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Offensive turque en Syrie : Le Drian en Irak pour évoquer le sort des jihadistes français

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian (archives).
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian (archives). Stéphane Mahé, Reuters

Jean-Yves Le Drian s'est rendu jeudi à Bagdad pour évoquer le sort des jihadistes français. Lors d'une conférence de presse, les autorités irakiennes se sont montrées très prudentes sur la question.

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Alors que l'offensive turque lancée le 9 octobre contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) dans le nord de la Syrie fait craindre des évasions de jihadistes étrangers détenus par les Kurdes syriens, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s'est rendu jeudi 17 octobre en Irak pour des discussions.

Le chef de la diplomatie française a notamment évoqué la création dans ce pays d'un "dispositif" international pour juger les jihadistes de l’organisation État islamique.

Peu d'enthousiasme de Bagdad

Lors d'une conférence de presse conjointe avec Jean-Yves Le Drian, le ministre irakien des Affaires étrangères, Mohamed alHakim, n'a pas manifesté un grand enthousiasme, soulignant quela priorité de Bagdad est de rapatrier les djihadistes irakiens et leurs familles "si c'est possible". "En ce qui concerne les combattants étrangers, les pays concernés doivent prendre des mesures nécessaires et appropriées pour les juger", a-t-il ajouté.

La France travaille néanmoins à la mise en place d'un "mécanisme juridictionnel adapté" pour que ses quelque 300 ressortissants adultes détenus en Syrie, dont une soixantaine de combattants, puissent être jugés en Irak, a déclaré Jean-Yves Le Drian pendant la conférence de presse.

Les pays européens ne veulent pas juger leurs ressortissants par crainte de la réaction de leurs opinions publiques, mais aussi pour des problèmes de compétence des tribunaux et de difficulté à recueillir des preuves des crimes commis sur le théâtre syro-irakien.

Les Européens, premiers concernés par les risques d'attentats, craignent aussi pour leur sécurité si les Kurdes, engagés face aux Turcs, ne peuvent plus tenir les camps de jihadistes prisonniers situés dans l'extrême nord-est de la Syrie, près de la frontière turque.

Environ 12 000 combattants du groupe État islamique, dont 2 500 à 3 000 étrangers, sont détenus dans les prisons sous contrôle des Kurdes, selon des chiffres de sources kurdes. Et les camps de déplacés du Nord-Est syrien accueillent environ 12 000 étrangers, 8 000 enfants et 4 000 femmes.

Fuite de 800 proches de jihadistes

Les autorités kurdes avaient annoncé dimanche la fuite de près de 800 proches de jihadistes étrangers du groupe État islamique d'un camp de déplacés du nord du pays. De leur côté, les États-Unis ont déclaré mardi ne pas avoir "constaté à ce stade d'évasion majeure" de prisonniers du groupe jihadiste, revenant sur des affirmations du ministre américain de la Défense, Mark Esper, qui avait fait état la veille de la "libération de nombreux détenus dangereux".

En sept jours, 71 civils, 158 combattants des FDS ainsi que 128 combattants proturcs ont été tués, d'après l'OSDH. Ankara a déploré la mort de six soldats en Syrie ainsi que de 20 civils par des tirs de roquettes des combattants kurdes sur des villes turques.

De plus, l'offensive a provoqué l'exode de 160 000 personnes dans le nord de la Syrie, d'après l'ONU, alors que le Conseil de sécurité s'est inquiété mercredi "du risque de dispersion" des jihadistes retenus prisonniers dans le nord-est de la Syrie, sans toutefois réclamer la fin de l'offensive militaire turque contre les Kurdes.

Avec AFP

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