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Erdogan menace de reprendre l'offensive si les Kurdes ne se retirent pas du Nord-Est syrien

Des soldats turcs se tiennent debout sur un tank sur une route proche de la frontière turco-syrienne près de Ceylanpinar, le 18 octobre 2019.
Des soldats turcs se tiennent debout sur un tank sur une route proche de la frontière turco-syrienne près de Ceylanpinar, le 18 octobre 2019. Stoyan Nenov, Reuters

Le président Recep Tayyip Erdogan a averti, vendredi, que l'offensive turque reprendrait dans le Nord-Est syrien dès mardi soir si les forces kurdes ne se retiraient pas du secteur, comme prévu dans l'accord de trêve de jeudi.

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Cessez-le-feu fragile dans le nord-est de la Syrie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé, vendredi 18 octobre, que l'offensive militaire reprendra si les soldats kurdes ne se retirent pas du secteur.

"Si les promesses sont respectées d'ici mardi soir, la question de la zone de sécurité aura été résolue. Faute de quoi, l'opération 'Source de paix' reprendra dès que le délai de 120 heures expirera", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Aux termes d'un accord arraché jeudi par le vice-président américain, Mike Pence, lors d'une visite à Ankara, la Turquie a accepté de suspendre pour cinq jours son offensive lancée le 9 octobre, et d'y mettre fin si les forces kurdes des YPG, considérées comme "terroristes" par Ankara, se retirent pendant cette période des zones frontalières de la Turquie dans le nord-est de la Syrie.

"Nous avons fixé une limite : 120 heures, à l'expiration desquelles cette région doit être nettoyée des groupes terroristes", a ajouté Recep Tayyip Erdogan. L'accord prévoit aussi la mise en place d'une "zone de sécurité" de 32 km de largeur en territoire syrien.

Le président turc a répété vendredi que cette zone devrait "s'étendre en longueur sur 444 km" et pas seulement dans les zones dont les forces turques ont déjà pris le contrôle en territoire syrien, à savoir 120 km entre les localités de Tal Abyad et Ras al-Aïn.

Il a aussi affirmé qu'une partie des quelque 3,6 millions de réfugiés syriens vivant en Turquie seraient installés dans cette "zone de sécurité".

Afin d'héberger ces réfugiés "nous prévoyons d'y construire 140 villages avec 5 000 habitants pour chaque village et 10 districts avec une population de 30 000 pour chaque district", a affirmé Recep Tayyip Erdogan. Il a en outre assuré que la Turquie n'avait pas l'intention de rester indéfiniment dans le nord de la Syrie. "Nous n'avons pas l'intention d'y rester, c'est hors de question."

"C'est une folie de faire ce que les Turcs sont en train de faire"

Une intervention turque en Syrie sur laquelle le président français Emmanuel Macron est revenu vendredi à l'issue d'un Conseil européen à Bruxelles. L'offensive militaire contre les alliés kurdes de la coalition anti-organisation État islamique est une "faute lourde" de l'Occident et de l'Otan, a estimé le chef de l'État, épinglant au passage la "folie" d'Ankara qui sera "complice" en cas de résurgence du groupe jihadiste.

"Je considère que ce qui s'est passé depuis plusieurs jours est une faute lourde de l'Occident et de l'Otan dans la région et cela affaiblit notre crédibilité pour trouver des partenaires sur le terrain qui se battront à nos côtés en pensant qu'ils sont protégés durablement et ça interroge aussi le fonctionnement de l'Otan", a-t-il dit.

La question de l'intervention militaire de la Turquie, membre de l'Otan, fera l'objet "dans les prochaines semaines" d'une rencontre à quatre, "sans doute à Londres", avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson, a également annoncé Emmanuel Macron.

"Il est important de nous réunir et nous coordonner entre les trois Européens et la Turquie", a ajouté le président français. "Il faut essayer de voir où la Turquie veut aller et comment la ramener à des positions plus raisonnables qui permettent d'articuler sa sécurité intérieure avec le respect de nos agendas et la juste solidarité qu'il y a au sein de l'Otan."

"Je ne peux que constater aujourd'hui dans la région que ceux qui sortent gagnants, par la loi du plus fort, c'est la Turquie, la Russie et l'Iran, je ne suis pas sûr que c'était l'élément stratégique le plus pertinent pour l'Europe et les États-Unis", a-t-il estimé. "C'est une folie de faire ce que les Turcs sont en train de faire."

"C'est une demande de capitulation des Kurdes"

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a estimé pour sa part vendredi que la trêve négociée par les États-Unis avec la Turquie n'était pas un réel "cessez-le-feu" mais une "capitulation" demandée aux Kurdes.

"La situation est assez évidente. Ce prétendu 'cessez-le-feu' n'est pas ce à quoi nous nous attendions. En fait, ce n'est pas un cessez-le-feu, c'est une demande de capitulation pour les Kurdes", a-t-il déclaré, à l'issue d'une réunion des dirigeants de l'Union européenne à Bruxelles.

Le président du Conseil européen a aussi appelé la Turquie à mettre fin "immédiatement" à son intervention militaire.

Mettre en œuvre un cessez-le-feu dans le Nord-Est syrien "prendra du temps", a déclaré quant à elle une porte-parole de la Maison Blanche.

Avec AFP

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