son arrestation, Hajar Raissouni dénonce un procès "politique" liés à l'engagement de ses proches et de son journal.

Elle dit depuis le début avoir été traitée pour une hémorragie interne, ce que son gynécologue a confirmé devant la justice. Le jeune couple assure aussi s'être fiancé dans un cadre religieux et avoir prévu de se marier mi-septembre, un projet contrecarré par leur arrestation.

Lors du procès, Hajar Raissouni et son fiancé ont été condamnés à un an de prison. Le médecin, un praticien reconnu qui avait autrefois été décoré par le roi, a été condamné à deux ans ferme, avec aussi un an et de huit mois de prison avec sursis pour un anesthésiste et une secrétaire.

Avec AFP

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