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Le Botswana vote pour les élections les plus disputées de son histoire

Rassemblement en faveur de l'actuel président et leader du Parti démocratique du Botswana, Mogweetsi Masisi, dans son village natal de Moshupa, le 23 octobre 2019.
Rassemblement en faveur de l'actuel président et leader du Parti démocratique du Botswana, Mogweetsi Masisi, dans son village natal de Moshupa, le 23 octobre 2019. Monirul Bhuiyan, AFP

Les électeurs du Botswana se rendent aux urnes, mercredi, pour des élections générales sur fond de vives tensions entre l'ancien président Ian Khama et son successeur Mokgweetsi Masisi, issus du même parti, au pouvoir depuis plus de 50 ans.

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Les urnes sont ouvertes depuis 6h30 (4h30, heure française). Les Botswanais sont appelés à voter, mercredi 23 octobre, pour des élections générales très disputées mettant en péril le règne sans partage du parti au pouvoir depuis l'indépendance en 1966.

"Nous voulons tous une chance de donner notre avis", déclare Chops Maswikiti, un banquier de 37 ans. Déterminé, il est venu dès l'aube déposer son bulletin dans l'urne à l'école Tlogatloga, à Gaborone, la capitale botswanaise.

Jusqu’ici encensé pour ses pratiques démocratiques et sa stabilité exemplaires, ce vaste pays d'Afrique australe, riche en diamants et en éléphants sauvages, est agité par une guerre fratricide entre son actuel chef de l'État, Mokgweetsi Masisi, et son prédécesseur, Ian Khama.

Combat de chefs

Comme le veut la Constitution, Ian Khama a cédé il y a dix-huit mois les rênes du Botswana à son vice-président, Mokgweetsi Masisi, issu du même Parti démocratique du Botswana (BDP). Mais depuis, le torchon brûle entre les deux hommes.

En mai dernier, Ian Khama a même claqué la porte du BDP, accusant Mokgweetsi Masisi de dérive autoritaire. "J'ai constaté une menace pour notre démocratie (...) nous avons des dirigeants devenus ivres de pouvoir", a expliqué à l’AFP l'ex-chef de l'État.

Inédite, cette fronde a pour effet de fragiliser la position électorale dominante du BDP, qui avait réalisé le plus mauvais score de son histoire aux élections générales de 2014 en tombant sous la barre symbolique des 50 % des suffrages.

Profitant de la crise, la Coalition pour un changement démocratique (UDC), le principal parti d’opposition, espère se démarquer et récolter le plus de voix possibles. "L'élection s'annonce très serrée", affirme l’analyste Peter Fabricius, de l’institut sud-africain pour les études de sécurité (ISS). "Son sort peut basculer dans un sens comme dans l'autre."

"De la même veine que ce que fait Trump"

Fils du cofondateur du BDP et premier président du pays Seretse Khama, l'ex-chef de l'État a gardé de puissants alliés au sein du parti et une influence incontestable dans le pays. Il reproche à son successeur d'avoir tourné le dos à son héritage, notamment en levant l'interdiction de la chasse aux éléphants. "Il a voulu effacer tout ce que nous avons mis en place", a déploré Ian Khama. "Notre démocratie est menacée par un tsunami de la même veine que ce que fait (Donald) Trump dans son pays."

Face aux critiques et aux accusations, Mokgweetsi Masisi se justifie en expliquant que la politique de son prédécesseur avait nui à l'image du parti au pouvoir, et s'est dit persuadé de l'emporter. "Nous sommes forts mais pas arrogants", a-t-il assuré, mardi, en clôturant sa campagne devant un millier de partisans réunis dans son village natal de Moshupa, situé à l’ouest de la capitale. "J'espère demain une manifestation éclatante de confiance".

Du côté de l’UDC, Duma Boko, le chef du parti, est persuadé que l'heure de l'alternance a sonné. "Je pense que nous allons gagner cette élection", a-t-il pronostiqué.

"L'État de droit s'impose à tous"

Largement nourri par ses diamants, et arborant un produit intérieur brut par habitant de plus de 8 000 dollars, le Botswana est un des pays les plus riches du continent africain. Mais il est aussi un des plus inégalitaires, avec un taux de chômage de 18 %.  Contrairement à d'autres pays voisins, l'importance des enjeux ne devrait toutefois pas menacer la stabilité du pays.

Quoi qu’il advienne, Mokgweetsi Masisi a promis de respecter le verdict des urnes. "Si l'inattendu se produit et que nous ne sommes pas vainqueurs, je ferai tranquillement mes bagages et je rentrerai chez moi", a-t-il déclaré mardi. "L'État de droit s'impose à tous au Botswana et j'y suis très attaché".

Le scrutin pour l'élection des 57 députés du Parlement devait se poursuivre jusqu'à 19 h (17 h, heure française). Le futur président du Botswana sera choisi par le parti qui aura obtenu la majorité. Les résultats sont attendus d'ici à la fin de la semaine.

Avec AFP

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