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Le Venezuela au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, une "victoire" pour Maduro

Nicolas Maduro le 5 octobre 2019 à Caracas.
Nicolas Maduro le 5 octobre 2019 à Caracas. Reuters via présidence vénézuélienne

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU va accorder un siège au Venezuela après un vote tenu jeudi. Le président Nicolas Maduro crie victoire tandis que l'opposition vénézuélienne et plusieurs pays expriment leur indignation.

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Le Venezuela a obtenu jeudi 17 octobre un siège au Conseil des droits de l'Homme pour la période 2020-2022, lors d'une élection organisée par l'Assemblée générale des Nations unies.

Caracas, qui a qualifié d'"importante réussite" son élection, a remporté 105 voix lors de ce scrutin marqué par des applaudissements à l'annonce du résultat du Venezuela. Une majorité de 97 voix sur les 193 membres des Nations unies était nécessaire pour l’emporter.

Fin septembre, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU avait décidé de créer un groupe d'experts chargés d'enquêter sur les violations des droits humains commises au Venezuela depuis 2014, une initiative qualifiée d'"hostile" par Caracas.

"Victoire"

"Victoire à l’ONU ! Avec 105 votes en sa faveur, le Venezuela fait son entrée au Conseil des droits de l'Homme des Nations unies en tant que pays libre et souverain", s'est félicité sur Twitter le chef de l’État Nicolas Maduro.

À l'inverse, l'opposant Juan Guaido, reconnu comme président par intérim du Venezuela par une cinquantaine de pays, a jugé que l'ONU a permis à "la dictature de Maduro de prendre place dans un siège baigné de sang". Avec cette élection, a-t-il poursuivi devant des journalistes, les Nations unies "perdent de leur crédibilité".

Peu de temps auparavant, le procureur général Tarek William Saab, un proche de Nicolas Maduro, a salué une "réussite importante". Dans le même temps, il a annoncé la libération de 24 opposants, sans toutefois révéler leurs identités ou leurs peines.

Basé à Genève, le Conseil des droits de l'Homme a la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits humains. Ses 47 membres sont renouvelés chaque année pour environ un tiers d'entre eux. L'entrée en fonctions des 14 nouveaux membres élus jeudi est prévue en janvier pour un mandat de trois ans.

Le Brésil aussi

Deux sièges étaient à pourvoir pour l'Amérique latine. Le Brésil a obtenu le deuxième avec 153 voix. Le Costa Rica, qui avait tenté de faire barrage au Venezuela, n'a eu que 96 voix lors du scrutin qui s'effectuait à bulletin secret.

Le Conseil a succédé à la Commission des droits de l'Homme, discréditée par ses longs discours et ses partis pris. Il peine toutefois à rassembler les pays autour de la défense des droits fondamentaux et les États suspects de violations des droits humains mènent régulièrement la charge contre les enquêteurs et rapporteurs spéciaux par pays travaillant sur les régimes autoritaires.

Dans le monde, une cinquantaine de pays - dont les États-Unis, une partie de l'Amérique latine et de l'Europe - jugent illégitime la présidence de Nicolas Maduro et soutiennent son opposant Juan Guaido. Nicolas Maduro garde cependant de gros soutiens, venant notamment de la Russie et de la Chine.

"Embarras" et "tragédie"

L'élection jeudi de Caracas "est un embarras pour les Nations Unies et une tragédie pour le peuple du Venezuela", a réagi dans un communiqué l'ambassadrice américaine à l'ONU, Kelly Craft. "Elle prouve que le Conseil des droits de l'Homme est un organisme cassé et justifie le retrait des États-Unis", a-t-elle ajouté.

Dénonçant son parti pris contre Israël, les États-Unis se sont retirés du Conseil des droits de l’Homme en 2018. Pour envisager un éventuel retour, Washington veut au préalable que l'exclusion des États membres commettant de graves violations soit votée à la majorité simple et non aux deux-tiers, et que le processus de sélection des États membres soit renforcé.

Lors d'une conférence de presse, le chef de la diplomatie chilienne, Teodoro Ribera, a fait part de sa déception. "Nous regrettons profondément cette élection, le gouvernement de Maduro ne mérite pas ce siège et il n'a pas les compétences pour l'occuper", a-t-il dit.

L'élection du Venezuela "est une gifle" dans ce pays mais aussi pour le monde entier, a réagi Philippe Bolopion de l'ONG Human Rights Watch qui avait fait campagne contre la candidature de Caracas avec une cinquantaine d'autres ONG internationales ou vénézuéliennes. "C'est décourageant de voir une candidature cynique entacher la crédibilité du Conseil des droits de l'Homme", a-t-il déclaré à l'AFP.

Avec AFP

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