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Jour d'élections législatives au Canada, Justin Trudeau en sursis

Le candidat libéral Justin Trudeau et le candidat conservateur Andrew Scheer lors d'un débat à Gatineau, au Québec, le 7 octobre 2019.
Le candidat libéral Justin Trudeau et le candidat conservateur Andrew Scheer lors d'un débat à Gatineau, au Québec, le 7 octobre 2019. Sean Kilpatrick, Pool via Reuters

Les Canadiens décident lundi qui formera le prochain gouvernement, lors de législatives à l'issue imprévisible. Ce pourrait être Justin Trudeau, en lice pour un deuxième mandat ou le jeune conservateur Andrew Scheer, qui propose un changement de cap.

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Qui du libéral Justin Trudeau ou du conservateur Andrew Scheer sera le Premier ministre du Canada à l'issue des élections législatives ? Les électeurs sont appelés à décider, lundi 21 octobre, qui formera le prochain gouvernement lors d'un scrutin à l'issue imprévisible.

Les premiers bureaux de vote doivent ouvrir à Terre-Neuve et Labrador (est) à 8 h 30 locales (11 h GMT). Dans un pays qui s'étale sur six fuseaux horaires, les derniers électeurs voteront en Colombie-Britannique (ouest) jusqu'à 2 h GMT, mais les premiers résultats sont attendus lundi à partir de 23 h GMT.

Quelque 27,4 millions de Canadiens doivent élire leurs 338 députés à l'issue d'une campagne électorale souvent tendue. Si les sondages disent vrai, ils devraient mettre fin à la majorité absolue dont dispose le Premier ministre sortant depuis sa victoire surprise, en 2015.

Car la campagne s'est achevée comme elle a commencé quelque 40 jours plus tôt : sur une égalité quasi-parfaite dans les intentions de vote entre les deux grands partis qui alternent au pouvoir depuis 1867. Du jamais vu depuis des décennies selon les commentateurs.

Les derniers sondages placent le parti libéral de Justin Trudeau entre 31 et 34 % et les conservateurs entre 32 et 33 %. Selon les projections, ces chiffres ne permettraient à aucun de ces deux partis de franchir la barre des 170 sièges qui garantit une majorité absolue.

L'appui de petits partis nécéssaire pour espérer une majorité

Dimanche, la voix enrouée par des dizaines de réunions publiques, Justin Trudeau a lancé un ultime plaidoyer en faveur d'un deuxième mandat. "Nous avons besoin d'un gouvernement progressiste fort qui unira les Canadiens et luttera contre le changement climatique, pas d'une opposition progressiste", a-t-il lancé lors d'un meeting dans la région de Vancouver.

En cas de gouvernement minoritaire, le futur Premier ministre, libéral ou conservateur, devra compter sur l'appui des plus petits partis pour obtenir une majorité à la Chambre des communes.

Le Nouveau Parti Démocratique (NPD, gauche), de Jagmeet Singh, l'une des révélations de ces élections, crédité de près de 20 % des intentions de vote, pourrait être l'un de ces acteurs incontournables.

Pareil pour le Bloc québécois, formation indépendantiste dirigée par l'autre révélation de la campagne, Yves-François Blanchet, qui a su mettre les grandes problématiques québécoises au cœur du débat fédéral. Ce parti ne présente des candidats que dans la "Belle province", mais celle-ci compte à elle seule près d'un quart des élus (78) à Ottawa.

Dernier grand parti en lice, les Verts d'Elizabeth May ont peiné à faire passer leur message d'urgence climatique, même si l'environnement a été l'un des thèmes dominants des débats.

Une campagne avec son lot de polémiques

À 47 ans, Justin Trudeau n'a plus l'atout de la jeunesse – Andrew Scheer et Jagmeet Singh ont 40 ans – et de la nouveauté qui avaient contribué à le porter au pouvoir, à la surprise générale, en 2015, face au conservateur Stephen Harper.

Le dirigeant termine son mandat affaibli par plusieurs scandales. Sa popularité a chuté après une affaire d'ingérence politique dans une procédure judiciaire, et la publication de photos de lui grimé en Noir a brouillé son image.

Tout au long de la campagne, Justin Trudeau a défendu son bilan : économie solide, cannabis légalisé, taxe carbone, accueil de dizaines de milliers de réfugiés syriens, accords de libre-échange signés avec l'Europe ou les États-Unis et le Mexique...

En face, Andrew Scheer promet un retour à l'équilibre budgétaire, des baisses d'impôts, avec un objectif simple : "Remettre de l'argent dans la poche des Canadiens". Le jeune conservateur, père de cinq enfants, aux valeurs catholiques assumées, a tenté de compenser une image un peu terne par des attaques en règle contre Justin Trudeau.

Mais il n'a pas échappé à son lot de polémiques : hostilité personnelle à l'avortement, révélation tardive de sa double nationalité canadienne et américaine ou soupçons d'avoir commandité une campagne de dénigrement de son rival Maxime Bernier.

À quelques heures des résultats des législatives, le suspense reste total. D'autant que le système électoral canadien prévoit qu'un Premier ministre sortant peut rester en poste même si son parti n'obtient pas la majorité des sièges, tant qu'il réunit une majorité lors des votes de confiance à la Chambre des communes.

Avec AFP

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