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Israël : à la recherche de la coalition impossible ?

Après l'échec de Benjamin Netanyahu (à gauche), le président Reuven Rivlin (au centre) a chargé Beny Gantz (à droite) de former un gouvernement.
Après l'échec de Benjamin Netanyahu (à gauche), le président Reuven Rivlin (au centre) a chargé Beny Gantz (à droite) de former un gouvernement. Ronen Zvulun, Reuters

Israël est à nouveau dans l'impasse après le second échec de Benjamin Netanyahu à former un gouvernement. Son rival Benny Gantz, qui a désormais la main, a lui aussi peu de chances d’y parvenir... sauf si les ennuis judiciaires de "Bibi" persistent.

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Israël va-t-il finir par se trouver un gouvernement ou le président Reuven Rivlin se verra-t-il dans l’obligation d'organiser un troisième scrutin législatif en moins d'un an ? Après le second échec de Benjamin Netanyahu à composer un gouvernement, le pays semble de nouveau plongé dans une impasse politique.

Le Premier ministre israélien sortant a annoncé lundi 21 octobre qu'il renonçait à former un nouveau gouvernement en raison de son incapacité à dégager une majorité au sein du Parlement, après les élections législatives de fin septembre. C'est donc son adversaire du parti Bleu-blanc, Benny Gantz, qui devra tenter de relever ce défi. Il dispose de 28 jours pour mener cette mission à bien. "Mais en l’état, ses chances sont extrêmement faibles", estime Samy Cohen, directeur de recherche émérite au Centre d'études et de recherches internationales (Sciences Po-CERI), spécialiste d’Israël, contacté par France 24.

Pas de partenaires évidents pour Gantz

Le parti de Benny Gantz, Bleu-blanc, est certes arrivé en tête, de peu, aux élections législatives du 17 septembre, avec 33 sièges sur les 120 de la Knesset contre 32 pour le Likoud de Benjamin Netanyahu, mais il n'a pas de partenaires évidents pour créer une coalition majoritaire.

"Même en s’alliant aux partis arabes, il n’obtiendrait que 55 députés, contre les 61 nécessaires pour emporter la majorité de la Knesset. Les 6 ou 7 députés manquants, il pourrait les trouver au sein du parti d’Avigdor Lieberman (la formation laïque nationaliste Israël Beiteinou de l'ancien ministre Avigdor Lieberman a obtenu 8 sièges aux législatives de septembre, NDLR), mais celui-ci a prévenu qu’il était exclu qu’il siège avec les partis arabes", poursuit le chercheur.

Alors, comment sortir de l’impasse ? Seule solution pour former une coalition menée par Benny Gantz : débaucher des députés au sein même du Likoud. Un scénario que Samy Cohen estime envisageable si les ennuis judiciaires de "Bibi", au pouvoir depuis plus d’une décennie, se confirment.

Depuis février 2019, Benjamin Netanyahu est en effet suspecté de corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires. Dans le dossier des "4000", il est notamment soupçonné d’avoir favorisé un opérateur de télécoms en échange d’une couverture médiatique plus favorable. La justice doit dire d’ici à la fin de l’année si elle choisit ou non de mettre en examen le Premier ministre sortant et chef du Likoud.

"Course entre la procédure judiciaire et politique"

"Il y a une course entre la procédure judiciaire et politique. Si pendant le temps qui est imparti à Benny Gantz pour former un gouvernement, Benjamin Netanyahu est inculpé, certains députés du Likoud pourraient considérer qu’il est trop risqué de rester fidèle à un leader susceptible de tomber sous le coup de la loi", poursuit Samy Cohen.

Mais selon lui, ce scénario n’a rien d'évident, car Benjamin Netanyahu a pris soin de verrouiller son parti et son bloc parlementaire de droite, en faisant signer aux députés des "engagements de loyauté" pour les empêcher de rejoindre une coalition de Benny Gantz qui s'appuierait sur le soutien des partis arabes. Les élus vont-ils considérer qu’une mise en examen les délivre de cet engagement ?

La question méritera d’être posée car, entre les deux formations, un terrain d’entente politique existe. "Idéologiquement, le parti Bleu-blanc et Likoud ne sont pas foncièrement différents l’un de l’autre : ils sont relativement à droite, durs sur le plan des relations avec les Palestiniens, ce sont tous les deux des partis laïcs. Rien ne les empêche de siéger ensemble", souligne le chercheur.

Pour sortir de l’impasse si Benny Gantz échoue lui aussi à former un gouvernement, le président Reuven Rivlin pourrait demander à une majorité de députés de désigner un candidat. Mais un nouveau scrutin législatif – qui serait le troisième depuis avril – serait alors quasi inéluctable, en février ou en mars 2020. Et ce, même si le chef de l'État israélien a rappelé à plusieurs reprises qu'il ferait tout son possible pour éviter de convoquer de nouvelles élections.

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