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Manifestation massive des indépendantistes à Barcelone contre la condamnation de leurs dirigeants

Des manifestants catalans brandissent des drapeaux indépendantistes lors de la grève générale en Catalogne, à Sant Just Desvern, le 18 octobre 2019.
Des manifestants catalans brandissent des drapeaux indépendantistes lors de la grève générale en Catalogne, à Sant Just Desvern, le 18 octobre 2019. Juan Medina, Reuters

Après plusieurs nuits de violences, des centaines de milliers d'indépendantistes catalans ont manifesté vendredi dans les rues de Barcelone contre la condamnation de leurs dirigeants par la justice espagnole.

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Jour de grève générale à Barcelone. Quelque 525 000 personnes, selon la police municipale, ont manifesté vendredi 18 octobre contre la condamnation des dirigeants indépendantistes catalans à de longues peines de prison par la justice espagnole pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017.

Théâtre la veille de nouveaux heurts entre manifestants et policiers, l'avenue chic du Paseo de Gracia était noyée sous une marée humaine jaune, rouge et bleu, les couleurs du drapeau indépendantiste.

Avec pour mot d'ordre "Liberté", des colonnes de dizaines de milliers de séparatistes, parties mercredi de cinq villes de la région, ont convergé dans la métropole pour cette manifestation monstre.

"Cela fait des années que nous revendiquons (l'indépendance) avec beaucoup de patience et nous espérons que (cette mobilisation) sera le détonateur pour que la situation change", a déclaré David Blanco, un agent commercial de 56 ans.

En début de soirée, le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé qu'il avait donné son feu vert à l'envoi de renforts de la garde civile dans la périphérie de Barcelone, pour participer au maintien de l'ordre dans la ville et permettre aux forces de police déjà présentes sur place de se reposer.

Au cinquième jour des protestations contre les lourdes peines de neuf à 13 ans de prison infligées lundi à leurs dirigeants pour la tentative de sécession de 2017, les indépendantistes ont aussi organisé une grève générale dont les effets étaient manifestes dans la ville et dans cette riche région pesant un cinquième du PIB espagnol.

Barcelone à l'arrêt, le Clasico reporté

À Barcelone, la célèbre basilique de la Sagrada Familia a dû fermer ses portes tandis que l'opéra du Liceu a annulé sa représentation vendredi. La majeure partie des stands du marché de la Boqueria, très prisé par les touristes, et de nombreux commerces étaient fermés.

Selon les autorités, 57 vols ont été annulés à l'aéroport, tandis que plusieurs routes ont été coupées, dont l'autoroute AP7 conduisant vers la France.

Le constructeur automobile Seat, qui emploie plus de 6 500 personnes, a mis à l'arrêt son usine de Martorell près de Barcelone.

Les troubles en Catalogne ont aussi entraîné le report par la fédération de football du "Clasico" du 26 octobre entre le Barça et le Real Madrid, une des rencontres les plus visionnées sur la planète.

Un tournant pour le mouvement séparatiste

Cette journée de mobilisation a été précédée par une nouvelle nuit de violences à Barcelone.

Des centaines de jeunes ont érigé jeudi soir des barricades enflammées et jeté des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué en tirant des balles en mousse.

>> À lire : "'Tsunami démocratique', l’obscur mouvement qui mobilise les indépendantistes catalans"

Mardi et mercredi, la ville avait déjà vécu ces scènes de guérilla urbaine après de premiers heurts lundi au moment du blocus de l'aéroport par quelque 10 000 manifestants.

Selon la police, plus de 110 personnes ont été interpellées depuis le début de la semaine, dont 16 jeudi soir.

Nées de la frustration d'une partie de la base indépendantiste, deux ans après l'échec de la tentative de sécession de 2017, ces violences ont marqué un tournant pour le mouvement séparatiste qui s'est toujours targué d'être non violent.

Vendredi, la tension restait palpable avec un hélicoptère survolant constamment Barcelone et quelques échauffourées entre police et militants près d'un commissariat.

Avec AFP

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