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La presse française répond au "coup de force" de Google, selon le PDG des Echos-Le Parisien)

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Paris (AFP)

En décidant de porter plainte auprès de l'Autorité de la concurrence, la presse française réplique face au "coup de force" du géant américain Google qui veut "contourner" la loi sur le droit voisin, a expliqué à l'AFP Pierre Louette, PDG du groupe de presse Les Echos-Le Parisien.

QUESTION : Que vont faire les éditeurs de presse face à la décision unilatérale de Google?

REPONSE : "Les annonces de Google nous ont donné le sentiment qu'ils étaient prêts à modifier leur produit afin de contourner la loi, et ça nous semble correspondre à une volonté de ne pas respecter le législateur, de se placer au-dessus des lois et de ne pas appliquer la législation européenne et française sur le droit voisin.

C'est un coup de force de Google.

Les éditeurs sont placés face à un faux choix et la plupart vont devoir passer sous les fourches caudines de Google, et accepter de faire ce qu'il faut techniquement pour continuer à rester visibles (dans les résultats du moteur de recherche, NDLR), et ce faisant, au sens de Google, renoncer à leurs droits voisins.

Mais en même temps les éditeurs de presse vont déposer plainte auprès de l'Autorité de la Concurrence et saisir le gouvernement pour signifier que si nous cédons de cette façon-là, c'est que nous sommes soumis à une pression et une puissance économique qui est énorme par rapport à la nôtre. Cela ne constitue pas une acceptation des conditions qui nous sont faites mais plutôt cela démontre à quel point nous sommes dépendants de Google et n'avons pas le choix."

Q: Les éditeurs de presse ne peuvent-ils pas tout simplement refuser d'appliquer les conditions imposées par Google?

R: "Google nous propose une alternative entre nous amputer de notre trafic, ce qui revient à empêcher les lecteurs de nous découvrir ou d'accéder à nos sites à travers son moteur de recherche, et nous amputer de notre droit.

Google a une telle part de marché dans la recherche sur internet (90% en France) qu'il est impensable de ne plus être pleinement visible dans son moteur de recherche. Etre représentés simplement par un titre et un lien dans ses résultats de recherche aurait pour conséquence de faire chuter de 30 à 40% le trafic selon les éditeurs de presse."

Q : Quel est le message envoyé par les éditeurs de presse en portant plainte auprès de l'Autorité de la concurrence ?

R: "En termes de droit, nous considérons que Google a une position dominante qui lui permet d'essayer d'extorquer un renoncement à notre droit contre une visibilité qui nous sera donnée. Google fait une interprétation impériale de la loi pour la contourner.

L'adoption de la directive leur reste au travers du gosier et ils font tout pour ne pas l'appliquer.

L'axiome de Google est de ne payer pour aucun contenu. Et ils ne veulent jamais entrer dans un système où ils devraient le faire. Google visiblement n'aime pas du tout la notion du droit d'auteur et du droit voisin. Ils ont pourtant passé des accords pour YouTube dans le domaine de la musique, on ne comprend pas pourquoi ils calent lorsqu'il s'agit des éditeurs de presse."

(Propos recueillis par Frédéric Pouchot)

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