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Espagne : nouvelles émeutes à Barcelone, le président catalan condamne les violences

Une voiture brûle lors d'une manifestation indépendantiste à Barcelone, en Espagne, dans la nuit du 16 au 17 octobre 2019.
Une voiture brûle lors d'une manifestation indépendantiste à Barcelone, en Espagne, dans la nuit du 16 au 17 octobre 2019. Jon Nazca, Reuters

Des milliers d'indépendantistes se sont heurtés aux policiers, mercredi, pour la troisième nuit consécutive à Barcelone. Une mobilisation qui intervient après la condamnation lundi de neuf dirigeants catalans.

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Barcelone a vécu sa troisième nuit consécutive d'émeutes. Des militants indépendantistes ont affronté la police, dans la nuit de mercredi 16 à jeudi 17 octobre. Une escalade des violences dénoncée jeudi par les autorités séparatistes de cette région autonome et par son président Quim Torra, qui a toutefois déclaré qu'un nouveau vote aurait lieu pour l'autodétermination de la Catalogne.

Après une marche pacifique de milliers de manifestants à Barcelone, des centaines de jeunes militants en vêtements sombres, masqués et portant des casques de moto, ont dressé et mis le feu à des barricades, incendié des voitures et lancé des pierres et des bouteilles sur la police antiémeute, a constaté un journaliste de l'AFP.

"C'est de l'autodéfense"

Pour la première fois, la police régionale, les Mossos d'Esquadra, a signalé des jets de cocktails Molotov et d'acide. Des manifestants ont également tenté sans succès de tirer des feux d'artifice contre un hélicoptère de la police.

Devant une barricade en feu, de jeunes manifestants masqués criaient : "Ce n'est pas de la violence, c'est de l'autodéfense." Les affrontements se sont étendus à d'autres villes comme Tarragone et Lérida. Les manifestations ont commencé après la condamnation lundi par la Cour suprême de neuf dirigeants indépendantistes à de longues peines de prison pour leur implication dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

>> À lire aussi : "Neuf dirigeants catalans condamnés à des peines de prison par la Cour suprême espagnole"

Une cinquantaine de personnes ont dû recevoir des soins dont 32 rien qu'à Barcelone, ont annoncé les services de secours, après les 125 blessés de la nuit de mardi à mercredi. "Au moins 20 personnes ont été interpellées" dans toute la région, après les 51 de la veille, ont annoncé les Mossos.

"Un groupe d'infiltrés et de provocateurs"

Peu après minuit, le président catalan Quim Torra est intervenu à la télévision pour condamner ces violences, qu'il a attribuées à "un groupe d'infiltrés et de provocateurs". "Nous ne pouvons pas permettre les incidents que nous voyons dans les rues... cela doit s'arrêter immédiatement", a-t-il déclaré quelques heures après que le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez lui avait demandé de "condamner clairement et sans l'excuser le recours à la violence".

Mais "il est normal et il est bon que nous protestions contre une sentence injuste et aberrante", a ajouté Quim Torra.

Plusieurs villes de la région avaient déjà été, mardi, le théâtre de scènes de guérilla urbaine entre policiers et manifestants. Lundi, des milliers de militants avaient tenté de paralyser l'aéroport de Barcelone, se heurtant aux brigades antiémeute qui tiraient des balles de mousse et de caoutchouc.

Une "grève générale" vendredi

La sentence de la Cour suprême a déclenché une vague de protestation bien organisée et mercredi matin, de longues colonnes de manifestants se sont mis en marche depuis cinq villes de cette riche région du nord-est de l'Espagne. Elles doivent converger à Barcelone vendredi, jour de "grève générale" et de manifestation massive.

Pedro Sanchez, qui a consulté dans la journée les chefs des principaux partis politiques, n'a pas annoncé de mesures draconiennes comme les lui réclame l'opposition de droite, à moins d'un mois des élections législatives. Celle-ci parle de reprendre le contrôle des forces de l'ordre actuellement confié à la région autonome, voire de suspendre l'autonomie de la Catalogne comme Madrid l'avait fait après la tentative de sécession.

"Nous allons moduler notre réponse en fonction de l'attitude et des décisions que prendront les responsables" du gouvernement régional catalan, a-t-il dit. Des renforts policiers vont être envoyés cette semaine en Catalogne, a-t-on appris auprès du ministère de l'Intérieur.

Un tournant pour le mouvement séparatiste

La Catalogne est divisée sur la question de indépendance. D'après le dernier sondage publié en juillet par le gouvernement de Quim Torra, 44 % des Catalans y sont favorables et 48,3 % y sont opposés.

Nées de la frustration d'une partie du mouvement indépendantiste, deux ans après l'échec de la tentative de sécession, ces batailles de rue ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste qui se targue d'être non violent. La manifestation de mercredi avait été convoquée par les Comités de défense de la République (CDR), adeptes des actions coup-de-poing, que Quim Torra avait un jour encouragé publiquement à "continuer à mettre la pression".

"Nous avons pris un chemin sans retour", ont proclamé les CDR mercredi dans un communiqué. "Ne tombons pas dans le piège de ceux qui veulent nous démobiliser", ont-ils ajouté, en appelant le gouvernement régional séparatiste à "faire un pas en avant en rompant avec l'État espagnol".

Avec AFP

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