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Transat Jacques-Vabre: Thomas Ruyant, marin, entrepreneur et funambule

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Le Havre (AFP)

Thomas Ruyant et Antoine Koch vont prendre le départ de la Transat Jacques-Vabre, dimanche au Havre, à bord d'un foiler de 60 pieds flambant neuf, fabriqué en Italie grâce à 180 entrepreneurs du Nord... avant l'arrivée d'un gros sponsor.

Le bateau s'appelle désormais "AdvensforCybersecurity", une société de 200 salariés qui annonce 300 clients et 30% de croissance annuelle. Il est bleu et il vole, comme tous ceux de cette nouvelle génération de monocoques ultra-modernes sur lesquels certaines recettes des multicoques ont été appliquées avec plus ou moins de bonheur.

"On sent que ce sont des bateaux de folie qui en ont beaucoup sous le pied, ça donne beaucoup de plaisir et de bonheur parce que ça fait deux ans qu'on conçoit ce bateau", disait Ruyant lors de ses premières navigations en rade de Lorient, avec à ses côtés l'indispensable Antoine Koch.

"C'est important de pouvoir compter sur Antoine, car il est architecte naval de formation. Il a participé à la conception du bateau, donc il a un regard très cartésien, alors que moi je suis plus au feeling. Il a les bonnes explications sur des ressentis, avec des chiffres. L'avoir avec moi sur la phase de découverte et de compréhension du bateau, c'était un gros plus", ajoutait le skipper du Nord après plusieurs journées de mer.

"Depuis un mois, on a vraiment fini le bateau, notamment l'équipement du cockpit, l'ergonomie, car il est assez violent à vivre, on s'en est rendu compte pendant les premières navigations. Ce n'était pas une surprise, car avec les foils ça va plus vite. Quand il y a de la mer, c'est encore plus rude pour le bateau et pour les marins".

- "Vitesses hallucinantes" -

Quand la conception d'Advensforcybersecurity a été lancée, il y a deux ans, par TR Racing, Ruyant n'avait pas encore les moyens de le financer. Mais il avait tellement impressionné ses nombreux parrains de "Souffle du Nord", lors du dernier Vendée Globe, qu'il les a convaincus de continuer l'aventure.

"Avant d'abandonner en Nouvelle-Zélande, Thomas a tout essayé pour réparer, on l'a vu sur des vidéos incroyables. C'était MacGyver", sourit Sonia, l'épouse d'un industriel qui continue à le soutenir. Du coup, pour le marin de 37 ans, cette Jacques-Vabre n'est qu'une étape vers le prochain Vendée Globe, en 2020.

"On est dans une transition technique avec ces grands foils et des vitesses hallucinantes. Je suis content d'en faire partie et je pense que ça va faire rêver beaucoup de monde. Je ne suis pas de l'école du multicoque, moi c'est le Vendée Globe qui me tient les tripes. Je veux finir ce tour du monde...", insiste Ruyant.

Après l'arrivée à Carthagène, Ruyant va donc reprendre son job de VRP entrepreneur funambule, pour préparer la suite. Parce qu'un IMOCA nouvelle génération, ça coûte cher, pas seulement à concevoir et à fabriquer.

"Jusqu'à maintenant, les gens ne se rendaient pas bien compte du travail effectué depuis deux ans et là, de voir les images du bateau qui vole, ça peut finir de convaincre des gens qui sont tout près de franchir le pas. L'objectif, c'est surtout de boucler le budget pour arriver jusqu'au Vendée, pour qu'on puisse raconter cette aventure sur la durée".

Le prochain épisode de la saga "Souffle du Nord" débute donc dimanche au Havre. Avec un bateau "polyvalent" mais qui "va avoir une allure de prédilection, au près, sur laquelle il pourra faire de gros écarts. Par exemple sur les trois premiers jours de cette Transat Jacques-Vabre", prévoit Ruyant. Un super marin et peut-être un bon pronostiqueur...

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