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Au Liban, des milliers de manifestants se révoltent contre une hausse des taxes

Mohamed Azakir, Reuters
Mohamed Azakir, Reuters Un manifestant brandit le drapeau libanais lors d'une manifestation contre la dégradation de la situation économique à Beyrouth, le 17 octobre 2019.

Des milliers de Libanais sont descendus dans les rues de Beyrouth et dans plusieurs grandes villes du pays, jeudi soir, pour manifester contre une hausse de taxes et la classe politique. Une grève générale a été décrétée pour vendredi.

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Des milliers de manifestants libanais sont sortis dans la rue dans plusieurs dizaines de villes du pays du Cèdre, jeudi 17 octobre au soir, pour exprimer leur colère contre la classe politique et une hausse des taxes décidée par le gouvernement libanais. Une mobilisation spontanée sur fond d'aggravation de la situation économique, et de craintes d'une dévaluation et d'une pénurie de dollars sur les marchés de change.

Dans le centre de Beyrouth, près du siège du gouvernement, mais aussi dans la banlieue sud, ou dans d'autres grandes villes du pays comme Tyr (sud) ou Tripoli (nord), les manifestants ont brandi des drapeaux libanais, chanté l'hymne national et scandé "le peuple réclame la chute du régime", brûlant parfois des pneus et coupant des axes routiers. Des permanences de plusieurs députés ont également été la cible des manifestants, et les forces de l’ordre ont fait à plusieurs reprises usage de gaz lacrymogènes.

Le président Michel Aoun a annoncé qu’une réunion du gouvernement aurait lieu ce vendredi au palais présidentiel de Baabda afin de discuter de ces évènements.

De son côté, le ministère de l’Éducation a annoncé, jeudi soir, la fermeture des écoles publiques et privées ainsi que des universités vendredi, "en raison de la situation actuelle du pays", alors que des appels à la grève générale ont été lancés par les principaux syndicats.

Le ras-le-bol vise la sphère politique, accusée de corruption, de clientélisme et d'affairisme dans un pays aux infrastructures en déliquescence et où les citoyens se plaignent de la cherté de la vie et de la faiblesse des services publics.

Plus récemment, sur les réseaux sociaux, les internautes libanais avaient dénoncé le fait que les autorités n'ont pu faire usage d'hélicoptères acquis en 2009 pour lutter contre des incendies qui ont ravagé le pays en raison d’un manque de fonds pour la maintenance des appareils.

Une situation économique critique

C’est dans ce contexte que les manifestants excédés par la décision du gouvernement du Premier ministre Saad Hariri à imposer une taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie Internet sont sortis dans la rue.

Le ministre de l'Information Mohammad Choucair a annoncé dans la soirée que le gouvernement renonçait à cette taxe, sans que cette annonce ne calme les manifestants qui sont restés dans la rue tout au long de la nuit. Plus tôt jeudi il avait expliqué que les usagers seraient facturés 20 centimes de dollar (18 centimes d'euro) pour chaque appel effectué via des services tels que Whatsapp et Viber.

Mercredi soir, le gouvernement avait déjà approuvé une hausse des taxes sur le tabac, d'après l'agence de presse libanaise ANI.

Le Parlement a adopté en juillet un budget d'austérité pour 2019 qui doit permettre de faire reculer de quatre points le déficit. La dette publique culmine à plus de 86 milliards de dollars, soit plus de 150 % du PIB.

Beyrouth s'était engagé en avril 2018 à engager des réformes lors d'une conférence internationale en contrepartie de promesses de prêts et de dons d'un montant total de 11,6 milliards de dollars.

Avec AFP

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