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Mondial de rugby : l'Australien David Pocock ne plaque pas l'écologie

David Pocock mettra un terme à sa carrière internationale à l'issue de la Coupe du monde.
David Pocock mettra un terme à sa carrière internationale à l'issue de la Coupe du monde. Peter Cziborra, Reuters

Redoutable troisième ligne des Wallabies, David Pocock se distingue depuis de longues années par son engagement en faveur de l’environnement. Un combat qu’il mène à la fois en Australie et au Zimbabwe, son pays natal.

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Si la question du bilan carbone des équipes engagées dans des compétitions organisées aux quatre coins du globe se pose pour toutes les disciplines sportives, elle est d'autant plus sensible pour le rugby en raison du gabarit des joueurs. Au niveau international, rares sont désormais les rugbymen qui ne dépassent pas la barre des 100 kilos et le poids total d'une équipe de 31 joueurs, auquel s'ajoute celui de l'encadrement et du matériel d'entrainement ou médical, a de quoi donner le tournis.

Le XV d'Australie, qui affrontera samedi 19 octobre l'Angleterre en quart de finale de la Coupe du monde au Japon, ne déroge pas à la règle. Peu de maigrichons dans ses rangs où l'on trouve même plusieurs avants de plus de 130 kilos. Avec 115 kilos sur la balance, le troisième ligne David Pocock contribue lui aussi à alourdir cette facture écologique. Ce défenseur de l'environnement a donc appelé ses coéquipiers à compenser ce bilan peu reluisant.

"En tant qu'athlète, vous êtes dans une position similaire à celle d'un artiste dans le sens où il n'est pas possible d'éviter les voyages", a récemment déclaré David Pocock, dont les propos ont été rapportés par le quotidien anglais The Guardian. Ce joueur expérimenté des Wallabies s’est engagé, avec plusieurs de ses coéquipiers, à compenser son empreinte carbone en collaborant avec le collectif FEAT., composé d’artistes et de sportifs, qui récolte des fonds destinés à financer une ferme solaire située dans le Queensland.

"J'ai juste présenté aux gars le projet de FEAT., je leur ai donné une idée de ce que représentent les émissions [de gaz à effet de serre] des Wallabies cette année et je leur ai suggéré que nous, en tant qu'équipe, investissions un montant similaire en énergie renouvelable", a raconté David Pocock. Interrogé sur le résultat de cette démarche, le musculeux troisième ligne australien a expliqué que "comme dans toutes les catégories de la société, certains joueurs ont montré de l'intérêt pour le sujet alors que d'autres ne voient pas vraiment son utilité".

Retraite internationale

L’initiative de David Pocok n'a rien d'étonnant au vu de son passé de militant écologiste. En 2014, il avait choisi de participer à une action contre l'implantation d'une mine de charbon en Nouvelle-Galles du Sud, dans l'est de l'Australie. Aux côtés d'un ami et de sa compagne Emma, ils s'étaient menottés à un engin pour bloquer le chantier. Après un bref passage par un poste de police local, il avait retrouvé sa liberté. Une action peu appréciée par la Fédération australienne de rugby, qui lui avait alors adressé un rappel à l'ordre.

Pour autant, David Pocock ne s'est jamais gardé d'exprimer ses vues. Il sait que son statut de célébrité sportive lui permet de peser sur la vie politique australienne. Lui et sa compagne ont ainsi choisi de ne pas se marier tant que les homosexuels n'auraient pas le droit de faire de même sur le sol australien [la loi légalisant cette union a été adoptée en décembre 2017]. Une position aux antipodes de son ancien partenaire de sélection Israel Folau, limogé par la Fédération australienne en mai 2019 en raison de ses propos homophobes.

David Pocock a finalement épousé Emma en décembre 2018, postant ensuite sur Instagram les images d'une cérémonie très minimaliste célébrée au pied d'un arbre dans le bush australien. Le couple poursuit son combat écologique et a notamment publié un livre, "In Our Nature", proposé à la vente sur le site Internet de David Pocock, et dont les bénéfices sont destinés à financer différentes actions de préservation de l'environnement.

Certaines d'entre elles concernent la terre natale de David Pocock, le Zimbabwe, où il s’est notamment engagé en faveur de la préservation des rhinocéros. Ses parents étaient fermiers avant d'être chassés par la réforme agraire du gouvernement Mugabe au début des années 2000. Après un bref passage en Afrique du Sud, les Pocock s'installent en 2002 à Brisbane. Six ans plus tard, David Pocock, âgé de seulement 20 ans, obtenait sa première sélection chez les Wallabies.

Il en a décroché 81 de plus au cours des années suivantes, parfois en tant que capitaine, et s'est affirmé comme un joueur rugueux et combatif. Et la 83e pourrait être sa dernière si l’Angleterre élimine samedi l’Australie. Âgé de 31 ans, David Pocock a en effet annoncé la fin de sa carrière internationale et il ne devrait pas tarder à raccrocher les crampons. Il aura alors beaucoup plus de temps pour poursuivre son action en faveur de la défense de l'environnement.

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