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Deux femmes dans l'espace : "Un symbole qui pourrait inspirer les générations futures"

Les astronautes américaines Christina Koch et Jessica Meir sont sorties ensemble de la Station spatiale internationale (ISS) pour remplacer un équipement électrique.
Les astronautes américaines Christina Koch et Jessica Meir sont sorties ensemble de la Station spatiale internationale (ISS) pour remplacer un équipement électrique. HO, Nasa, AFP

Pour la première fois dans l'histoire de l'exploration spatiale, deux Américaines ont fait une sortie dans l’espace pour effectuer une réparation sur la station internationale alors que la profession est encore majoritairement dominée par les hommes.

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Deux astronautes américaines, Christina Koch et Jessica Meir ont effectué, vendredi 18 octobre, une sortie dans l’espace… sans homme. Une première depuis le début, il y a 60 ans, de l'histoire spatiale historiquement dominée par les hommes.

Les deux astronautes sont sorties ensemble de la Station spatiale internationale (ISS), pour remplacer un système de recharge des batteries électriques datant de l’an 2000 et situé à plus de 400 kilomètres au-dessus de la Terre. La sortie, qui a débuté à 11 h 38 GMT et devait se poursuivre sur près de six heures, a été diffusée en direct sur le site de la Nasa, l’Administration nationale de l’aéronautique et de l’espace.

Plus expérimentée, Christina Koch, 40 ans, est sortie la première, flottant dans son encombrante combinaison blanche, suivie de Jessica Mair, biologiste marine de 42 ans. La première, armée de clés à molette et d'un tournevis électrique, s'est arrimée au bras articulé de la station pour aller chercher l'unité de rechange stockée plus loin sur la station. Des images aussi bien applaudies par la communauté scientifique que par le président Donald Trump qui a salué, depuis la Maison Blanche, deux "femmes très courageuses".

Un modèle pour les générations futures

Christina Koch et Jessica Meir ont survolé dans la journée le Moyen-Orient, a indiqué, depuis la salle de contrôle à Houston, une ancienne astronaute, Stephanie Wilson, en communication avec elles. Au-delà de la prouesse technologique, "cette sortie spatiale envoie un message très fort et pourrait inspirer les générations futures de femmes", espère Miho Janvier, astrophysicienne à l'Institut d'astrophysique spatiale contactée par France 24.

Pour rappel, la première sortie spatiale entièrement réalisée par des femmes devait initialement avoir lieu en mars, mais la Nasa avait dû l’annuler en raison d’une pénurie de combinaisons de taille moyenne. Un contretemps qui avait suscité une vague d’indignation à travers le monde. Nombre d’internautes avaient vu à travers ce couac de dernière minute l’héritage d’une imperturbable domination masculine. "Faites une autre combinaison", avait lapidairement exigé Hillary Clinton sur Twitter. Au final, un coéquipier masculin, Nick Hague, avait dû remplacer l’astronaute Anne McClain, faute de combinaison de la taille M.

"Un monde taillé par et pour les hommes"

"Cette histoire montre qu’on vit dans un monde qui est principalement taillé par et pour les hommes. C’est un problème fondamental qu’on ne retrouve pas uniquement dans la recherche spatiale, mais aussi dans les sciences en général et dans tous les aspects de la vie quotidienne", estime Miho Janvier qui se dit aujourd’hui "émue" par cette sortie exclusivement féminine.

Historiquement, les équipements spatiaux ont été conçus et testés pour des hommes, considérés plus aptes car plus forts physiquement et plus grands, ce qui faciliterait les manipulations d'outils nécessaires pour réparer les équipements en apesanteur.

Si certaines astronautes ont depuis marqué l’histoire de la conquête spatiale comme la pionnière russe Valentina Terechkova en 1963 ou l’Américaine Sally Ride en 1983, l’espace reste encore majoritairement exploré par les hommes. Moins de 11 % des quelque 500 astronautes qui ont voyagé en orbite sont des femmes, souligne The Guardian. L’écrasante majorité sont des Américaines, mais la France, la Russie, la Chine, la Corée du Sud, le Royaume-Uni, le Canada ou encore le Japon ont également envoyé quelques astronautes féminines dans l’espace.

Reste que cette féminisation progresse "lentement" et peine à briser le "plafond de verre", regrette l’astrophysicienne. "On trouve aussi bien des hommes que des femmes dans l’équipe de scientifiques et d’ingénieurs chargés de travailler sur les équipements d’une sonde. Mais les postes décisionnels ou de représentation, eux, restent évidemment masculins."

Une première femme sur la Lune

Preuve que des vocations émergent pourtant chez les nouvelles générations, la dernière promotion d’astronautes de la Nasa, sélectionnée en 2013 et dont sont issues Christina Koch et Jessica Meir, était composée pour moitié de femmes. "Nous voulons que l’espace soit accessible à tout le monde, et ce jour marque une nouvelle étape dans cette évolution", a déclaré, vendredi, Jim Bridenstine, l’administrateur de la Nasa. "J'ai une fille de 11 ans, je veux qu'elle ait les mêmes opportunités que moi lorsque j'étais jeune", a-t-il poursuivi.

Voulant montrer l’exemple, la Nasa assure que le prochain voyage dans la Lune, prévu pour 2024, comptera une femme dans son équipe spatiale. "Une mesure aujourd’hui essentielle", souligne Miho. "Il y a 50 ans, personne n’avait bronché sur le fait qu’il n’y avait que des hommes lors de la conquête lunaire. Aujourd’hui, la Nasa ne peut évidemment plus fermer les yeux."

Lancée par Donald Trump, la mission Artémis 3 prévoit d’envoyer deux astronautes marcher sur le satellite de la Terre, pour la première fois depuis 1972. Et si l’équipe lunaire comptait non pas une mais deux femmes ? Une hypothèse qui reste "possible", soutient la Nasa. "Un symbole important" mais qui "gagnerait en force si l’on choisissait des femmes issues de la diversité ethnique, qui plus est pour une terre d’immigration comme les États-Unis", conclut la chercheuse.

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