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Après cinq jours de manifestations, le gouvernement catalan appelle Madrid au dialogue

Une vitrine brisée à Barcelone après des affrontements lors de la grève générale en Catalogne, le 19 octobre 2019.
Une vitrine brisée à Barcelone après des affrontements lors de la grève générale en Catalogne, le 19 octobre 2019. Rafael Marchante, Reuters

Le président catalan Quim Torra a réclamé, samedi, des "négociations sans conditions" au gouvernement espagnol, après cinq jours de mobilisation des indépendantistes contre la condamnation de leurs dirigeants à de lourdes peines de prison.

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Après cinq jours de violences, le gouvernement régional indépendantiste de Catalogne a demandé, samedi 19 octobre, au gouvernement espagnol, la tenue de "négociations sans conditions" pour résoudre le conflit dans la région aggravé par la condamnation de dirigeants indépendantistes.

"Nous exhortons le chef du gouvernement [le socialiste Pedro Sanchez, NDLR] à fixer aujourd'hui même un jour et une heure pour nous asseoir à une table de négociation sans conditions (...) C'est sa responsabilité et son obligation", a déclaré le président régional, Quim Torra, dans une allocution solennelle.

En exigeant des négociations "sans conditions", Quim Torra veut que la question d'un référendum d'autodétermination, dont Madrid ne veut pas entendre parler, puisse être abordée. "Cela fait longtemps que nous demandons ce processus de négociation pour une résolution politique d'un conflit politique. Aujourd'hui, c'est plus urgent que jamais", a-t-il ajouté.

182 blessés, 83 interpellations

Dans un communiqué, le gouvernement espagnol indique qu'"il a toujours été ouvert au dialogue dans le cadre du respect de la loi". Et demande au président Catalan de "fermement condamner la violence. Ce qu'il n'a pas fait jusqu'à présent".

Madrid a également souligné que pour que le "dialogue soit effectif", il faut que "Quim Torra reconnaisse l'autre partie des Catalans qui ne sont pas indépendantistes et qui lui réclament de reconstruire la coexistence minée par l'indépendantisme". Selon un sondage publié en juillet par le gouvernement régional, 44 % des Catalans sont favorables à la sécession mais 48,3 % y sont opposés.

L'appel du président Quim Torra intervient au lendemain de la cinquième nuit consécutive de violence en Catalogne, au cours de laquelle 182 personnes ont été blessées et 83 interpellées lors d'affrontements entre manifestants et policiers. À Barcelone seulement, plus de 150 personnes ont été blessées après des heures d'affrontements au cours desquelles les policiers ont tiré des balles de caoutchouc, des gaz lacrymogènes et utilisé pour la première fois un canon à eau, face à des groupes d'émeutiers lançant pierres et objets métalliques.

>> À lire aussi : Chaos à Barcelone après une manifestation monstre

Quim Torra a appelé "à la responsabilité lors des prochaines manifestations" et souligné que "la défense des droits et libertés doit s'exprimer comme toujours, pacifiquement". "La violence n'a jamais été notre bannière et ne le sera jamais", a-t-il insisté, sans toutefois condamner explicitement les violences de la veille.

Canon à eau et balles de caoutchoucs

Son numéro deux, Pere Aragones, a critiqué l'action de la police nationale, exigeant qu'elle agisse "de manière proportionnée, cohérente et opportune".

La police régionale aux ordres du gouvernement catalan, les Mossos d'Esquadra, a elle aussi été en première ligne ces derniers jours, utilisant balles de caoutchouc et canon à eau et suscitant les critiques des manifestants vis-à-vis de Torra, accusé d'étouffer des protestations qu'il encourage lui-même dans ses discours.

Le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a estimé que le discours de Quim Torra ne contenait pas de "condamnation ferme" de la violence et appelé les dirigeants catalans à choisir le "chemin des institutions démocratiques".

Avec AFP

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