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Sans majorité au Parlement canadien, Justin Trudeau devra composer

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, le 21 octobre 2019 à Montréal.
Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, le 21 octobre 2019 à Montréal. Carlo Allegri, Reuters

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau rempile pour un second mandat, après avoir remporté les élections générales. Il devra compter sur l'appui d'une petite formation car son Parti libéral ne dispose que d'une majorité relative au Parlement.

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Au coude-à-coude avec les conservateurs et en sursis avant le scrutin, Justin Trudeau a finalement réussi son pari. Malgré une série de scandales, le Premier ministre canadien a obtenu un second mandat lundi 22 octobre après la victoire de son parti aux élections générales. Mais ce succès est relatif.

Alors que les libéraux disposaient d'une confortable majorité absolue de 177 sièges dans l’assemblée sortante, ils ne sont en tête que dans 157 des 338 circonscriptions du pays, selon les résultats encore provisoires de la Commission électorale canadienne. Justin Trudeau avait besoin de 170 sièges. Le prochain gouvernement sera donc minoritaire.

Composer avec le NPD et le Bloc québécois

Dès aujourd’hui, le dirigeant libéral va entamer des discussions en vue d’accords ponctuels lors des votes à la Chambre des communes. Comme le souligne le journal Le Devoir, "l'allié le plus sûr de M. Trudeau sera le chef du Nouveau parti démocratique, Jagmeet Singh, dont les 24 sièges suffisent à lui procurer la stabilité qu'il recherchera". Même si ses résultats sont décevants, avec 15,9 % des voix et 24 élus contre 44 dans la précédente législature, le parti de gauche NPD devrait ainsi exercer une forte influence sur le prochain gouvernement. Son chef de file, Jagmeet Singh, a téléphoné à Justin Trudeau pour lui dire que son parti veillerait à "s'assurer que nous répondrons aux priorités des Canadiens".

Dans son discours à l’annonce des résultats, cet avocat de 40 ans, l’une des révélations de la campagne, a annoncé "qu’il voudra qu'on s'attaque aux changements climatiques, qu'on offre du logement plus abordable, qu'on se réconcilie de manière plus sincère avec les autochtones et qu'on instaure un régime d'assurance-médicaments universel", résume Le Devoir. "Ce sont les priorités que je mettrai au cœur des conversations que j'aurai au cours des prochaines semaines", a-t-il dit.

Pour réussir à gouverner, Justin Trudeau devra en outre négocier avec la formation indépendantiste du Bloc québécois, qui a réalisé une percée dans la Belle province, où il pointe en tête dans 32 circonscriptions, un score trois fois supérieur à celui du dernier scrutin en 2015, et a récolté 7,7 % des suffrages au niveau national. Dans la soirée, Justin Trudeau n’a pas manqué d’offrir une main tendue à ces électeurs. "Mes chers Québécois, j’ai entendu votre message ce soir", a-t-il ainsi lancé. "Vous voulez continuer d’avancer avec nous, mais vous voulez aussi vous assurer que la voix du Québec se porte encore plus à Ottawa, et je vous donne ma parole ; mon équipe et moi serons là pour vous", a-t-il ajouté sans citer directement le Bloc québécois.

En réponse, rapporte Le Devoir, "le chef du Bloc québécois a bien fait comprendre que le sens de son mandat n'était pas d'aider ou de nuire au bon fonctionnement du Canada". "Le Bloc québécois ne veut pas former un gouvernement ni même participer à un gouvernement, a ainsi déclaré Yves-François Blanchet. En revanche, le Bloc québécois peut au mérite collaborer avec n'importe quel gouvernement."

Des gouvernements minoritaires qui ne font pas long feu

Dans sa courte allocution lundi soir, Justin Trudeau n’a pas donné d’indices sur une future collaboration avec les partis d’opposition. "Il y aura sans doute un rapprochement plus facile entre les libéraux et le NPD qu'avec le Bloc", estime cependant Hugo Cyr, politologue à l'Université du Québec à Montréal, interrogé par l’AFP. "Si le Parti libéral fait les concessions attendues par le NPD, ça peut être assez solide, on peut s'imaginer que ça durera au moins 18 à 24 mois", précise-t-il. "Mais c'est certain que le Parti libéral devra mettre un peu d'eau dans son vin."

Au Canada, les gouvernements minoritaires sont rarement restés au pouvoir plus de deux ans et demi. Justin Trudeau fera-t-il exception ? Il suit en tout cas pour l’instant parfaitement le chemin de son père, Pierre Elliott Trudeau, ancien Premier ministre du Canada. Comme le rappelle Le Monde, "à l’issue de son premier mandat en 1972, il avait été reconduit au pouvoir et avait dû former un gouvernement minoritaire. Puis il avait remporté deux autres mandats, avec une majorité absolue, marquant l’histoire du pays."

Justin Trudeau est désormais en charge de former un nouveau gouvernement, rédiger son programme législatif puis le soumettre au vote du nouveau Parlement lors du discours du Trône. C'est lors de ce vote de confiance que le nouveau gouvernement minoritaire connaîtra son baptême du feu.

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